TITRE XXV
QUESTION : La noire pointée. — La syncope.
314. — L'étude de la noire pointée et de la syncope ne sera abordée qu'an A quel moment il faut moment où toutes les notions précédentes auront été assimilées, où les into- commencer cette étude. nations des intervalles seront données sans hésitation et avec justesse.
Il est inutile de chercher à donner des notions nouvelles sur un sujet qui touche de près à la partie la plus difficile et la plus complexe de la musique, celle qui concerne le rythme, avant de s'être assuré que lecture, intonation, battue des mesures à 2, 3, 4 temps sont parfaitement enregistrées dans la mémoire des élèves et se pratiquent couramment et avec aisance.
Rapport de la noire 315. — Les élèves ont déjà appris la valeur du point, d'abord quand on fa^landie^poAnt^6 ** leur a 'ait connaître la mesure à 4 temps, puis comme signe ajouté à la blanche ou à la ronde pour la figuration de l'unité des mesures ? et?. Us n'auront donc pas de peine à comprendre que le point ajouté à la noire représente l'équivalent d'une croche liée à cette noire
Difficulté de cette Là n'est point la difficulté : elle est tout entière dans le geste (battue difficulté****8 ^ Ce"e du lemP8) <îui tombe a ^de Bur un son soutenu dans un mouvement assez rapide. Dans le mouvement lent de la mesure à 4 temps, que ce soit - ou - ,
la difficulté est très atténuée par la lenteur du geste qui permet à l'enfant de n'être pas surpris par la coïncidence du geste avec V absence d'attaque d'un son ; il a le temps de s'y préparer ; l'appui du rythme est peu sensible et le geste suivant (4« temps) coïncide avec l'émission d'un son.
316. — Quand il s'agit de la noire pointée, la difficulté s'accroît du fait que non seulement le geste tombe à vide, mais que Y intonation du son qui suit le point se produit entre deux gestes ; que cette intonation doit être donnée exactement au milieu du temps qui sépare les deux gestes et que le moment de l'intonation est en réalité déterminé par une appréciation mentale de la durée, appréciation muette et par conséquent difficile à réaliser pour l'enfant habitué à parler son geste, si l'on peut dire. Il faut donc un entraînement pour que appréciation de la durée et geste, qui se contrarient, se fassent d'une façon machinale.
Comment il faut pro- 317. — Cet entraînement se fera lentement d'abord, par comc piraison avec ce qui s'est fait dans la mesure à 4 temps, puis avec
la noire suivie de deux croches, répétées d'abord ; la première liée ensuite à la noire et non répétée. L'exercice se pratiquera exclusivement, au début, sur des unissons, puis sur la gamme ascendante et descendante, avec le nom des noies — et, de temps à autre, en vocalisant sur A, le maître frappant des mains sur chaque temps ou sur chaque fraction de temps.
Frapper chaque Qn commencera sur un rythme très lent; la séparation des temps
sioT *de fSEpa «ê doit être de durée assez loneue Pour que la réflexion de l'enfant temps marqué plus for- puisse s'exercer, qu'il puisse se représenter mentalement le son qu'il tement que sa fraction), ne profère pas et en même temps apprécier le moment exact où il émettra la croche qui suit le point.
Quand le rythme aura été indiqué avec précision de cette manière, on augmentera la vitesse de la battue des temps, de façon à atteindre à peu près la durée d'un rythme qui, dans un mouvement 120 à la
noire, se transcrirait par les signes J) ; cette pratique facilitera beaucoup l'étude de la croche pointée, toujours longue et rendue
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difficile par l'hésitation constante du geste au début, qui rend indécis le moment exact où l'intonation doit être répétée en valeur plus brève.
Après .avoir écrit sur le tableau la formule suivante le maître demandera de quelle façon on devrait la noter, quelle figure on devrait y ajouter si on ne voulait pas faire entendre la première des deux croches (en soutenant le son sans le répéter). L'enfant connaît la liaison : il l'indiquera ? Et si on ne voulait pas employer la liaison? Comment avons-nous indiqué déjà que le 3e temps d'une mesure à 4 temps (dont les deux premiers temps sont remplis par une blanche) ne devait pas être. répété? 11 appellera un enfant au tableau et lui fera représenter les signes
Comparaison avec la blanche pointée, mise en regard de la noire pointée.
319. — Quand le point aura été nommé, qu'après interrogation on aura rappelé sa valeur proportionnelle comme signe de durée et son rapport de durée avec la figure de durée qui le précède, on ajoutera un point à la noire. On rappellera que la croche qui ferme la mesure,
étant isolée, devra être figurée avec son crochet J\ et l'on procédera à l'exercice suivant : la note non répétée sera toujours figurée par un appui de la voyelle accompagnant le levé de la main (le 2e temps de la mesure), la deuxième partie du premier temps étant indiquée en répétant cette voyelle, mais sans l'appuyer.
Pendant cette lecture, le maître soulignera chaque division de temps par un battement de main, la battue élanl plus accentuée sur le lemps lui-même.
Le rythme de l'exercice sera figuré ainsi au tableau :
do do do do do ô do do do. G -G do
320. — Ce n'est seulement qu'après que les valeurs de la noire pointée et de la croche auront été très correctement réalisées sur toutes les notes de la gamme, qu'on fera l'application du rythme à d'autres intervalles. Au fur et à mesure qu'un intervalle aura été ainsi étudié, on étudiera une leçon présentant le mélange de deux intervalles ; on suivra la progression imposée déjà pour l'étude des différents intervalles : 2de, 8™, 5te, 3C«, 4te, 6te, 7me, et on supprimera peu à peu l'indication, par la voyelle, des fractions de temps.
On mélangera ensuite, dans des exercices appropriés, les diverses valeurs connues à ces mêmes valeurs pointées, en commençant toujours ce mélange par des unissons, et en continuant avec des 2des, 8ves, 5te#, etc., d'après les modèles donnés.
En procédant avec cette régularité, on gagnera beaucoup de temps malgré l'apparence contraire qui pourrait résulter du nombre des exercices ainsi faits, et les progrès seront réalisés avec plus de sûreté, ce qui est l'essentiel ; la facilité à émettre des sons sur des rythmes différents ou contrariés ne s'acquiert que par l'habitude et ne peut résulter que d'un entraînement qui rende machinale la succession des opérations complexes que représente
Nécessité de nombreux exercices poursuivis méthodiquemenU
l'émission, sur des gestes réguliers ou sur la représentation mentale de ces gestes, de sons de durées irrégulières.
321 . — Les mêmes procédés seront appliqués plus tard à toutes les divisions successives du temps en fractions deux, quatre fois plus petites, les mêmes difficultés se présentant chaque fois, mais chaque fois avec une atténuation, sans toutefois que cette atténuation soit telle qu'on puisse se passer de cette progression analytique.
Il en sera de même pour les divisions ternaires du temps, plus complexes encore que les divisions binaires : mais ces divisions ternaires, sauf les plus simples, ne devant être étudiées que par des élèves déjà familiarisés avec les faits musicaux, seront plus rapidement comprises et assimilées.
La liaison entre temps faible et temps fort. — Syncope.
322. — Les élèves ont déjà acquis la pratique de la liaison, signe de prolongation de la durée d'une même note écrite mais non répétée.
Jusqu'ici l'attention de l'enfant n'a pas été appelée sur le caractère spécial que la liaison, placée entre un temps faible et le temps fort qui suit immédiatement, apporte à la mélodie chantée, bien qu'en réalité on ait, dans certains exercices à 2 et à 3 temps, fait entendre déjà de véritables syncopes. La lecture de ces syncopes n'a pas présenté de difficultés, les mouvements étant assez lents pour masquer l'impression rythmique, et l'attention de l'élève étant attirée par d'autres objectifs plus importants pour lui. Cette difficulté surgit au moment même où, systématiquement, on fait entendre des séries de syncopes dans un mouvement un peu plus rapide. Le caractère du rythme devient manifeste et le déplacement continu de l'accent sur le temps faible est en opposition avec l'habitude déjà prise d'accentuer le premier temps de chaque mesure.
Pour faire disparaître l'inconvénient qui résulte de cette habitude, le meilleur procédé est de remplacer les temps forts et demi-forts par des silences, puis de remplacer à leur tour, de deux en deux, alternativement, ces silences par des sons soutenus ; de faire enfin chanter des séries de syncopes qui, dès lors, n'offrent plus de difficultés.
La dénomination et la définition de la syncope seront données seulement après que le rythme syncopé aura été bien saisi.
323. — On fera rechercher et reconnaître par les enfants le caractère même de la syncope — en se bornant aux syncopes formées de valeurs égales — donc sans aborder le cas où la deuxième note syncopée est plus courte que la première, ni celui, beaucoup plus rare, où elle est plus longue.
A cet effet on posera une série de questions : dans la gamme, telle que nous venons de la chanter, existe-t-il quelque particularité inaccoutumée qui vous ait frappé? En quoi consiste cette particularité? Si la liaison est ainsi systématiquement placée entre temps faible et temps fort, cette disposition change-t-elle quelque chose à la gamme.
(Faire chanter la gamme à 2 temps, puis à 2 temps syncopés, en accentuant les premier et deuxième temps. On peut aussi chanter quelques
Recherche des caractères propres à la liaison-syncope.
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mesures en les répétant une seconde] fois sous forme syncopée). Par exemple :
en brisant la syncope dans la dernière mesure (e) ondonnera mieux la sensation réelle du rythme syncopé
.a. i ej
Si elles n'ont plus tout à fait le même caractère, à quoi tient la différence que vous remarquez entre les deux versions de cette gamme ou de cette mélodie? quand les temps faibles sont toujours liés aux temps forts suivants, est-ce que les accents sont toujours à la même place que dans la première version, où ils se trouvent uniquement sur les premiers temps?
324. — Changer ainsi la place des accents, c'est ce qu'on appelle modifier le rythme (inutile d'expliquer encore ce terme) de la mélodie : on dit qu'on la fait entendre dans un rythme syncopé, ce qui signifie entrecoupé; comme si l'on prononçait ainsi les mots de la chanson, en battant la mesure à 2 temps :
La syncope modifie le rythme.
Rythme syncopé.
Fré
il J