MOT ES
des agglomérations d’autrefois. « Car ceux qui reconnaissent aujourd’hui que l’esthétique est pour un peuple non un luxe, mais un besoin, sont de plus en plus nombreux » (1).
Il fallait éviter la « ville type » reproduite partout, tracée au cordeau. « Si la beauté est l’exacte adaptation à une fin », écrit M. Pierre LAVEDAN (2), «on peut dire que le plan (d'aménagement) doit être exactement adapté au rôle de la ville, à ses fonctions, à ses perspectives d’avenir. Il doit être créé pour la ville. Le véritable urbaniste ne connaît pas la confection ».
En fait, des préoccupations esthétiques ne sont nullement incompatibles avec les soucis d'hygiène et de circulation. De larges artères fournissent une perspective agréable ; de nombreux jardins publics et places composent un repos pour la vue et contribuent à donner à un quartier son aspect particulier. Les monuments, une fois dégagés, prennent souvent un relief et une ampleur qu’ils ne connaissaient pas auparavant. Enfin, il convient de faire coopérer les particuliers à l’œuvre collective, en leur imposant, soit un type architectural, soit certaines servitudes esthétiques.
En résumé, on peut dire, avec M. AGACHE (3), que l’urbanisme est à la fois une science, un art, une philosophie et une mystique. « Une science, car il soulève des questions techniques ; un art, car il y a à tenir compte de préoccupations subjectives et de sentiments collectifs ; une philosophie sociale, car on agit en fonction du milieu et des besoins même de la population ; une mystique, enfin, car
(1) Rapport CORNUDET, loc. cit.
(2) Pierre LAVEDAN, op. cit.
(3) Cité par Jean Miraup et Max Barpr « Le plan Cornudet. Son application sur la Riviera ».