Cf. oXculs et dieux, travails et travaux, etc
s’attacher aux réalités HS
nom propre de Cuny appartient, en fait, à plusieurs individus de la même famille, et aussi à plusieurs familles; comment, d’autre part, un nom propre peut être étendu à des personnes auxquelles il n’appartient que par comparaison ; des Bazaines; comment, enfin, par un phénomène très commun, le nom de l’homme passe à ses œuvres, à ses créations de toutes sortes : des Corots, des lebels, des godillots.
Tout cela, c’est l’explication et le commentaire du terme nom propre, c’est la correction nécessaire à l’idée qu’il implique; c’est, en même temps, l’image de la vie, où un individu fonde une famille et lui donne son nom, devient parfois un type dont le nom sert de caractéristique, laisse enfin, s’il en est capable, ce nom à un objet, ou à une idée, qui en perpétue le souvenir.
La leçon inverse doit suivre, et faire comprendre comment le nom dit commun devient nom propre, pourquoi tant de gens s’appellent Dupont, ou Tailleur, ou Tisserand; comment les noms de lieux sont souvent aussi des noms anciens ou mo^ dernes de choses : La Roche, Belmont, Clairefontaine, La Coudraye, etc. De la sorte, on n’arrête pas l’attention de l’élève sur le vêtement extérieur de l’idée, on pénètre jusqu’à l’idée elle-même, qu’on a l’occasion de suivre dans son développement.
116 l’enseignement de la langue française
Yue de haut, qu’est-ce que la grammaire, en somme? C’est l’explication des rapports par lesquels les mots s’unissent entre eux. Ces rapports sont marqués :
1° Par la place respective des mots : « le rat de la fable délivra le lion, ensuite le lion délivra le rat ». Déplacez le mot rat, de sujet il devient complément ou inversement.
2° Par la forme que prennent les mots variables. Délivra est à la 3® personne du singulier du passé pour marquer le rapport entre un sujet rat et une action dont il a été Fauteur dans un temps passé.
3° Par des mots exprès : de marque que le rat en question est celui dont il est parlé dans la fable.
L’enfant n’ignore aucune de ces façons d’exprimer les rapports, il pratique même couramment ces procédés, il en a le sens. Il s’agit, d’abord, de développer ce sens, de le rendre conscient, ensuite de familiariser l’élève avec toutes les constructions, les variations de mots, les agencements de phrases qu’il peut ignorer, si compliqués qu’ils soient; en même temps de l’exercer à s’en servir avec une entière justesse.
1“ L’enfant doit pouvoir non pas raisonner sur la place des divers termes, par exemple, sur la place du sujet; mais reconnaître ce sujet partout où U se