ENSEIGNEMENT PRATIQUE, MAIS MÉTHODIQUE 7Î
J’ai une pleine confiance dans l’enseignement par la pratique et l’observation; mais, pour des élèves qui disposent de si peu de temps, et auxquels il s’agit de donner une notion sérieuse d’une langue aussi difficile que la nôtre, d’un vocabulaire où il y a trois choses à apprendre : le son, le sens, la forme orthographique, d’une grammaire compliquée, hérissée de règles subtiles, je pense qu’il sera bon de ne pas trop compter sur l’occasion, et d’user d’une pratique graduée, réglée par une méthode stricte, qui dirige de tout près le hasard ^
1. Il ne sera pas question, dans ce qui suit, de l’enseignement de la prononciation. Ce n’est pas que j’aie oublié ce chapitre si important. Mais, actuellement, le phonographe seul pourrait être un bon maître de diction à l’école. Si on veut que la prononciation s’y enseigne, il faut d’abord que les futurs maîtres apprennent à l’école normale à se débarrasser des accents locaux qui se conservent si facilement entre « pays », et à prononcer le français avec pureté. Ils n’y arriveront que par des moyens phonétiques appropriés, dont l’usage n’est pas encore répandu. En outre, il faudrait les exercer spécialement à un enseignement qui, contrarié sans cesse par l’orthographe, au lieu d’être aidé par elle, présente de très grosses difficultés, sitôt qu’on l’applique à la lecture.