L'ENSEIGNEMENT DE LA GRAMMAIRE. LA MATIÈRE
de l'adverbe, de l'autre, font une obligation absolue de les séparer, et même d'enseigner aies distinguer. Sinon, comment expliquer à l'enfant qu'on écrit : Ces étoffes sont chères, et : ces étoffes sont vendues cher? ou bien : la baie semble haute, et : la baie monte haut?
Même bien informé sur l'adjectif et sur l'adverbe, l'enfant a une peine énorme à appliquer, tant bien que mal, la règle de tout. S'il ne possède pas ces notions, il n'y a aucun espoir de lui faire saisir même le principe de la règle.
Je suis de ceux qui envisagent sans effroi un avenir où on écrirait : une rue toute entière, comme : une rue toute pavée. Seule, l'ignorance des grammairiens du xvuc siècle les a empêchés de voir que cette orthographe traditionnelle était la bonne. Mais ce serait un fâcheux retour en arrière que de ne plus pouvoir distinguer :
« Ils sont rentrés tout mouillés et crottés » et : « Ils sont rentrés tous mouillés et crottés ». Or, la notion de l'adverbe est ici nécessaire.
II y a des connaissances plus nécessaires encore. La confusion de j'eus et de /eusse dans : sitôt que 'eus fini, et : avant que /eusse fini, est un grossier solécisme. La prononciation de certaines provinces le rend si fréquent que je l'ai trouvé dans l copies de baccalauréat sur 25. Il n'y a point à cela