‹ L'Évolution de la Notion d'Utilité Publique Depuis la GuerreChapitre 8 sur 55 · LES · texte numérisé non relu

LES

Pour que ces conceptions fussent mises en pratique, ii était nécessaire que dans chaque ville, une large vue d’ensemble coordonnât les mesures prises. « N’est-il pas évident », a écrit M. Georges RISLER (2), « que tout cela n’est possible qu'avec un plan d'aménagement et d’extension, et que l’établissement de celui-ci s’impose d’une manière primordiale pour toute agglomération qui veut diriger logiquement, intelligemment et avantageusement son développement ? Cet acte de haute prévoyance morale et sociale constitue une charge légère pour les générations actuelles, mais il présente un intérêt de la plus haute importance pour les générations futures : il dégrève l’avenir dans des proportions qui dépassent presque toujours les évaluations paraissant les plus exagérées. »

Quoique la monarchie n’ait pas su faire preuve, en cette matière, de beaucoup de prévoyance, puisque, suivant l’expression de M. SELHIER, « elle se préoccupa, avec une vaine continuité de vue, d’enserrer les villes dans leurs limites fortifiées >» et que les édits successifs de Henri IV, Louis XIII et Louis XIV firent interdiction de bâtir dans les faubourgs, il exista à différentes époques, sous l’Ancien Régime, des plans d'aménagement. C’est ainsi que dès le xn° siècle, il existait à Paris, un maître des œuvres de maçonnerie et de pavement de la ville, qui était consulté sur tout projet intéressant l’extension de la capitale, au double point de vue artistique et sanitaire. C’est ainsi également

(1) Jean Micaup et Max BaARD1, eodem loc.

(2) Cité dans le rapport de M. CORNUDET, loc. cit.

Page 1