‹ L'enseignement de la langue française, ce qu'il est - ce qu'il devrait être dans l'Enseignement primaireChapitre 64 sur 104 · DIFFICULTÉS SUPERFLUES · texte numérisé non relu

DIFFICULTÉS SUPERFLUES

sans aucun résultat éducatif. Les prescriptions de cet arrêté, il est vrai, sont souvent méconnues dans les classes, parfois même dans les examens, ce qui est très fâcheux. Le texte de la liste annexée devrait être affiché dans les salles, à côté de la Déclaration des Droits; car, pour modestes que soient les réformes dont il s'agit, elles sont de nature à apporter à des milliers d'enfants un véritable soulagement.

Mais, dans ce qu'on laisse debout, il est possible de retrancher encore, et de consacrer le temps ainsi gagné à des questions nécessaires à traiter, si l'on \eut résolument enseigner la langue et non l'orthographe.

On va cesser de subtiliser sur le genre de orge, et l'arrêté permet d'écrire « de T orge perlée », ou « de l'orge perlé ». Pourquoi ne pas étendre à d'autres mots cette tolérance? C'est d'hier qu' énigme, épigramme, épithète, sont féminins, tandis que effluve est resté masculin. Faut-il gaspiller son temps à enseigner dogmatiquement le genre de ces mots, si peu employés, ou attendre qu'il se présentent dans des lectures? Ne peut-on pas couper utilement dans les listes des grammaires?

Le nom ail a deux pluriels, dit-on : l'un usuel, des aulx, où il ne faut pas manquer d'écrire une / comme au xvic siècle, sans quoi on le confondrait

l'bnseign. DK la LANGUE franc. o

avec l'article aux, l'autre réservé à la botanique : des ails. Ces distinctions valent- elles la peine d'être apprises, pour n'être point sues, du reste1?

Quelle perte serait-ce si on rayait de la liste des conjugaisons férir, gésir, ouïr, [rire, confire, et dix autres verbes qui ne se conjuguent plus en réalité? A l'occasion, ci-glt, gisait, sans coup férir, ou des ouï-dire, seraient expliqués, comme le sont des mots quelconques du vocabulaire. On peut donc, et on doit, faire des sacrifices — ils ne seront souvent guère pénibles — pour alléger le fardeau grammatical.

Seulement, quel critère adopter pour distinguer ce qui mérite d'être conservé? Jusqu'ici on n'eût guère hésité. Ce à quoi on devait s'attacher par ordre, sous peine d'échec, c'élaient les règles dej forme. Je suis d'avis tout contraire : ce à quoi il] faut s'attacher, c'est à ce qui intéresse le sens et la pensée.

S'agit-il du pluriel dans les noms propres, dont j'ai déjà parlé? Au lieu de montrer dans quels cas] ils prennent une s, que le maître, puisque l'arrêté de 1901 l'y autorise, laisse mettre cette s partout, et écrire les Cungs aussi bien que les Bourbons.

Mais qu'il tâche de faire comprendre comment le

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