TITRE VIII
QUESTION : Le nom des intervalles simples. — Étude de la seconde.
Répétition d'un même son : son unique, unisson.
47. — Le maître, sous forme de questions sur les notions acquises précédemment, montrera qu'on a appris que :
1° Les sons musicaux sont au nombre de sept;
2° Us sont classés en une série ordonnée d'après leur rapprochement et appelée gamme ;
3° On peut avec la voix faire certains mouvements de montée ou de descente ;
4° Pour exprimer et figurer ces mouvements, on les compare ; et on les représente par une échelle dont chaque degré est caractéristique d'un son déterminé.
5° Entre deux sons différents de la gamme, comme entre deux degrés de l'échelle, il y a un espace, un intervalle.
48. — Si l'on répète le même son, il n'y a pas d'intervalle, puisqu'on ne monte ou ne descend pas : on reste à la même place.
Un son répété autant de fois qu'on le voudra est toujours unique comme individu : si nous nous regardons par réflexion dans deux glaces opposées, nous apercevons notre image un très grand nombre de fois; cependant nous ne faisons qu'un seul individu.
Pour exprimer qu'un son est répété deux ou plusieurs fois, c'està-dire qu'il n'y a qu'un «on, qu'il est unique, on dit que ce son est reproduit à V unisson (son unique).
La répétition d'un son s'appelle UNISSON.
49. — Puisque la gamme renferme sept sons, il est évident qu'entre l'un quelconque de ces sons et chacun des autres, on peut considérer des rapports de hauteur; c'est-à-dire que, prenant l'un quelconque des sons, on peut comparer sa hauteur à celle des autres sons :il y a donc sept rapports de sonst donc sept intervalles.
On peut dire que, par rapport au son I, le son III est dans le rapport de 1 à 3, ce qui revient à dire qu'il est la troisième unité après 1, et ainsi des autres.
On simplifie cette façon de dire en donnant des noms aux intervalles ainsi considérés, de même qu'on donne le nom d'unisson à la répétition d'un même son.
La dénomination des 50. — Si donc, en partant d'un son, on continue la gamme en monintervalles est basée ^ant ou en descendant, le premier son que l'on rencontre à distance
Chaque son de la série pouvant être comparé à chacun des autres, il y a sept rapports, donc sept intervalles différents.
PAR L'ÉDUCATION DE L'OREILLE
d'une unité est le second par rapport au son qui a servi de point de sur la différence de houdépart ; on dit qu'entre les deux sons ainsi envisagés, il y a un inter- , tV*T.^t deux <on*» con" valle de seconde. Si c'est le troisième son, on dira qu'il y a un intervalle p0f< Ju J£J£ £e r^m de troisième, ou tierce, etc. cun occupe sur l'échelle.
D'une façon générale, en montant ou en descendant la gamme :
Le son différant d'une unité (I II) (II-III), etc., d'un autre son, c'est-à-dire le deuxième son conjoint après un autre, forme avec lui un intervalle de deuxième ou SECONDE : il s'écrit en abrégé 2de.
Le son différant de deux unités d'un autre son (I-III) (II-I V) (3e son conjoint), forme avec lui un intervalle de troisième ou TIERCE : il s'écrit 3<>e.
de S unités (4« son conjoint) (I-IV), intervalle de quatrième ou QUARTE : il s'écrit 4" ;
de 4 unités (5e son conjoint) (I-V), intervalle de cinquième ou QUINTE : il s'écrit 5";
de 5 unités (6e son conjoint) (I-VI), intervalle de sixième ou SIXTE : il s'écrit 6" ;
de G unités (7* son conj oint) (I- VII), intervalle de SEPTIÈME : il s'écrit 7me;
de 7 unités (8e son conjoint) (I-VIII), intervalle de huitième ou OCTA VE : il s'écrit 8V«.
51. — Ainsi donc, quand on chante, par exemple, le deuxième son de la gamme et qu'on le fait suivre du sixième son en montant, on dit que le sixième son est la QUINTE du deuxième, puisqu'en suivant la série : deux — trois — quatre — cinq — six, le nombre six est le CINQUIÈME compté et nommé après deux, et que, de deux à six, il y a une différence de quatre unités.
Et comme le mouvement se fait en montant, on dit que le sixièmè son de la série est à la QUINTE SUPÉRIEURE du deuxième: ou encore qu'il est la QUINTE supérieure du deuxième.
Inversement, si l'on partait du sixième son pour aller au deuxième en descendant, on dirait que le deuxième son est à la QUINTE INFÉ- RIEURE ou qu'il est la QUINTE inférieure du sixième.
Cela s'appelle aussi : monter ou descendre de QUINTE et se dit de n'importe quel intervalle ; on monte , ou descend de SECONDE, quand on vâ du son I au son II ou de II à I ; on monte ou descend de TIERCE, de QUARTE, etc.
52. — Il est nécessaire de reconnaître à première audition et aussi bien de pouvoir chanter (donner l'intonation) n'importe quel intervalle, de la même façon qu'on apprend à connaître les sons parlés, à les distinguer et à dire quelles voyelles et quelles consonnes entrent dans leur constitution : par l'exercice, on arrive à se représenter mentalement les sons conjoints séparant deux sons disjoints, de même qu'après avoir commencé par épeler les mots, on les lit d'un seul coup d'œil parce qu'on les épelle mentalement.
Les noms des inter»
valles et leur constitution numérique» d'après le nombre de sons conjoints qui les forment.
On distingue les in terv ailes en ascendants ou supérieurs ; descendants ou inférieurs.
Nécessité de discerner la quantité d'un intervalle à première audition, de le chanter dès qu'il est indiqué.
!' j&ude de l'intervalle 4#MOonde : comment ii f^/ouf procéder.
Comment /aire les interrogations.
Pour cela, il faut étudier chaque intervalle séparément. Gomme il n'y en a que sept, c'est une étude beaucoup plus simple et plus facile que l'étude de la constitution du langage parlé, que Ton fait quand on apprend à' lire ; il faut arriver à entendre intérieurement les sept intervalles, comme on entend intérieurement les mots qu'on pense.
Nous commencerons cette étude par celle de l'intervalle de SECONDE, qui est l'intervalle qui sépare deux sons aussi rapprochés que possible, puisqu'il s'agit de deux unités consécutives.
53. — Reprenant la série des sept sons, nous voyons tout de suite qu'on peut la considérer, en montant, comme une suite de secondes consécutives: I-II; II-III; III-IV, etc., et, en descendant, VIII-VII; VII-VI, etc. Cet exercice sera d'abord chanté par le maître et les élèves, puis par tes élèves seuls.
Lorsque, dans une progression ascendante, on aura atteint l'octave (son VIII), on donnera plusieurs fois l'intonation VIII-I et l'on reprendra une seconde fois la même progression.
De même, dans une progression descendante, une fois revenu au son I, on donnera l'intonation I-VIII à plusieurs reprises et l'on répétera l'exercice.
54. — Après avoir fait une série de ces exercices, pour s'assurer que les différents intervalles de seconde sont bien retenus et assimilés, le maître pose quelques questions :
1° Je chante I, donnez le son II; III, donnez V; V, donnez IV; VIII, donnez VII, etc.
2° Le maître chante une seconde ; il demande si elle est ascendante ou descendante. Lequel des deux sons est le plus élevé? Comment qualifie-t-on l'intervalle ascendant de III à IV, descendant de VI à V, etc. (L'enfant doit répondre : seconde supérieure ou inférieure, suivant le cas.)
3° Le maître chante I-III ; les deux sons sont-ils conjoints? quel est le son intermédiaire? Même exercice sur I-IV, I-V, etc., et sur des intervalles descendants. Les élèves, dans leur réponse, devront toujours chanter les sons intermédiaires supprimés, en nommant leur numéro d'ordre.
4° Chantez les secondes comprises entre le 1er et le 5e degré de la gamme, entre le 1er et le 6e, etc. Mêmes exercices sur les secondes descendantes.
5° Je chante tel degré : trouvez tel degré, en montant ou en descendant.
Pour tous ces exercices, les enfants peuvent, en même temps qu'ils chantent, compter les degrés cherchés sur leurs doigts.
PAR L'ÉDUCATION DE L'OREILLE