SOUMISSION CONSENTIE ET NON SERVAGE
des métiers ou des sports, des façons de parler populacières s’implantent et se généralisent. L’accent tonique se déplace, menaçant de défigurer entièrement les mots. On dit dans les faubourgs de Paris : avoir du boiilot pour : avoir du travail, et c’est moins du mot lui-même, quoique argotique, que j’ai peur, que de cette tendance à laisser tomber les finales, car, si elle devait triompher, elle mettrait autant de distance entre le français de demain et celui d’aujourd’hui, qu’il y en a entre le roman-français du x® siècle et le latin. Ce serait une autre langue.
Voilà les vices dont il faut garder nos écoliers et notre français, si nous voulons que ce français reste lui-même. Montrer clairement le tort qu’on lui fait et qu’on se fait à soi-même en parlant mal, donner un enseignement qui inspire un respect conscient pour la langue dépositaire de tant de pensées géniales, et qui est notre propriété collective : voilà, je crois, des moyens qui valent mieux pour arriver à la préserver de la décadence que la menace de la férule, et l’usage d’une autorité, absolue en théorie, mais dont la toute-puissanco est, en fait, à peu près discréditée et usée.