‹ L'enseignement de la langue franaise: ce qu'il est, ce qu'il devrait tre dans l'enseignement primaire - Cours de MthodologieChapitre 48 sur 89 · LES CONCLUSIONS ACTUELLES. LA LETTRE ET LE SON · texte numérisé non relu

LES CONCLUSIONS ACTUELLES. LA LETTRE ET LE SON

il est évident que le radical est le même dans : je romps, et dans : nous romp-ons; — mais écoutons les sons de la langue parlée : le radical de rompons renferme une consonne, qu’on n’entend pas dans romps.

Enseigner à l’enfant que ce radical est invariable, c’est lui enseigner le contraire de ce qu’il constate, de Ce qu’il entend; donc c’est lui enseigner une chose, qu’il pourra répéter, mais sans la croire ni la comprendre.

Et, d’un bout à l’autre, le résultat sera le même. Exposer que un diffère de une, en ce qu’il n’a pas ïe, c’est expliquer V écriture; mais l’enfant écoute ces mots dont vous lui pariez^ et son oreille lui dit votre erreur, puisqu’il entend dans un simplement un eu nasal, et dans une un u suivi de la consonne n. Voilà, entre mille^ un exemple du résultat où conduit la confusion du son et de la lettre.

Le livre explique ensuite qu’il y a cinq voyelles : a, e, i, O, U, nouvelle erreur!

S’agiLil, en effet, de lettres, pourquoi ne meton pas y dans la liste? Est-il question, par hasard, de sons, pourquoi n’y trouve-t-on pas le son ou, le son eu, sans parler des sons nasaux : an, in, on, un, qui sont aussi des voyelles?

Sitôt qu’on aborde l’étude particulière de cessons

404 l’ensetgnement de la langue française

ou de leurs représentations graphiques, le désordre augmente encore. Ainsi, c’est un dogme qu’il y a trois e : è ouvert, é fermé, e muet ou sourd. Mais on ne s’aperçoit pas que e muet ou sourd n’a rien, absolument rien à voir avec e prononcé é ou è. Il est écrit par le même caractère, soit; mais tantôt ce n’est rien, comme dans file ou pilote', tantôt c’est un eu affaibli, comme dans appartement ou revoir : tantôt c’est la voyelle ordinaire eu, comme dans : voyez-le.

Là où l’on veut bien s’occuper des sons nasaux français, on les présente tout au rebours de la vérité. In est considéré comme un i nasal; un, comme u nasal, toujours en raison de l’écriture, alors que in est un e nasal (vin sonne comme chien), et un un eu nasal (un sonne comme jeun). Toutes les notions préliminaires sont ainsi faussées, comme si ceux qui ont rédigé les manuels les plus récents avaient ignoré les premiers éléments de la phonétique.

Sans doute, il ne s’agit pas d’introduire cette science à l’école primaire; mais il est indispensable qu’on s’en inspire pour enseigner exactement les formes grammaticales, et même, — je le montrerais ici, si c’était le lieu — la lecture aux débutants.

Il paraîtra peut-être hardi d’affirmer que la

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