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devenait plus prospère et plus peuplée.» (1) «Les rues allaient dans tous les sens, tortueuses et étroites, beaucoup ne pouvant servir qu'aux piétons, certaines se terminant en cul-de-sac, formant des impasses puantes.» (2) A cette époque la plupart des gens circulaient à pied, avoir un carosse représentant un luxe qui n’était donné qu’à quelques privilégiés.
Ce n’est que lorsque la monarchie eut suffisamment affermi son pouvoir pour donner à chacun l’assurance du lendemain, et que l’évidente nécessité d’une politique nouvelle eût vaincu les anciens préjugés, que les faubourgs commencèrent à se développer. Mais ils furent le résultat de juxtapositions successives et d’agrandissements progressifs, constitués à des époques diverses, sans ordre et sans méthode, reproduisant les errements de la partie centrale.
La voirie ne devait s’adapter que peu à peu aux besoins modernes de la circulation. L’apparition des véhicules à moteur a considérablement augmenté la rapidité de celleci; la diffusion de l’automobile, la multiplication des moyens de transport en commun ont contraint les municipalités à créer des rues nombreuses, larges et droites, aux croisements dégagés, indispensables aussi bien aux citadins qu'aux touristes qui ne font que traverser l’agglomération. Si l'accroissement des exigences fut soudain, la réalisation de ce programme ne fut que progressive ; elle fut hâtée cependant par le fait qu’elle coïncidait avec les souhaits des hygiénistes. |
L’exiguité des terrains à bâtir, qui, nous l'avons vu caractérisait les anciennes cités, obligeait celles-ci à se dé-
(1) Coururaup «Guide pratique pour la construction, l’extension, l’amènagement et l’embellissement des villes et des communes rurales ».
(2) DanieL BELLET et WiLL DARviLze «Ce que doit être la cité moderne ».
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velopper en hauteur. Les étages étaient disposés en encorbellement, si bien que les saillies des toits arrivaient presque à se toucher, et que les habitants pouvaient former des conciliabules de leurs fenêtres, d’un côté de la rue à l’autre. Les maisons prenaient jour sur d’étroites cours intérieures.
Cette promiscuité facilitait la propagation des maladies contagieuses et par suite les épidémies. Le nombre des microbes contenus dans un mètre cube d’air est infiniment plus élevé dans les quartiers populaires, où les maisons sont serrées les unes contre les autres, que dans les quartiers riches, où de grands espaces libres ont été ménagés. car le soleil est le plus puissant des microbicides ; il importe qu’il puisse pénétrer dans les pièces des appartements ; de ce fait, la largeur et la direction des voies, la hauteur des maisons qui les bordent sont autant de facteurs que ne peut négliger l’urbaniste. Le calcul montre que la ville idéale devrait comprendre de nombreuses artères méridiennes, que couperait le nombre juste indispensable de voies équatoriales.
Il faut de plus doter l’agglomération de tous les perfectionnements qu’a apportés la science à la vie urbaine. L’évacuation des matières usées doit être assurée par un réseau d’égouts suffisant ; l’eau, le gaz, l'électricité, le téléphone doivent se trouver dans tous les quartiers. Difficile aménagement du sous-sol dans des cités parfois construites sur des terrains peu aptes à recevoir de semblables travaux.
Ainsi organisée, la ville offre à ses habitants les éléments d’une vie saine et confortable. Mais la vieille cité, avec toutes ses imperfections, conservait un charme certain. Il ne fallait pas que sous prétexte d'aménagement rationnel, on renonçât à tout ce qui faisait la personnalité