‹ L'enseignement de la musique par l'éducation méthodique de l'oreilleChapitre 108 sur 114 · TITRE XXX · texte numérisé non relu

TITRE XXX

QUESTION : Le rythme : Ordre dans le mouvement ; retour périodique des mêmes mouvements : symétrie rythmique. — Le triolet.

405. — A plusieurs reprises déjà, pour caractériser certains grou- Recherche des faits

pements de valeurs de durée, nous avons employé le mot RYTHME. *u*Wfb ™ applique

le mot rythme.

Que signifie exactement ce mot? A quoi s'applique-t-il ? En quoi consiste le rythme musical?

Chantons, successivement de deux façons différentes, un même fragment mélodique, mais en conservant à la fois sa mesure et la durée réelle de l'unité de cette mesure, en modifiant toutefois la durée de chaque son (modification portant sur les figures de notes et non sur les MOMENTS d'émission des sons) :

Frappons maintenant sur la table avec une baguette, ou simplement dans nos mains, un certain nombre de coups représentant exactement, par leur succession dans le temps, la disposition des figures de durée qui forment notre mélodie, dans l'une et l'autre versions :

Un même groupement représenté successivement par des sons soutenus, des sons très

406; — Nous avons produit une succession de bruits qui représente Jonni* de mè^e^iaçon. très exactement la proportion relative des durées (notes) de la mélodie.

Quelle différence remarque-t-on entre ces trois façons de faire ?

1° Les sons ont été soutenus pendant tout le temps indiqué par les figures de durée.

2° Les mêmes sons, très brefs, ont été séparés par des silences complétant exactement la durée des figures de notes de la première version»

3° Les sons musicaux ont été remplacés par d'autres sons, des bruils (titre II), séparés par des durées de silence égales aux durées de silence de la 2e version.

Cependant, de quelque façon que nous ayons présenté ces trois versions, elles ont quelque chose de commun : l'ORDRE dans lequel se succèdent les sons (sons musicaux ou bruils) est LE MÊME : dans chaque version, chaque émission d'un son esl séparée d'une autre émission par LE MEME TEMPS, que ce temps soit rempli par une prolongation du son ou par un silence.

Le rythme, mouve- 407. — Ce mouvement ordonné et mesuré des sons s'appelle

On expliquera tous les termes, employés par la suite dans cette leçon, par des comparaisons familières (pas de définitions abstraites). Exemple :

Ordonner : classer des objets par analogies do points, de grandeur, de couleur, ou encore les disposer par grandeurs alternativement croissantes ou décroissantes ; faire alterner des objets successivement blancs, bleus, rouges, jaunes, en recommençant le même classement par séries successives, etc. (analogie avec les périodes musicales).

Symétrie : les deux bras, les deux yeux, les deux jambes, les montants d'une porte, d'une fenêtre, etc.

408. — De la comparaison entre les trois façons dont nous avons noté les sons dans les exemples précédents, on peut tirer cette première conclusion :

Le RYTHME est indépendant de la durée et de la hauteur des sons.

Le silence, moyen de Du moment que les sons ne sont plus envisagés du point de vue de

leur durée, mais qu'ils sont considérés commes s*eleignanl instantanément après leur émission, la durée qui les sépare doit être comptée comme une DURÉE DE SILENCE. C'est donc une deuxième conclusion que nous pouvons tirer :

L'élément mesurable (comparable) du rythme est la durée du silence qui sépare chaque émission du son, cette émission étant destituée de toute durée appréciable ou considérée comme telle. (C'est l'équivalent du point ou de la ligne mathématiques, sons dimensions.)

409. — Suffit-il de deux sons successifs, notés musicalement comme il plaira,

(«PtJS <JsJ> 7><<h>* }ji xJ J> (il

etc.

pour constituer un rythme appréciable, non à l'œil mais à l'oreille? En réalité, ils ne nous donnent que l'idée de succession; que nous

PAR VÊD UCA TlON^DEfU OREILLE 209

manque-t-il pour que l'idée, la sensation de rythme s'éveille en nous? Il manque un point de comparaison dans le temps, qui nous permette de dire que ces deux sons se sont succédé à des intervalles réguliers ou ir réguliers; il nous faut donc un troisième son qui sera émis après un silence égal ou inégal au silence qui sépare les deux premiers sons entendus.

Nous pourrons^ alors écrire une succession de durées égales

si le deuxième silence est égal au premier; inégales

, si le deuxième silence est inégal (plus court ou plus long) au premier.

Trois sona9 trois éléments sont donc nécessaires pour apprécier la natare d'an rythme (analogie : trois points pour viser une ligne droite).

410. — Nous avons dit que le rythme est le mouvement ORDONNÉ et MESURÉ DES SONS. Nous venons de mesurer le temps qui sépare trois sons successifs. Pourrait-on dire aussi que nous avons mis de l'ordre entre ces trois sons? Pas précisément: nous avons comparé les temps qui séparent leur émission et mesuré ces temps; et c'est tout.

R 3 prenons la mélodie qui nous a servi de point de départ : notons-

la cette fois, pour plus de clarté, en mesure à r :

La notation, ainsi figurée, fait ressortir immédiatement pour l'œil la représentation des deux rythmes identiques dont la succession compose la mélodie. On remarquera la suppression, dans l'indication du rythme, d'une figure de note, qui n'est, en réalité, qu'une répercussion du son pendant le silence qui sépare le do (1er temps de la 2e mesure) du ré suivant.

Dans l'analyse des rythmes, il est souvent nécessaire de faire Comment on décemomission d'une note, d'un son, quand sa suppression n'altère pas le pose un rythme en ses caractère du rythme : c'est une petite opération très simple et son élément8opportunité se juge facilement ; on pourrait dire qu'elle saute aux oreilles, quand on chante le même rythme avec la note supprimée ou maintenue.

411. — La mélodie précédente remplit-elle les conditions d'ordre et de mesure dans le mouvement, conditions essentielles du rythme? Certainement, mais pour quelles raisons ? Cherchons ces raisons à côté de notre chant.

Écoutons le balancier de l'horloge : il fait, comme on dit familière- La régularité seule ment, un « tic-tac » régulier, un bruit sec : pour chaque seconde qu'il tffltpasTZtZs^ marque. Nous donne-t-u vraiment la possibilité d'affirmer un rythme? u rythme.

Enseignement de la musique»

L'accent est nécessaire: il doit revenir à intervalles périodiques.

Le bruit régulier de l'horloge : accentuation volontaire de certains de ces bruits.

Groupements des rythmes en nombres réguliers.

Il semble plutôt qu'il nous donne la sensation, qu'il éveille en Vidée de RÉGULARITÉ dans la succession des sons.

412. — Que manque-t-il à cette succession régulière de sons pour que nous ayons la sensation de mesure en plus de là sensation d'ordre que nous donne cette régularité ?

Il y manque ce que nous faisons instinctivement, quand, dans le silence, nous écoutons le « tic-tac » de l'horloge. Au bout d'un temps très court, il nous semble qu'un bruit sur deux ou sur trois on but quatre, est frappé plus fortement, et nous lui attribuons le premier rang, en comptant et en appuyant UN9 deux; UN, deux, trois; UN, deux, trois, quatre ; nous recommençons sans cesse, et nous créons ainsi, avec notre imagination, des séries égales de bruits régulièrement espacés, le premier de chaque série étant plus accentué.

L'horloge, avec son balancier, nous a donné l'ordre dans les sons ; nous y avons à notre tour introduit la mesure : nous sommes ainsi en possession de l'ordre cl de la mesure dans des sons en mouvement i nous avons un rythme. L'accent doit donc se reproduire péiimUquement.

La durée des silences nous a donné les intervalles de temps,

Pordre, régulier ou irrégulier : PACCENT nous permet de mesurer cet ordre, cette régularité ou irrégularité, en se reproduisant à intervalles plus ou moins espacés.

413. — Écoutons maintenant le galop d'un cheval ; on peut le figu-

guer rythmiquement en figures de durée • £ £ J^J* j^J^ ^ ,

de trois sons successifs ; après les deux premiers sons (considérés comme instantanés), des silences égaux ; après le troisième, un silence égal à la fois à la durée du son précédent et au silence précédent : le troisième son semble plus accentué.

Comme elle l'a fait pour le tic-tac de l'horloge, ittrtre imagination pourra assembler ce rythme du galop par deux, trois, quatre couples ; donner à chaque son une hauteur différente» Exemple : '

ou

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414. — Selon que nous avons groupé DEUX moiifs rythmiques, élémenis rythmiques* ou simplement rythmes (toutes ces expressions sont synonymes) ; ou TROIS rythmes semblables, en doublant en quelque sorte la force du premier accent de chaque groupe, nous avons constitué des mesures ordonnées^ deux ou trois temps. (Nous disons doubler la force du premier accent, parce qu'à cet accent s'ajoute la force du premier temps qui est un temps fort.)

415. — D'une façon générale, tout motif rythmique commence ou finit par un ACCENT.

Ces accents n'ont rien de commun avec V açcentuation du temps fort; mais, dans la généralité des cas, ils se confondent ensemble, s'ajoutant l'un à l'autre. Le temps fort n'est en réalité, cependant, qu'un point d'appui pour la mesure et ne se déplace jamais.

Les accents rythmiques peuvent au contraire se déplacer, se trouver sur des temps faibles, Voire même sur des parties faibles de temps ; la syncope donne lieu à des rythmes de ce genre, et tout rythme de ce genre, s'il se produit sur la même note répétée, donnera l'impression d'une syncope. '

Résumons maintenant ces premières notions

aspirât in h

expiration A.

Rythme, motif rythmique, élément rythmique : expressions synonymes.

L'accent rythmique (au début ou à la fin d'un rythme) ne doit pas être confondu avec le temps fort, malgré leur coïncidence fréquente.

Tout groupe de sons successifs séparés par des temps égaux ou inégaux, mais émis dans un ordre déterminé et mesurable, s'appelle RYTHME (motif rythmique, élément rythmique).

Trois sons au moins sont nécessaires pour apprécier la nature d'un rythme; un des sons porte un accent : c'est le premier ou plus fréquemment le dernier. (Deux sons ne nous donnent que l'idée de nombre ou de succession.)

Le groupement des rythmes semblables se fait, suivant la force des accents, par mesures de deux ou trois temps. (La respiration normale de l'homme est un bon exemple de rythme à 3 temps, très simple) :

Résumé des notions précédentes.

La succession régulière, en NOMBRES PAIRS ou IMPAIRS, d'un même motif rythmique, se répétant plusieurs fois avec des intonations semblables ou différentes, a introduit L'ORDRE DANS LE MOUVEMENT DES SONS, condition que nous avons reconnue indispensable pour la perception et la mesure du rythme.

L'accent a précisé cette mensuration, comme le temps fort a conditionné la mesure ; mais alors que le temps fort est toujours le premier dans une mesure, l'accent du rythme peut se trouver sur n'importe quelle note du groupe constituant un motif rythmique.

Cette succession, à des moments régulièrement espacés, des

mêmes motifs rythmiques (sur des sons de hauteur semblable ou différente) est dite symétrique.

Périodes ryth- 417. —11 s'en faut cependant que toutes les mélodies aient ce genre mta»s : symétrie de symétrie : la plupart se composent au contraire de successions de P**10* que* motif s rythmiques différente, formant ce qu'on appelle des groupes ou PÉRIODES RYTHMIQUES. Ces groupes se reproduisent le plus souvent avec des intonations diverses ; mais, figurés en valeurs (sans intonations), ils se ressemblent beaucoup et sont fréquemment identiques, deux par deux, trois par trois* quatre par quatre. Ils ont entre eux une SYMÉTRIE PÉRIODIQUE (nombres réguliers) :

2' Groupe 1er Groupe

ltr Groupe

. JTTTj" Jjijj'. Jj-|j:jj

2* Groupe *

,Frë.re Jacques, Frè.re Jacques^dormez • vous? dormez - Période Période

lc.r Groupe

2? Groupe

etc.

j nn |j j nn\iJ

vous? Sonnez les m» . li . nés. sonnez les ma . ti . nés

Période

{groupes symétriques, de même rythme deux fois répète sans interruption).

Période

Période

t J'ai du bon tabac jfrinsma ta.ba . tiè.re^ J'ai du bon tabac \u n'en nu .ras pas|

A*r 2* Groupe ivnmnn» 2e Grmin**

1er Groifpe

l*r Groupe

2e Groupe B'

(2 groupes composés de motifs rythmiques alternatifs : A + B A' + B').

On peut faire une recherche analogue sur des chansons connues des enfants; on remarquera que, dans presque toutes ces chansons, les accents rythmiques coïncident avec les temps forts ; nous utiliserons cette particularité un peu plus tard, pour la recherche de la mesure exacte d'une mélodie notable à 2 4 3 6 4OU4;4°U8-

Coïncidences des pé- 418. — Les périodes rythmiques coïncidant avec les membres de riodes rythmiques avec pnrase d'une mélodie, le groupement de périodes avec la phrase les membres de phrases. entiè dans la généralité des cas, on en fera l'observation aux élèves, avec te phrases musi- ^ leurindiquant simplement l'usage des termes «phrases »,« membres

de phrase » et en assimilant ces termes aux termes analogues en

usage quand il s'agit de la langue parlée.

419. — D'une façon générale, les éléments rythmiques de deux périodesgroupées, comprenant un NOMBRE EGAL DE MESURES,

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sont suivis d'un NOMBRE ÉGAL D'ÉLÉMENTS comprenant le repos, terminaimôme nombre de mesures. • «L^Lw^lwI

miquê* porte toujours

Chaque groupe de deux ou trois périodes (ou parfois môme ^a^tun\emp8hrt chaque période) se termine par un REPOS ( temps d'arrêt, silence momentané interrompant la mélodie , ou valeur plus longue) : ce repos forme ce qu'on appelle une demi-cadence, au repos final étant réservé le nom de cadence : le repos porte toujours Vaccent rytbmique ; le repos final est un temps fort

On bornera là les notions rythmiques pour le cours élémentaire ; elles renferment l'essentiel de ce qu'il faut savoir.

420. — • On ajoutera cependant ceci, qui est susceptible d'éveiller la curiosité musicale des enfants et qui, au fond, a une grande importance : le rythme est à ce point caractéristique d'une mélodie, qu'en le frappant simplement avec les mains ou une baguette , on reconnaît la mélodie, on la retrouve, même si on l'a oubliée. Si, sur une succession de rythmes périodiquement identiques à ceux d'une mélodie donnée, on compose une autre mélodie, on aura peine à ne pas les confondre : on dira toujours qu'elles se ressemblent.

421 . — Au contraire, si, A VEC LA MÊME SUCCESSION DE SONS, Transformation d'une dont on aura modifié Vagencement rythmique, .on invente plusieurs ^8°^t^n^ne a^u^0em mélodies, bien que composées de sons ordonnés de façon identique, difica^onedu%vVthm^Ta elle pourront être absolument différentes. succession et la hau-

Par exemple, la transformation suivante de « J'ai du bon tabac » t«*r de* 80718 restant ne permet pas de retrouver l'air bien connu de la chanson : les même8-

Le rythme est caractéristique d'une mélodie.

Après que je leur eus fait connaître cette particularité, j'ai vu plusieurs petits enfants de mon village s'essayer à transformer ainsi les chansons qu'ils connaissent ; c'est au fond l'éveil de la pensée musicale, pensée dont l'usage, contrairement à l'opinion courante, est accessible à plus de gens qu'on ne croit. Il n'y a que sept sons dans la musique : une grande part de l'invention musicale est dans leur agencement rythmique. Bien des mélodies des maîtres, qui sont identiques comme successions de sons, ne se ressemblent aucunement et expriment des idées musicales souvent fort dissemblables, étant établies sur des rythmes différents.

422. — Exercices : Faire rechercher, dans les chansons connues des enfants (rondes, chants nationaux), les différents groupes rythmiques, les périodes, les phrases et membres de phrase; la place et la qualité des accents, etc.

Les nuances. — L'expression.

423. — Une mélodie chantée de façon uniforme est peu agréable à entendre.

Quand on chante, on sait déjà accentuer certains sons, leur donner plus de force qu'aux autres.

Nuances, expression.

, Cette accentuation ne suffit pas ; une mélodie ne prend tout son relief que par l'expression, le sentiment avec lequel on la chante. De là des oppôsitions de nuances, mot qu'on emprunte à la terminologie des couleurs. On chante tantôt avec douceur, tantôt avec une intensité plus grande des sons ; on augmente ou on diminue progressivement cette intensité, depuis la plus grande force jusqu'à la plus grande douceur.

Un vocabulaire spécial sert à indiquer ces nuances, à préciser le moment où il faut, dans un sens ou dans l'autre, modifier l'expression de la mélodie.

Nomenclature des 424. — On donnera aux élèves une nomenclature aussi succincte que tances d expression. possible des termes employés à cet effet, en les expliquant et en précisant leur emploi. On fera surtout remarquer que la nuance indiquée est toujours relative au caractère de la mélodie chantée. Tous les ff tous les j> n'ont pas la même intensité et il arrive que le f de telle mélodie corresponde au p de telle autre et réciproqùement. Il y a également des f dans la douceur et des p dans la force : ils ne peuvent être mesurés rigoureusement .

425. — Pour l'indication des nuances on se sert de mots italiens : on indique, à l'endroit voulu, sous la portée, la nuance nécessaire par sa lettre initiale :

Chanter fort s'exprime par le mot forte que l'on écrit f.

— doux — — piano — p.

— avec une force mitigée — mezzo forte — mf.

— très fort — fortissimo — * ff.

— très doux — pianissimo — pp.

Les nuances d'expression suivantes s'écrivent en toutes lettres :

Une nuance générale de douceur : dolce, dolcissimo (très doux) ;

— de force : con forza;

— de légèreté : leggiero ;

— d'expression : espressivo, espress, con espres-

sione;

— d'augmentation progressive de force ou de

douceur : crescendo (cresc), decrescendo (decresc).

Nuances de mouve- 426. — Les indications générales de mouvement s'inscrivent au mL commencement du morceau de musique; les plus employées sont les .

suivantes :

Mouvement lent (plus ou moins) : lento, adagio, andanle, andantino.

— large — — largo, larghetto.

— vif — — prestissimo, presto, allegro, allegretto. -"7^ point d'orgue, signe d'arrêt momentané, non mesuré, plus ou moins prolongé.

A toutes ces indications, on joint fréquemment les expressions suivantes, qui étendent ou restreignent le sens des indications générales de nuances ou de mouvements :

PAR L'ÉDUCATION DE L'OREILLE 215

vif — vivace (ex. allegro vivacé)

avec feu — coh fuoco

animé — animafo

très - assai

beaucoup — mollo

à l'aise — comodo

bien marqué — ben marcalo

à volonté — a piacere, ad libitum

pas trop — non troppo

un peu — un poco

presque — quasi

en se jouant — scherzando

maesloso — majestueux

On trouvera d'ailleurs, de toutes ces expressions, une nomenclature complète dans toutes les « théories musicales ».

En même temps que toutes les indications de nuances et de mouve- La liaison (coulé), ment, on emploie, pour indiquer que les notes doivent être très soute- de nuance d'ex-

nues dans un groupe rythmique, un signe semblable à la liaison - — > Pres#ionqu'on appelle ici un « coulé » parce que les sons qu'ils soulignent semblent couler de l'un à l'autre. Ce signe se place au-dessus ou au-dessous des notes ;

te ^jTO|JJjJ.|J.JlT]|J

427. — Les accents s'indiquent par les signes : Signes des accents.

Accent dont la force va en diminuant >. Accent dont la force va en augmentant <•

Une augmentation progressive de force pour un fragment mélo* dique (équivalente au mot crescendo) s'indique par un soufflet dont la pointe est à gauche : J

Une diminution progressive de force, par un soufflet dont la pointe . est à droite : "..

Un accent brusque et violent par le mot sforzato9 qu'on écrit sf ou sfz :

Un accent renforcé par le mot rinforzando9 qu'on écrit rf9 ou rfz ; on remplace souvent sf ou rf par le signe \ placé au-dessus d'une

note j».

D. C. (da capo : depuis la tête, le début) indique un. retour au début.

De même, un tiret placé au-dessus ou au-dessous d'une note, indique une aorte d'appui élastique. On dit que la note estlourée p J,

On expliquera également les signes destinés, en certains cas, à faciliter la lecture : octave 8»; doubles-barres de reprises |; | | ;|; signes de répétition | f \ A? \ >f | etc.

On s'en tiendra, pour le cours élémentaire, aux expressions les plus usuelles,

Résumé général des notions relatives au rythme.

Recherche, par le rythme , de la mensuration exacte d'une mélodie, et du temps sur lequel elle commence.

sans charger la mémoire des enfants de notions encombrantes et dont ils n'auraient pas l'application fréquente : le mieux est de leur faire connaître toutes ces expressions à mesure que leur emploi deviendra nécessaire.

Rien ne s'oppose d'ailleurs à ce que les plus courantes de ces expressions soient mises en usage dès le début des études musicales, particulièrement les indications forte et piano.

428, — Résumons maintenant toutes les notions relatives au rythme et insistons sur l'importance de VÉGALITÉ DANS LES PROPORTIONS AMÉRIQUES (la seule à envisager ici) de la périodicité rythmique.

Nous sommes partis de la division de la durée en temps égaux :

De groupements différents de temps égaux nous avons constitué des mesures.

De ces mêmes groupements de temps égaux en durée et en force, nous avons tiré la notion de régularité dans l'émission des sons ;

De cette régularité, scandée par des accents frappés à intervalles réguliers, nous avons tiré la notion du rythme régulier, composé de sons séparés par des silences égaux, avec un accent sur le premier ou sur le dernier son.

Du groupement de sons séparés par des silences inégaux en durée (ou, en cas de sons prolongés, de sons inégaux en durée) se répétant à intervalles réguliers après un accent, nous avons tiré la notion de rythmes différenciés;

Tous ces groupements de quelques sons ainsi groupés ont été dénommés motifs rythmiques ou éléments rythmiques ;

D'un ensemble (Péléments rythmiques semblables ou différents nous avons tiré la notion de période rythmique, correspondant à un groupement de 2 ou 4 mesures (quelquefois 3 mesures) ;

D'un ensemble de deux (quelquefois trois) périodes rythmiques.de même nombre de mesures nous avons tiré la. notion d'un membre de phrase musicale;

De la réunion de deux (quelquefois trois ou quatre) membres de phrase musicale, nous avons tiré la notion de la phrase musicale qui aboutit à un arrêt donnant un sentiment de repos plus ou moins complet, ou, comme on dit, à une cadence sur un temps fort.

429. — De l'ensemble de ces notions nous pouvons tirer des conclusions pratiques, qui nous permettront :

1° D'attribuer à une mélodie la mesure exacte qui lui convient :

jou^ ; £ ou ^ ; gou g (ce <Iue nous avions déjà appris en partie

pour les mesures à 4 temps, en prenant considération de V accentuation plus ou moins forte de certaines syllabes) ;

2* De reconnaître, quand une mélodie ne commence pas sur le premier temps, sur quel temps ou sur quelle fraction de temps elle commence.

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A cet effet on procédera, comme on Ta fait déjà pour les groupements 3 6

des valeurs à 2 ou 4 temps, à - ou - (tit. XVIII et XXIX), en recherchant 8 8

la place des accents dans des chants avec paroles. Les enfants étant déjà quelque peu familiarisés avec cet exercice, on les habituera à choisir pour la notation d'une mélodie, les figures de notes les mieux appropriées au

caractère rythmique de cette mélodie J ou J, J ou #T, ( ?

j ou g), etc.

430. — Étant donné, par exemple, l'air de « J'ai du bon tabac », ou tel autre de même genre, on le fera noter par un élève, au tableau, ou, au besoin, le maître le notera lui-même de la façon suivante, sans oaroles, après l'avoir fail toutefois chanter avec son mouvement normal:

Cette notation donne-t-elle satisfaction à l'œil, au point de vue de la concordance du mouvement réel de la mélodie avec la notation choisie? Cette notation est-elle bien celle qui convient? Ne pourrait-on en trouver une autre qui donnât mieux l'image du mouvement réel? qui n'obligeât pas à" chanter lourdement cette chanson légère ?

Après recherche, et au bout de très peu d'instants, les enfants proposeront la notation, proportionnelle à la précédente, en croches et en doubles croches, qui figure mieux la vivacité et la légèreté de la mélodie.

431. — Dès lors, on hésitera sur la mesure à appliquer à la nou-

velle notation. Le chiffrage sera-t-il ^ ou encore ^ par réunion de

deux des mesures de|la version primitive, transcrite à^?

On décidera pour la mesure à ^» la mesure à g> par une battue trop

rapprochée des temps, alourdissant la diction ; de plus, raison

déterminante^ la mensuration à ^ introduit des frappés (temps forts)

(accents rythmiques qui coïncident avec le premier temps) sur des sons qui manifestement ne portent pas d'accent.

Mais notre disposition à ^est elle bien exacte? Oublions les

paroles, qui nous ont jusqu'ici guidés pour trouver, par leur acoeniualion, la place exacte de» temps forts. Cherchons cette placé uniquement dans les éléments que nous fournit la mélodie seule :

Recherché des tempe Chantons cette mélodie, en la rythmant bien, sur la syllabe la : sur quels

LZnîf'l* lL HOlTïJJZ 80n8 donnons-nous l'appui* Allons tout droit au dernier son. Nous reconaccents et la note finale . ....... -

toujours accentuée naïtron8 de suite, en le chantant à plusieurs (temps fort). reprises avec tout le groupe rythmique qui

le précède, qu'il est appuyé, accentué plus

fortement que les précédents. D'ailleurs cet accent est normal : quand on

cesse de marcher, qu'on s'arrête, on appuie le pied, on ne le relève pas.

Le pied termine la marche, si Ton peut dire, sur un temps fort.

433. — Sans s'arrêter aux exceptions apparentes et qui sont fréquentes, le maître donnera comme principe absolu que toute mélodie, toute phrase mélodique finit sur temps for% sur un premier fem/w, et n'indiquera comme exemples que des mélodies finissant ainsi (sans appogialure finale).

Notre air doit donc finir sur un premier temps, ce qui nous oblige à avancer vers la droite toutes nos barres de mesure de l'espace d*une demi-mesure, et par conséquent à ajouter une barre de mesure après le premier groupe de 4 double-croches qui commence la mélodie, en faisant précéder ce groupe d'un soupir pour remplacer le premier temps.

.raidit bout», bac

1"/ Groupe 2'Groupt* îviïroupr 2». Groupe

1r* Période

2* Période

Remarquons que, cette fois, les premiers temps coïncident avec les accents des paroles, les périodes rythmiques finissent sur des accents plus forts que les autres premiers temps, et la fin de la phrase tombe bien sur un accent très appuyé»

Figuration en valeur» 434. — On fera observer, 6ans entrer dans des détails inutiles, que les rythmiques d'une mélo- groupes rythmiques de cette mélodie sont rendus plus apparents si on les die donnée* dégage de certaines notes, qu'on peut supprimer, pour cette analyse, sans

altérer le sens de la mélodie :

Y* Période

rm 1 1 -n i J =

2! Période

ÈÉâSl

un

Le caractère symétrique des groupes rythmiques ressort mieux ainsi et l'impression d'équilibre de la mélodie devient très vive.

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On peut refaire cette démonstration sur une autre mélodie

Jr.« Période

Phrase musicale

2^ Période

W On remarque là aussi des notes supprimées, dont l'omission laisse à la mélodie son caractère rythmique spécial et n'empêche 'pas de la reconnaître à première audition.

Les enfants devront être exercés progressivement à dégager ainsi les éléments rythmiques des diverses mélodies qu'on leur fera chanter.

435. — De même que la progression suivie, depuis le début de cet enseignement, a tendu à développer chez l'enfant le SENS TONAL, en créant en quelque sorte chez lui le désir de la Ionique, de même les exercices RYTHMIQUES devront être organisés de façon à faire naître la sensation et, par suite, le BESOIN, le DÉSIR de la PÉRIO- DICITÉ DES RYTHMES ANALOGUES, non pas sous la forme unique de la répétition immédiate de courts MOTIFS RYTHMIQUES IDENTIQUES, mais PAR LE RETOUR PÉRIODIQUE de groupes RYTHMIQUES ÉQUIVALENTS, aboutissant, après une durée sensiblement égale, à des repos et donnant ainsi une parfaite impression d'ÉQUILIBRE.

436. — On commencera néanmoins par des successions de MOTIFS RYTHMIQUES identiques, pour arriver progressivement à des oppositions de rythmes différents, mais de nombre équivalent.

C'est pourquoi on ne devra faire usage que de mélodies à rythmes francs et de mensuration très régulière : on s'abstiendra donc de faire chanter toute mélodie dont la contexture rythmique serait vague et indécise, comme il arrive trop souvent dans les recueils basés sur des chants populaires ou soi-disant tels, le plus souvent mal transcrits, tant au point de vue tonal qu'au point de vue rythmique.

Si l'on ne veut pas dérouter les enfants, il est nécessaire de ne leur faire connaître que des mélodies bien, tonales et de rythmes très facilement discernables. Agir autrement, même sous le vain prétexte de moderniser cet enseignement, c'est aller contre la fin qu'on se propose : V éducation musicale de V oreille, sens de la ionaWé, sens du rythme.

437. — On opérera, pour les mesures à 3 temps et les groupements ternaires des temps, de la même façon que pour les mesures à 2 et 4 temps et les groupements binaires et quaternaires des temps : recherche des accents, après rappel du principe que la note finale doit tomber sur un temps fort. On tiendra compte du mouvement de la mélodie, en se rappelant que, pour un mouvement ternaire LENT, on a rarement avantage à réunir les mesures à 3 temps en groupes de deux, de trois ou de quatre. Les exceptions possibles ne seront pas envisagées dans des cours élémentaires. Mais, pour les mouvements

L'ensemble d'une tné* lodie, quand elle est bien mesurée, donne une parfaite impression d'équilibre.

Choisir des mélodies à ryhtmes très francs et très réguliers.

Extension des analyses précédentes aux mesures à 3 temps et aux mesures composées.

vifs, on fera toujours rechercher si, le premier groupe ternaire aboutissant à un accent, sans paraître commencer par un accent, on

n'a pas avantage à mesurer la ^mélodie en g plutôt qu'en g ou en^»

Ex:

Mun ptr' m'a don . ne un ma . ri etc.

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Des tableaux de ce genre frappent beaucoup les enfants, font travailler leur imagination et les portent à faire des recherches analogues qui les intéressent très vivement :

438. — Jusqu'ici, nos analyses n'ont porté que sur des mélodies commençant franchement sur un temps, faible ou fort.

Recherche du temps Beaucoup de mélodies commencent sur une FRACTION DE TEMPS, sur lequel commence la que ce temps soit fort ou faible.

mélodie (temps ou frac- L'analyse rythmique de ces mélodies se fera d'abord à l'aide des paroles, en partant, comme on l'a fait précédemment, de chansons connues des enfants.

On partira d'une chanson telle que celle-ci:

tion de temps).

Que t'a* de bel. les fil. lus Gi . ro. fiée Gi.ro

.fia Que l'a* de beLleft fil . les l'amour m'y compt' - r»

PAR L'EDUCATION DE L'OREILLE 221

Laissant la mélodie de côté, on prononcera les paroles avec la cadence qu'elles ont dans le chant : au premier accent rencontré sur FI lies, on reviendra au commencement sans interruption, en comptant sur ses doigts des temps égaux à partir de la syllabe FI

doigtai 234 1 2 34 i

I Que I'hs de belles I fiLles que t'as de belle» I filJ»* quc**t as de belles fil.les compt.e7 «tir les doigt*

efe

dès la seconde répétition, les enfants auront trouvé que la mélodie commence sur le second temps d'une mesure à 4 temps; et que, en resserrant la nota-

tion dans une mesure à - , la mélodie commencera sur la seconde moitié du

premier temps.

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