LA RÉFORME DES NOMENCLATURES IS
et non des définitions; que 'pronom, par exemple, est une étiquette, et rien de plus, la commission n’acceptant pas que « le pronom soit un mot qui remplace le nom ».
Avec un peu plus de hardiesse, de meilleurs résultats encore eussent été obtenus, mais on ne pourra que se féliciter de voir entrer en usage des termes tels que temps relatifs ou temps accomplis. La préoccupation qu’on a eue de distinguer partout le sens et la forme, dissipera bien des confusions. Pour nommer comme pour observer, la forme est plus commode et plus sûre. Avec passé simple et passé composé, on est forcé de s’entendre. Au contraire, tant que : je chantai et j'ai chanté s’appelaient l’un passé défini, l’autre passé indéfini, ni maîtres ni enfants n’avaient grande chance de I comprendre, car ces mots sont si obscurs que les ; grammairiens du xviii% et même du xvii® siècle, en faisaient souvent un usage absolument contraire à celui qui a été adopté depuis.
' Pour ceux qui s’en tiendront au texte même, comme à un garde-fou, il y aura déjà grand avan- ; tage. De plus avisés liront entre les lignes, et trouveront dans les choix qui ont été faits des indica- ! tiens sur ce que doit être l’enseignement de la gram- ; maire, aussi bien qu® sur ce qu’il ne doit pas être.
Mais il ne faut pas se faire d’illusions sur la
16 l’enseignement de la langue française
portée de cette réforme. L’unification est une bonne chose, nécessaire pour ramener l’ordre, cela est incontestable; mais elle a de graves inconvénients. Il y a des jours où il faut appeler une chose d’un nom, et d’autres où il faut l’appeler *d’un autre nom.
Ainsi, pour caractériser une classe particulière de pronoms, on se sert indifféremment du mot conjonctif OM du mot relatif. La Commission garde ce dernier et condamne le premier, mais les deux mots disent-ils bien exactement la même chose?
Lorsqu’un pronom, comme il, le, en, y, qui tiennent la place d’un mot ou d’une idée exprimée précédemment, est employé dans une proposition, il la met en relation avec la proposition voisine, il peut être nommé pronom relatif. Mais dans :
L’enfant qui pleure ;
Je désire une maison qui soit saine;
Il poussa la chaise qui tomba;
Je vois une femme qui passe; le pronom qui joue un autre rôle. Non seulement il remplace un nom exprimé précédemment, mais encore il joue le rôle, soit d’une conjonction de coordination, soit d’une conjonction de subordination; c’est donc bien un mot conjonctif, et il serait fâcheux qu’on ne pût plus le considérer sous cet aspect.
On hésite souvent entre les appellations de yar~ ticipe passif et de participe passé, appliquées à des