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Achitofels : Achitofel, conseiller de David, fut fau

138 Achitofels rancor et male foi.

Com de parens je fis la sevraison, Sevré aussi je porte mon cervel De son principe, qui est en ce tronson ; 142 Si peine et coulpe font contrepois ivel. »

teur -de la révolte d’Absalon ; voy. II, Rois, xv, 12; xvi, 45, et xv, 1.

HUITIÈME CERCLE ; NEUVIÈMR BOUGE: CONTINUATION DES SEMEURS DE SCANDALES; GERI DEL BELLO. — DIXIÈME BOUGE: LES FAUSSAIRES DE TOUT GEXRE; GRIFFOLIXO D'AREZZO ET CAPOC= CIIO.

Jamais ne s'est présentée à l'esprit de Dante la question de savoir si, la justice humaine ayant sévi ici-bas sur les coupables, cela ne devait pas venir en une certaine déduction du côté de la justice divine. Dans ce chant, nous trouvons deux malheureux alchimistes qui furent brûlés vifs par les tribunaux terrestres, l’un comme hérétique, l’autre comme faussaire de métaux suivant l'expression du poëte. Ils n'en subis- . sent pas moins un supplice cruel et éternel dans la dixième bouge. Il faut avouer qu'on est aujourd’hui plus doux sur la terre. S'il était encore des alchimistes, on les laisserait perdre leur temps autour de leurs fourneaux et travailler les métaux imparfaits, sans les brûler ni les damner ; témoin nos spirites, qui frappent tant qu'ils veulent sur les portes et les murailles et qui ont le plus libre des commerces avec les morts et leurs esprits.

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La molta gente e le diverse piaghe Avean le luci mie sì inebriate, Che dello stare a piangere eran vaghe ; Ma Virgilio mi disse: « Che pur guate?

Perchè la vista tua pur si soffolge 6 Laggiù tra l ombre triste smozzicate ?

Tu non hai fatto si all’ altre bolge ; Pensa, se tu annoverar le credi, Che miglia ventiduo la valle volge.

E già la luna è sotto i nostri piedi; Lo tempo è poco omai che n° è concesso, 12 Edaltroè da veder che tu non vedi. »

« Se tu avessi, rispos’ io appresso, Atteso alla cagion perch' io guardava, Forse m' avresti ancor lo star dimesso. »

Parte sen gia, ed io retro gli andava, Lo duca, gia facendo la riposta 18 Esoggiungendo: « Dentro a quella cava

41. De peu de tems: Dante feint être entré en enfer le soir du Vendredi-Saint, qui, en 1500, fut au 40 d'avril ; il feint, en outre, qu'il ne lui est pas accordé plus de temps d'y rester que n’y resta le Sauveur, c'est-à-dire depuis le moment où il expira jusqu'au milieu de la nuit suivant le samedi. Or, la nuit du vendredi a été employée jusqu'au chant XX, puisqu'il est dit que la première

heure du jour est voisine; du chant XXI au XXIX, le temps employé est du matin à midi; et, comme il lui reste encore à voir la dixième bouge et le neuvième cercle, qui en renferme quatre moindres, il est manifeste que péu de temps lui restait en comparaison du grand espace à

Mi œil si erent enivré de dolor Por tante gent et por tous ces martires, Qu'ester voloient por se repandre en plor.

Mais or me dit Virgile: « Que remires ?

Porquoi se fiche tes regars ententis Jus à ces plaies qui remaindront sans mires?

Es autres bouges ainsi tu ne feîs ; Pense, se tout nombrer ici tu crois, Que vingt deus miles a cis vaus en porpris.

Jà est la lune sous nos piés ; li otrois De peu de tems nous est donés desore ; Et à veoir est plus que tu ne vois. »

« Se tu avoies, respondi je sur l’hore, Bien entendu à ce que j'esgardoie, Permis m'eüsses, espoir, ester encore. »

Partant aloit mes dus ; et jel suivoie, Faisant respons, et à point ajoustant:

« Dans ceste cave en laquel je tenoie

visiter.

Dov' io teneva gli occhi si a posta, Credo che un spirto del mio sangue pianga La colpa che là giù cotanto costa. »

Allor disse il maestro: « Non si franga Lo tuo pensier da qui innanzi sovr’ ello ; 24 Attendi ad altro, ed ei là si rimanga.

Ch’io vidi lui a piè del ponticello Mostrarti e minacciar forte col dito, Ed udil nominar Geri del Bello.

Tu eri allor sì del tutto impedito Sovra colui che già tenne Altaforte, 30 Che non guardasti in là sì fù partito. »

« 0 duca mio, la violenta morte Che non gli è vendicata ancor, diss’ io, Per alcun che dell’ onta sia consorte, Fece lui disdegnoso ; ond’ ei sen gio Senza parlarmi, si come’ io slimo ; 56 . Ed in ciò m’ ha e’ fatto a sè più pio. » Così parlammo insino al loco primo Che dello scoglio l’ altra valle mostra, Se più lume vi fosse, tutto ad imo.

Quando noi fummo in su l’ ultima chiostra Di Malebolge, sì che i suoi conversi 42 Potean parere alla veduta nostra, Lamenti saettaron me diversi .

Che di pietà ferrati avean gli strali; Ond’io gli orecchi con le man copersi.

27. Et je l'oï Geri du Bel nomer: Geri del Bello, c'està-dire fils de Bello. Bello fut frère de Bellincione, qui était grand-père de Dante. Geri del Bello avait donné des coups de couteau à un homme de la famille des Gemini. Il fut banni pour ce crime. Rencontré plus tard par un

des Gemini, il fut à son tour assassiné, et aucune vengeance ne fut tirée de ce meurtre.

Mes ieus fichés maugré mien si avant, Je cuid forment qu’uns espris de mon lin La coulpe i plore qui gà jus couste tant. »

Li mestre à moi : « Cesse d’avoir enclin Ormais vers lui le cuer et le penser ; Qu'il ci remaigne ; tu, porsui ton chemin.

Près du poncel je le vi te monstrer Et menacer atout le duit forment,

Et je l’oi Geri du Bel nomer.

Tu eres lors en tel empechement Vers cel qui tint le manoir Hautefort,

Que n’esgardas qu’après son partement. »

« O mestre et guis, sa violente mort,

Di je en respons, encore n'a vengée

Aucuns de ceus qui en ont honte et tort.

Pero eut il, je pense, l’ame irée,

Et se parti sans voloir m'araisnier ;

Et ce por lui a ma peine doblée. »

Ainsi parlames jusques au lieu premier Qui monstreroit, se plus i fust lumiere, L’autre vaucel dans son font tout plenier.

Quant sus nous fumes à l’encloistre derniere De Malebouge, si que nostre veüe Pooit choisir la garnison entiere,

J'oi tost l’oie de complaintes ferue,

Qui boujon erent de pitié tuit armé, Et mis mes mains à l'oreille esperdue.

29. Le manoir Haulefort: Bertrand de Borne; voy. cidessus, XXVIII, 134.

33. Aucuns de ceus qui en ont honte et tort : comme on voit, Dante partage l’opinion de ceux qui pensaient qu'une famille était déshonorée quand elle ne vengeait pas le meurtre par le meurtre.

Qual dolor fora, se degli spedagli

Di Valdichiana tra il luglio e il settembre, 48 E di Maremma e di Sardigna i mali

Fossero in una fossa tutti insembre ; Tal era quivi, e tal puzzo n’ usciva,

Qual suole uscir delle marcite membre.

Noi discendemmo in su l’ultima riva Del lungo scoglio, pur da man sinistra,

54 Ed allor fu la mia vista più viva

Giù ver lo fondo, dove la ministra Dell’ alto sire, infallibil giustizia,

Punisce i falsator che qui registra.

Non credo che a veder maggior tristizia Fosse in Egina il popol tutto infermo,

60 Quando fu l’aer si pien di malizia,

Che gli animali infino al picciol vermo Cascaron tutti, e poi le genti antiche, Secondo che i poeti hanno per fermo,

Si ristorar di seme di formiche,

Ch’ era a veder per quella oscura valle 66 Languir gli spirti per diverse biche.

Qual sovra il ventre e qual sovra le spalle I. un dell'altro giacea, e qual carpone Si trasmutava per lo tristo calle.

Passo passo andavam senza sermone, Guardando ed ascoltando gli ammalati

72 Che non potean levar le lor persone.

Io vidi duo sedere a sè poggiati,

471. En ‘Valdichiane : Valdichiana, contrée de la Toscane, entre Arezzo, Cortone, Chiusi et Monte-Pulciano, est très-marécageuse et malsaine. La Maremme est une contrée maritime entre Pise et Sienne; voy. ci-dessus, Ch. XXV, 19.

Com se dolroit la gent, se, dans l’esté, En Valdichiane, en Maremme, en Sardegne, Li hospital avoient assemblé

En un reduit tous les maus de leur regne, Teus ert cis lieus, et issoit la puors Qui seult issir d’une si faite ovregne.

Du lone rocher c’estoit li derniers bors ; Nous descendimes, mais à senestre main; Et ma veüe devint plus nete alors

Jus vers le font, où du Dieu soverain La grans menistre justice sans faillance Fiert les faussaires qu'ele i registre à plain.

Ne cuid qu'Egine veist pior grevance De tout son peuple en malage cheü,

Quant li airs fu si emplis de nuisance

Que gens et bestes, neîs li ver menu, Morurent tuit; puis li gastés pais,

Com li poete nous l’ont ramenteü,

Se repeupla d’homes nés de formis; Ainsi au font de cest oscur valon Languir par tas veoit on les espris.

Cil sur le ventre gisoit d’un compagnon, Gil sur le dos; et cil à quatre piés Se traînoit par le sentier felon.

Mu nous alions et à pas dehaitiés,

Ces maubaillis esgardant, escoutant,

52 Qui ne pooient se tenir redresciés.

Dui puié erent l’un à l’autre en seant,

58. Ne cuid qu'Egine: Voy. Ovide, Metam. VII, 523-660, qui raconte la maladie des gens d'Egine et le repeuplement par des fourmis métamorphosées en hommes.

Come a scaldar si poggia tegghia a tegghia, Dal capo al piè di schianze maculati.

E non vidi giammai menare stregghia Da ragazzo aspettato dal signorso, 18 Néda colui che mal volentier vegghia, Come ciascun menava spesso il morso Dell'unghie sovra sè per la gran rabbia Del pizzicor, che non ha più soccorso.

E sì traevan giù l’ unghie la scabbia, Come coltel di scardova le scaglie, 84 O d’altro pesce che più larghe l’ abbia.

« 0 tu che con le dita ti dismaglie, Cominciò il duca mio a un di loro, E che fai d' esse talvolta tenaglie, Dinne se alcun Latino è tra costoro Che son quinc' entro, se l’ unghia ti basti 90 Eternalmente a cotesto lavoro. »

« Latin sem noi, che tu vedi sì guasti Qui ambedue, rispose l’un piangendo ; Ma tu chi se’, che di noi dimandasti ? »

E il duca disse: « Io son un che discendo Con questo vivo giù di balzo in balzo, 96 E si mostrar l’inferno a lui intendo. »

Allor si ruppe lo comun rincalzo, E tremando ciascuno a me si volse Con altri che l’ udiron di rimbalzo.

Lo buon maestro a me tutto s’ accolse, Dicendo : « Di a lor ciò che tu vuoli. »

102 Ed io incominciai, poscia ch’ ei volse :

« Se la vostra memoria non s’imboli Nel primo mondo dall’ umane menti, Ma s' ella viva sotto molti soli, Ditemi chi voi siete e di che genti;

Com li covercle se puie à la tortiere, ° De larges taches tout marqué et luisant.

Onc ne mena l’estrille en tel maniere Uns gars qu’atent ses sire entalentis, Ne cil qui veut dormir sa nuit entiere, Com il menoient sans fin le chapleis Des mordans ongles sur soi, par la grant rage De la desmange, d'ont n’est autre respis.

Li ongle ostoient la"gale à mal outrage ; Come au poisson qui a larges escailles Seult li coutaus les tollir par usage.

« O tu quisi o les dois te desmailles, Se prist mes dus à dire à un des lor, Et qui en fais par fois vraies tenailles, Enseigne nous s'aucuns Latins est or Entre ceus ci ; ainsi eternaument Puissent ti ongle sufire à tel labor | »

« Latin nous somes andui, que laidement Vois atornés, dit l'uns o plorement ; Mais tu qui es, qui nous quiers en present ? » Et dit li dus: « Je sui uns qui descent De cercle en cercle aval o ce vivant, Et qui l’enfer à lui monstrer entent. »

L'apui comun à ces mos derompant, Tuit devers moi se tornerent tremblant, Meisme au loin cil qui furent oiant.

Or li bons mestre tout à moi s'adressant :

« Di lor ce qu’as en talent de lor dire. »

102 Je comengai, puis qu'il le vout atant :

« Puist vo memoire ne s'envoler à tire Des souvenirs du monde premerain, Mais lonc tems vivre au lumineus empire !

Dites qui estes et de quel gent à plain ;

La vostra sconcia e fastidiosa pena 108 Di palesarvi a me non si spaventi. »

« Io fui d'Arezzo ; ed Albero da Siena, Rispose l’un, mi fe’ mettere al foco; Ma quel perch'io morii qui non mi mena.

Ver è ch'io dissi a lui, parlando a gioco, Io mi saprei levar per l’ aere a volo; 414 E quei che avea vaghezza e senno poco, Volle ch’ io gli mostrassi l’ arte; e solo Perch’ io nol feci Dedalo, mi fece Ardere a tal che l’ avea per figliuolo.

Ma nell’ ultima bolgia delle diece Me per l'alchimia che nel mondo usai, 420 Dannò Minos, a cui fallar non lece. »

Ed io dissi al poeta: « Or fu giammai Gente si vana come la sanese?

Certo non la francesca si d' assai. »

Onde I’ altro lebbroso che m' intese Rispose al detto mio: « Trammene Stricca, 126 Che seppe far le temperate spepe, E Niccolò, che la costuma ricca Del garofano prima discoperse Nell’ orto dove tal seme s’ appicca ;

409. Je sui d’Areze; et Albero de Sienne : cet homme d'Arezzo se nommait Griflolino et était alchimiste. Il alla à Sienne pour y chercher fortune; il se lia là avec un jeune homme nommé Albero, qui passait pour le fils de l'évêque. Un soir, à table, il se vanta de pouvoir lui enseigner l’art de voler dans les airs et d’entrer ainsi par la fenêtre chez les dames qui lui plairaient. Albero, ravi, lui fit beaucoup de dons, et finalement réclama l'art de voler. Griffolino le traita de fou et naturellement ne put lui enseigner rien de pareil. Albero se plaignit à l’évèque, qui fit brûler Griffolino comme hérétique.

Que vostre laide et vergogneuse pene 108 Ne vous estraie de m'en faire certain. »

« Je sui d’Areze; et Albero de Siene, Respondi l’uns, me fist ardoir en feu; Mais ce por quoi fui ars, ci ne me mene.

Je di, voire est, lui parlant com par jeu, Que me sauroie lever en l’air par vol ; 414 Et il, aïant moult talent et sens peu, Rova que l’art lui monstrasse, et, pour sol Que je nel fis Dedale, il me brusla Par celui qui tenoit por filh ce fol.

Minos la disme des bouges m’ajuja, Por l’alchimie qu’au monde j'oi trop chere ; 120 Faillir ne loist à ce juge de là. »

Je au poete: « Fu mais gent si legere Com la Siennoise et de tel vanité?

Jà la Françoise à moult près n’i compere. »

Li autre ladre, qui m’avoit escolté, Me respondi : « Trai m’ent du moins le Striche, 126 En ses despenses sachant et atempré, Et Niccolo, qui la coustume riche Du cher girofle li premiers descovri, Dans le jardin où teus graine se fiche.

495. Trai m'ent du moins le Striche : ceci est dit par ironie. Stricca fut un jeune Siennois qui paraît avoir appartenu à la bande dont il est question ci-dessous, et qui fut loin d'être sachant et atempreé. |

427. Et Niccolo : Niccolo fut le premier qui enseigna à mettre des clous de girofle dans les faisans et les perdrix.

129. Dans le jardin : passage obscur. Plusieurs commentateurs entendent que le jardin est Sienne, et la graine est la coutume riche, l'art de piquer les faisans avec le girofle, qui se fiche, c'est-à-dire prend racine dans le luxe et la bonne chère.

E tranne la brigata in che disperse Caccia d’Ascian la vigna e la gran fronda, 152 E VAbbagliato il suo senno proferse.

Ma perchè sappi chi si te seconda Contra i Sanesi, aguzza ver me l'occhio Si che la faccia mia ben ti risponda; Si vedrai ch'io son l'ombra di Capocchio, Che falsai li metalli con alchimia, E ten dee ricordar, se ben t’ adocchio, 139 Com’ io fui di natura buona scimia. »

150. Trai m'ent aussi ceste route: la route ou bande fut une association dite godericia, qui se forma à Sienne entre douze jeunes gens fort riches qui voulurent étonner le monde par leur bonne chère et leur luxe. Ils déposérent chacun 18,000 florins d'or. Ils construisirent un palais où chacun avait une chambre magnifique ; et deux fois par mois les associés se réunissaient à une table somptueusement servie. L'association ne dura que dix mois, et ses membres ruinés devinrent la risée de la ville.

Trai m'ent aussi ceste route où fondi Cache d’Ascian sa vigne et ses grans bois, 132 Et l’Abbaliat son sens i espandi. | Mais, por aprendre qui contre les Sienois Ainsi t'aide, voi me mieus et plus proche, Si que ma face ne te soit en desfois ; Si tu verras que sui l'ombre Capoche Par alchimie qui faussai les metaus; Membrer te doit, se mes veoirs ne cloche, 139 Que je fui singe à nature feaus. »

131. Cache d'Ascian... l'Abbaliat: Caccia d’Ascian et l'Abbagliato appartenaient à l'association. Caccia d’Ascian, fort riche, y donna son argent ; et l’Abbagliato, qui n’avait pas d'argent, y donna son esprit.

136. L'ombre Capoche : Capocchio connut Dante, ainsi qu'on le voit ici. Il fut brûlé vif à Sienne comme alchimiste. Les commentateurs disent qu'il était habile à contrefaire toute personne et toute chose.

MUITIÈME CERCLE; DIXIÈME BOUGE: FAUSSAIRES DE TOUTE ESPÈCE ; MYRRHA; GIANNI SCHICCHI; MAITRE ADAM; LE GREC SINON,

Le xxix° chant et celui-ci sont les seuls où Dante introduit la maladie comme supplice infligé à une catégorie de damnés. Il est certain qu'avec les seules maladies il pouvait peupler tout son enfer, et suffire amplement aux exigences de la justice divine telle que son temps la concevait. Mais ou bien il n'a songé que tar.l dans l'avancement de son œuvre à ce genre de souffrances, ou bien il n’ya pas vu un ‘champ assez vaste au jeu de sa fantaisie.

Quoi qu’il en soit, nous nous intéressons à ce pauvre hydropique, maitre Adam, qui, tourmenté par une soif ardente, peint si bien le charme des eaux fraiches et de leurs rives verdoyantes en son pays natal. Dans ces occasions, Dante trouve un touchant langage, et fait vibrer en nous notre naturelle miséricorde.

Mais, à mon sens, on ne peut donner aucune louange à l'étrange dialogue qu'il établit entre maître Adam et Sinon du cheval de Troie. C’est un échange de coups et d’injures. Même à une scène de grossiéretés et de violences il eût été possible de nous attacher, si les personnages avaient été les représentants historiques de luttes acharnées ou de violentes polémiques. Mais ici rien de pareil. Quoi de commun entre un faux monnayeur italien et le personnage qui figure dans la légende de la guerre de Troie? Aussi Virgile admoneste-t-il sévèrement son compagnon pour avoir complaisamment prêté l'oreille à cette vilaine dispute. On ne peut que se ranger à l'avis de Virgile. Comment donc expliquer que Dante ait gardé ce passage, qu'il blame lui-même par la bouche du poëte romain? Probablement il se laissa aller à celte débauche pour mieux justifier le titre de comédie donné à son poëme, puis, n'en étant pas content et ne voulant pas l'effacer, il se fit dire par Virgile ce que lui-même en pensait.

Nel tempo che Giunone era crucciata Per Semelè contra il sangue tebano, Come mostrò una ed altra fiata, Atamante divenne tanto insano, Che veggendo la moglie con duo figli 6 = Andarcarcata da ciascuna mano, Gridò : « Tendiam le reti, sì ch’ io pigli La lionessa e i lioncini al varco ; »

E poi distese 1 dispietati artigli, Prendendo l’un che avea nome Learco, E rotollo, e percosselo ad un sasso ; 42 E quella s’annegô con l’altro carco.

E quando la fortuna volse in basso L’ altezza de’ Trojan che tutto ardiva, Sì che insieme col regno il re fu casso, Ecuba trista, misera e cattiva, Poscia che vide Polissena morta, 18 E del suo Polidoro in su la riva Del mar si fu la dolorosa accorta, Forsennata latrò sì come cane; Tanto il dolor le fe’ la mente torta.

Ma nè di Tebe furie nè trojane 1. Dans le tems où Junonæert aïrée: tout ce qui con-

cerne Athamas et sa femme Ino est pris à Ovide, Métam., 253-215.

Dans le tems où Junons ert airée Por Semelé contre le sanc thebain, Come el monstra une et autre fiée, Du sens issi Athamas si soudain, Que, choisissant sa moillier qui venoit 6 D'un filh chargée en l'une et l’autre main, Cria en haut : Tendons les roiz à droit; La lionesse et si faon sont là, Et, estendant tost un bras maleoit, L’un qui Learque avoit nom, il combra, Et contre un roc le froissa tout sanglant ; 42 La mere, o l’autre en ses bras, se noia.

Et quant fortune abati le bobant, Qui osoit tout, des Troiens poestis, Si qu'il perdirent regne et roi d’un tenant, Hecube, triste, chetive et sans amis, Puis qu'ot veù Polyxene murdrie, 18 Et que mar eut en la marine apris Com Polidore ses fils feni sa vie, En forsenée aboia come chiene, Tant par dolor ele fu esmarie!

Mais ne furor troiene ne thebene

19. Come Polidore ses fils feni sa vie: Polydore fut assassiné par l'ordre du roi de Thrace, à qui Priam l’avait confié ; voy. Virgile, En., Ill.

Si vider mailin alcun tanto crude, 24 Non punger bestie, non che membra umane, Quant’ io vidi in due ombre smorte et nude, Che mordendo correvan di quel modo Che il porco quando del porcil si schiude.

L’una giunse a Capocchio, e in sul nodo Del collo l'assannò sì che, tirando, 20 Grattar fece il ventre al fondo sodo.

E l’Aretin, che rimase tremando, Mi disse : « Quel folletto è Gianni Schicchi, E va rabbioso altrui così conciando. »

« Oh, diss’ io lui, se l’altro non ti ficchi Li denti addosso, non ti sia fatica 56 A dir chi è, pria che di qui si spicchi. » Ed egli a me : « Quell’ è l’anima antica Di Mirra scellerata, che divenne Al padre, fuor del dritto amore, amica.

Questa a peccar con esso così venne, . Falsificando sé in altrui forma, 42 Come l’altro che là sen va sostenne, Per guadagnar ja donna della torma, Falsificare in sè Buoso Donati, Testando e dando al testamento norma. »

E poi che i due rabbiosi fur passati

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