CHAPITRE XI
De la grammaire souple. Le sens de la vie.
Ce n’est pas tout. Il faut désankyloser la grammaire; il faut introduire dans l’enseignement grammatical une souplesse de doctrines qui n’y existe pas, et qu’exigent cependant la diversité extrême et la mobilité incessante du langage. Trop souvent on prétend faire entrer de force les faits dans des cadres rigides, en nombre limité, et les y enfermer. Pour un peu, quand l’usage s’en échappe, on prétendrait que c’est lui qui a tort, qui se trompe. On s’en prend à la vie, qui ne tient pas dans les formules.
La proposition est un de ces cadres. Pour la grammaire usuelle, tout ce qui n’est pas proposition est quelque chose d’anormal ou d’inférieur, souvent de négligeable, alors qu’en vérité presque toute proposition secondaire peut être remplacée par un groupe de mots, simple complément, qu’on ne se donne point la peine de classer. Considérons