‹ L'enseignement de la langue française, ce qu'il est - ce qu'il devrait être dans l'Enseignement primaireChapitre 71 sur 104 · SOUMISSION CONSENTIE ET NON SERVAGE · texte numérisé non relu

SOUMISSION CONSENTIE ET NON SERVAGE

des métiers ou des sports, des façons de parler ipopulacières s'implantent et se généralisent. L'accent tonique se déplace, menaçant de défigurer entièrement les mots. On dit dans les faubourgs I de Paris : avoir du boulot pour : avoir du travail, et c'est moins du mot lui-même, quoique argotique, que j'ai peur, que de cette tendance à laisser tomber les finales, car, si elle devait triompher, elle mettrait autant de distance entre le français de demain et celui d'aujourd'hui, qu'il y en a entre le roman-français du xe siècle et le latin. Ce serait une autre langue.

Voilà les vices dont il faut garder nos écoliers et notre français, si nous voulons que ce français reste lui-même. Montrer clairement le tort qu'on lui fait et qu'on se fait à soi-même en parlant mal, donner un enseignement qui inspire un respect conscient pour la langue dépositaire de tant de pensées géniales, et qui est notre propriété collecjtive : voilà, je crois, des moyens qui valent mieux pour arriver à la préserver de la décadence que la menace de la férule, et l'usage d'une autorité, absolue en théorie, mais dont la toute-puissance est, en fait, à peu près discréditée et usée.

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