‹ L'enseignement de la musique par l'éducation méthodique de l'oreilleChapitre 23 sur 114 · IV IV · texte numérisé non relu

IV IV

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Puis on fera remarquer aux enfants, en le reproduisant sur l'harmonium, que l'effet produit par l'ensemble des voix a été celui-ci :

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Ce résultat équivaut donc à chanter tous les sons de la gamme simultanément à deux hauteurs différentes.

82. — Le maître frappera alors un son et demandera aux enfants combien il frappe de sons. La réponse obtenue, il frappera une octave, puis trois sons formant deux octaves, et, chaque fois, posera la question : Combien fais-je entendre de sons ?

Faisant entendre la seconde I-II, ii posera encore la même question — puis la renouvellera pour la seconde III-IV et VII-VIII.

83. — Il demandera quelle est l'impression produite par l'octave I-VIII comparée à celle de MI; puis de III-IV, ces sons étant frappés simultanément?

Frappant deux sons simultanément à l'octave, le maître fera remarquer qu'il est difficile de les différencier, de les séparer; ils se confondent, donnant l'impression d'un seul son ; ils sonnent ensemble, on dit qu'ils sont consonanls, qu'ils forment une consonance ; il en est de même pour les octaves, les tierces, les sixtes, dont on donnera, en les frappant harmoniquement, de nombreux exemples.

Frappant ensuite simultanément les deux sons d'une seconde mineure, par exemple : do ré [?, à l'harmonium et conservant les touches baissées, il fera remarquer les battements que produit la dissonance ainsi entendue. Les deux sons semblent aboyer, si l'on peut dire, l'un contre l'autre. C'est qu'ils ne sont pas d'accord; quand deux personnes ne sont pas d'accord, on dit qu'elles ont une cfàscussion, une dispute, qu'il y a la discorde entre elles ; la syllabe (préfixe) dis indique toujours que les mots expriment une idée de désaccord.

Quand deux personnes ne sont pas d'accord, c'est que généralement chacune désire une chose différente.

Il en est de même des sons qui ne sont pas d'accord, parce que l'un désire monter, pendant que l'autre veut descendre, ou que l'un des deux veut rester en place pendant que l'autre veut descendre ou monter d'un degré. On les met d'accord en laissant chacun d'eux suivre sa résolution de monter, descendre ou rester en place.

Premier exercice d'audition de sons simultanés.

la dissonance

conde)

Par exemple dans le cas présent, si on laisse ré b en place et qu'on fasse descendre do d'un degré en le remplaçant par si\>* on entend une tierce mineure qui est une consonance.

On dit alors que do est dissonant par rapport à ret>, que la seconde mineure est une dissonance et que cette dissonance do a fait sa résolution sur st'b en produisant une consonance.

Quand deux chiens se disputent de très près, ils se mordent : de loin, ils aboient plus ou moins fort, suivant la distance qui les sépare.

De même deux sons dissonants très rapprochés mordent l'oreille plus fort que s'ils sont éloignés, s'ils forment un intervalle plus grand : si l'on frappe ré\> do simultanément (septième majeure), les battements sont moins accentués, la dissonance est moins dure pour l'oreille.

On apprendra par la suite à connaître les principales harmonies dissonantes et la façon dont, par leur résolution, on les amène à des consonances.

Notion de la con- Dans l'octave, l'impression est douce à l'oreille; dans la seconde, elle î!?n^oo««l«r? e\ de es* désagréable . C'est que les deux notes de l'octave donnent un son (8e. gem^a^e^ ejjeg s»accordent si bien qu'on les confond, on dit qu'elles sont consonantes. Lai seconde, quand les deux sons qui la forment sont entendus simultanément, donne une impression dure; les sons ne s'accordent pas ensemble ; ils sont discordants ; mais par opposition à ceux de l'octave qui forment consonance (étant consonants), on dit de ceux de la seconde qu'ils forment dissonance y parce qu'ils sont dissonants.

L'octave est une CONSONANCE.

La seconde est une DISSONANCE.

84. — Lorsque plusieurs personnes font de la musique en même temps, on entend bien que toutes ne jouent pas les mêmes sons; comment peut-on arriver à reconnaître quels sons joue tel ou tel exécutant, ou simplement combien de sons se font entendre à la fois?

Pour cela, il faut apprendre à ÉCOUTER ce qu'on entend, comme on s'exerce à REGARDER ce qu'on VOIT. Entendre et écouter ce n'est pas la même chose ; voir et regarder non plus. Si je demande qu'on me dise combien il y a. de livres sur les rayons d'une bibliothèque, combien de patères à un porte-manteau, on me répondra : « Il faut que je compte. »

85. — Cela prouve une chose : qu'on ne peut regarder deux choses à la fois; on les voit ensemble; mais on les regarde l'une après l'autre. Si je dis à un enfant : « Regarde ton doigt et dis-moi ce que lu VOIS ? » l'enfant sera embarrassé : il faut lui faire observer qu'il voit bien son doigt dans sa forme générale, mais qu'en réalité, il regarde successivement chacun des points de ce doigt et qu'il ne peut en regarder qu'un à la fois. Mais il regarde tous les points successifs du doigt, garde le souvenir de chaque point et finalement les assemble dans sa mémoire pour avoir l'idée de la forme du doigt pu des signes particuliers qui l'ont frappé.

11 a donc fait une analyse et une synthèse.

Il en est de même pour les sons musicaux : on ne peut en écouler deux à la fois, bien qu'on les entende simultanément.

Comment on arrive à écouter deux sons entendus simultanément.

PAR L'ÉDUCATION DE L'OREILLE

86. Donc, pour pouvoir ÉCOUTER deux sons et obtenir V IM- PRESSION qu'on les ENTEND ensemble, il faut en rapprocher le plus possible les intonations comme ceci : (le maître frappe deux sons à l'harmonium, en succession d'abord lente, puis de plus en plus rapide, jusqu'à ce que les sons se confondent pour l'oreille.)

Les sons simultanés analysés successivement puis rapprochés dans un mouvement de plus en plus rapide (resserrement dans le temps).

Si Ton regarde la main qui frappe les touches, on voit qu'au moment où la vitesse est le plus grande, les doigts semblent s'appuyer 'simultanément sur le clavier : c'est unè impression du même genre qui se produit dans l'oreille; c'est celle aussi qui résulte, au cinématographe, du passage très rapide devant les yeux d'une série de photographies dont chacune représente un instant extrêmement court dans un mouvement ; presque tous les enfants connaissent ce jeu qui consiste à faire tourner rapidement une allumette en train de charbonner et dont l'extrémité brille ; la rapidité du mouvement laisse dans l'œil la sensation d'un cercle lumineux continu, alors qu'il n'y a qu'une étincelle qui change trop vite de place pour que nous puissions compter chacun des points qu'elle parcourt; une baguette vivement agitée semble une surface continue, etc.

87. — C'est en s'entraînant à séparer ainsi les sons simultanés et à les rassembler ensuite qu'on arrive à les écouler ensemble.

Quand on entend deux sons simultanés, un des deux frappe plus que l'autre ; c'est généralement le plus aigu; par l'exercice, on arrive à garder rapidement la mémoire du plus grave ; on le recherche en partant du plus aigu et on arrive à reconstituer l'ensemble dans sa pensée, à entendre intérieurement, dans sa tête, les deux sons à la fois ; c'est une opération du même genre qui vous fait souvenir que l'ensemble des lettrés ain, par exemple, correspond au son in. Si vous pensez le mot teint, vous vous représentez tout de suite V orthographe du mot, c'est-à-dire l'ensemble des lettres qui, réunies, correspondent au son teint ; et c'est infiniment plus compliqué que de retenir deux sons musicaux simultanés et de se les représenter mentalement.

Comparaisons avec des faits connus d'ordre différent, mais analogues au point de vue de la sensation de continuité et de simultanéité.

88. — Essayez déchanter ainsi I-II ou II-III ou III-IV, d'abord très lentement, puis de plus en plus vite, vous aurez la sensation de la

v simultanéité des deux sons. Vous les entendrez encore mieux si, tous,

vous vous mettez à chanter ensemble les deux mêmes sons successifs ; comme vous ne chanterez pas tous le même son au même moment, le résultat sera inévitablement que vous entendrez simultanément les deux sons, et vous les distinguerez facilement, l'un de l'autre, chacun d'eux ayant été chanté successivement par tous.

89. — A mesure qu'on étudiera un intervalle nouveau et que cet intervalle sera enregistré dans la mémoire, on fera des exercices analogues d'audition simultanée des sons constitutifs de l'intervalle étudié, sans qu'il/soit besoin de revenir sur cette indication, donnée ici une fois pour toutes.

90. — Avant de passer à l'étude de Yintervalle de quinte, et tout en poursuivant cette étude, le maître fera chanter un certain nombre de leçons contenant des successions de secondes et d'octaves ; il donnera, sur la portée fixe (série des sons), les indications avec la baguette en rythmant lui-même chaque leçon telle qu'elle est figurée dans la série des exercices; .la leçon donnera ainsi l'impression qu'elle est mesurée.

On y ajoutera les exercices indiqués à deux voix, que l'on pratiquera très fréquemment, chaque fois avec les intervalles étudiés auparavant.

Fxercices de lec- 91. — Lorsque les maîtres pourront le faire — et cela seul est possible à iure à 3 parties sur ceux dont l'éducation musicale a été suffisamment développée, — on inscrira

lsons)tée ^ ^Sérîe ^ au tableau la serie des sons> en noir€S> aussi rapprochées qu'il sera possible de le faire saris nuire à leur visibilité et à la clarté de la disposition. Sur cette série, avec deux doigts de la main gauche et un de la main droite, on pourra indiquer un ensemble de trois parties différentes : cette sorte d'exercices sera basée principalement sur les progressions harmoniques les plus usitées. On peut cependant figurer ainsi un assez grand nombre de chorals à trois parties. C'est là un exercice qui intéresse vivement les enfants; il contribue à la rapidité de leurs progrès, par l'attention qu'il exige, en même temps que par le plaisir qu'il leur fait éprouver.

I>e toute façon, les leçons à deux parties, pratiquées ainsi qu'il a été dit, peuvent être transcrites au tableau et servir d'exercices de lecture à vue à deux voix ; mais, au début, il est préférable de les faire exécuter avec deux baguettes, la transcription sur deux portées ne pouvant se faire qu'après que l'enfant aura pris connaissance de la mesure.

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Sommaire-Résumé de la ie Leçon

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