GRAMMAIRE, LITTÉRATURE ET PHILOSOPHIE
tion est une des fonctions essentielles du langage, c'est que nous ne connaissons le monde que par ses aspects, que par les impressions que font sur nous ses manières d'être : nous n'en avons point de perception directe, la substance n'est qu'une création, fausse du reste, de notre esprit.
On le voit, les divers enseignements qui constituent l'étude du français peuvent être coordonnés, se compléter et se fortifier tous les jours l'un par l'autre. Des textes de grands écrivains sont éclaircis par d'humbles enseignements de formes ou de syntaxe, ces enseignements reçoivent des textes la lumière et la vie! La théorie, continuellement unie à la pratique, s'applique dans la rédaction; l'élève se meut, pour ainsi dire, au milieu des formes destinées à l'expression des idées sur lesquelles on appelle son attention. Ces formes le pénètrent de toutes parts, et il se les assimile.
Très modeste, si on le veut, la méthode peut aussi mener fort loin, je crois l'avoir montré tout à l'heure. Elle conduit jusqu'au point où la grammaire éclaire les procédés de style et fait connaître l'art d'écrire. De la sorte, elle ne se trouve plus séparée des études littéraires, qu'elle accompagne et soutient.
C'est qu'en effet, il n'y a qu'une étude de la langue : elle commence au moment où l'enfant
apprend de sa mère à balbutier, elle ne finit que le jour où l'on cesse d'analyser les textes pour apprendre d'eux les formes infiniment variées dont l'art revêt la pensée humaine.