RATIONS DES SOLDATS DES DIFFERENTES ARMEES
Azote. Carbone. Graisse.
Armée française 18,67 338,00 19,30
— austro-hongroise 17,00 363,90 38,80
— anglaise 17,39 382,10 39,10
— italienne 17,47 363,30 17,42
— allemande........... 18,02 283,90 16,42
Alimentation Mais il est un point qui nous intéresse tout particulièrement, les hospices, nous autres médecins, c'est le régime hospitalier. Il faut, dans le régime alimentaire des hospices et dans celui des malades soumis au régime complet, que la quantité de viande ne soit jamais inférieure au chiffre de 300 grammes par jour. Je partage absolument à cet égard les idées de Regnard, inspecteur des établissements hospitaliers, qui nous montre qu'un grand nombre d'hospices de nos départements donnent un régime alimentaire absolument insuffisant qui n'atteint pas, dans certains cas, 120 grammes de viande par jour. Dans ces cas, la mortalité élevée de ces hospices doit être attribuée en grande partie à la mauvaise aération et à la mauvaise alimentation. Nous voyons, en effet, cette mortalité, d'après le relevé fait par Regnard, varier de 31 à 3 pour 100, et cette énorme différence s'explique assez par les mauvaises conditions hygiéniques et alimentaires que l'on observe dans certains de ces hôpitaux et hospices (1).
Aussi, quand vous serez appelé à diriger ou à surveiller ces établissements hospitaliers, vous devrez tenir sérieusement la main, non seulement à ce que cette quantité de 300 grammes de viande soit donnée à chaque malade, mais encore que le rapport entre les aliments féculents et les graisses se rapprochent, autant que possible, des rapports nutritifs que je vous ai signalés plus haut.
Mais nous ne nous sommes occupés ici que de la ration d'entretien. Des conditions multiples viennent augmenter les phéno-
(1) Regnard, De la mortalité dans les hôpitaux de province et de la nécessité d'une réforme radicale de l'assistance publique (Progrès médical, 12 juin 1866, p. 489).
mènes de combustion et nécessitent aussi une augmentation dans la ration journalière. L'un des facteurs les plus actifs de cette augmentation des combustions est le travail. Pour juger de cette activité plus grande des combustions de influence
• , • i ,,• x- i- du travail.
1 économie, nous pouvons user de trois modes d investigations : par l'analyse des gaz de la respiration, en examinant la quantité d'oxygène comburé ou d'acide carbonique exhalé ; par l'étude de la température du corps, en constatant l'abaissement ou l'élévation de la chaleur animale; enfin, par l'examen des urines, en jugeant la quantité d'azote excrétée journellement. Ce sont surtout ces deux derniers procédés que nous pouvons, en clinique, mettre en usage, et c'est sur eux que je me baserai pour vous montrer l'influence du travail sur l'augmentation des combustions dans l'économie.
C'est Lavoisier qui l'un des premiers a montré que le] travail musculaire augmentait la quantité de l'oxygène comburé, et, tandis qu'un homme au repos consomme par heure 36l,6 d'oxygène, il lui en faut 91,25, dans le même temps, pour élever en 15 minutes un poids de 7k,54 à 211 mètres de hauteur.
Quant à la quantité d'urée, elle suit aussi une progression croissante, et rien de plus intéressant, à cet égard, que les chiffres fournis par Ritter dans son excellente thèse de doctorat es sciences, chiffres qui sont résumés dans le tableau suivant :