DONNER LE SENS DE LA VIE
la note ^ , il fait un raisonnement au moyen de trois propositions coordonnées. Il ferait exactement le même s’il disait : « Quoique ton devoir d' aujourd'hui ait été manqué, comme il a été travaillé, je lui donne ^ en rendant subordonnées deux des trois propositions. Il y a, entre les deux façons de s’exprimer, une différence de forme, mais non une différence de rapports.
Je ne voudrais point alléguer dans cette discussion les arguments tirés de l’histoire; je ne puis cependant passer sous silence ce fait, que la règle qu’on impose, qu’on présenterait presque comme nécessaire au nom de la logique ou d’autre chose, n’était pas la règle d’hier. Il semble, à voir les théories sur les verbes appelés ici actifs et neutres, ailleurs transitifs Ciiintransitifs, qu’un fossé infranchissable les sépare; or, en fait; il n’y a presque aucun intransitif qui n’ait, à un moment donné, pris un complément direct : obéir, contribuer, et jusqu’à mourir, car on lit dans Roland : « Mort m'ad mes homes, ma tere degastee (Il m’a tué mes hommes, il m’a dévasté ma terre) ». Et demain, peut-être, l’on dira : « Je l'ai dormie, votre leçon sur les intransitifs. » Et cela se comprendra de soi-même, et cela dira quelque chose, qui n’est pas exprimé par : j'y ai dormi.
PuisQue le langage, fonction de l’espèce, est.
comme l’espèce elle-même, dans un éternel devenir, ne donnons pas à des choses changeantes et mouvantes l’apparence de choses rigides et fixes. Introduisons dans la grammaire le sens de la vie.
On sent bien que je touche ici à une grosse question, devant laquelle je ne veux point me dérober. N’est-il pas nécessaire, pour arriver à donner une image exacte de la langue, d’introduire quelques notions d’histoire, et de substituer par endroits à l’explication logique, désormais rejetée, l’explication historique, la seule vraie, comme il a été dit plus haut?
Je ne suis point suspect de tiédeur à l’égard de l’Histoire de la Langue, qui a occupé toute ma vie; néanmoins j’ai acquis depuis longtemps la conviction qu’il ne faudrait point tomber d’un abus dans un autre. Et voici ma conclusion : Il serait très utile à l’instituteur d’avoir quelques notions de grammaire historique pour lui. Quant à l’usage, très prudent, qu’il en devrait faire, ce serait, suivant moi, celui-ci : il en profiterait pour donner partout à ses règles un caractère moins raide, moins impératif, et, dans quelques occasions, il utiliserait directement l’histoire pour éclaircir et simplifier sa leçon.
Commençons par le second point. Pour faire apprendre les féminins belle, nouvelle, le plus simple