PRENONS GARDE DE TROP UNIFIER
formes verbales comme blâmé, réjoui, mort, etc. La Commission propose d’adopter exclusivement la dénomination de participe passé.
Or la forme dont il s’agit peut avoir le sens passif, et il est souvent très important de discerner si elle l’a. Ainsi on trouve un cadavre. Est-on en présence d’un homme assassiné, c’est-à-dire qui a subi la mort à lui donnée par un tiers (sens passif), ou d’un homme mort naturellement, qui a fini sa vie sans intervention d’un agent étranger (sens actif)? De même, un propriétaire trouve au départ de son locataire un carreau cassé. Ce carreau s’est-il cassé tout seul (sens actif)? a-t-il été cassé par quelqu’un (sens passif)? toute la question est là. On voit donc que participe passif est le nom qui convient dans certains cas, et que l’on ne peut lui en substituer aucun autre. Il n’y a même, ajouterai-je, que cette forme du participe passif qui puisse donner d’une façon claire l’idée du passif à l’enfant : va-t-il m’être interdit de prononcer ce mot, qui éclaire toute une question?
Évidemment non! Et ce n’est pas ce qu’a prétendu la Commission. Elle propose un nom unique, elle n’entend pas exclure les explications qui nécessiteront l’usage d’autres mots, sans lesquels on ne pourrait faire comprendre les faits. Cet exclusivisme gênerait l’enseignement au lieu de le faci-
l’ensbigm. de la langue franç. 2
liter. Il est à souhaiter que ceux qui mettront notre travail en circulaires usent de la même prudence. Que les pronoms relatifs n’aient plus que ce nom, soit! on peut faire ce sacrifice à l’entente, mais qu’il reste bien convenu que l’on pourra expliquer que les uns sont conjonctifs, que les autres ne le sont pas. Une nomenclature n’est pas une terminologie.
Pour la simplification, elle est très réelle; néanmoins il ne faudrait pas croire non plus que désormais tout va être clair, facile, et sans embûches. La nouvelle nomenclature garde un premier défaut essentiel : elle est faite avec de vieux termes, dont la plupart ne valent rien. Nous avons déjà parlé du pronom, passons au verbe, et regardons les temps. Passé défini, passé indéfini disparaissent, mais mpar fait, plus-que-parfait et d’autres aussi.
Personne n’a songé à toucher au terme modes, qui a un sens en ce qui concerne l’indicatif, l’impératif, etc., mais qui convient fort mal à l’infinitif, et pas du tout au participe.
Certains compléments continueront à s’appeler « circonstanciels ». La Commission elle-même avertit que ce mot n’a aucun sens précis, et laisse entendre que, dans une foule de cas, il n’est pas bon. Et, en effet, de trouver un mot qui convînt à tout ce qu’on met dans ce cadre, il n’y fallait pas