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RATION MOYENNE PAR JOUR ET PAR KILOGRAMME

Pour la France entière

Pour Paris

Pour la campagne

Smith, de son côté, a étudié la ration minimum par jour et par kilogramme vivant suivant les âges et voici à quel chiffre il est arrivé :

RATION D'ENTRETIEN MINIMUM SUIVANT LES AGES, PAR JOUR ET PAR KILOGRAMME VIVANT.

Enfance

A l'âge de 10 ans

A l'âge de 16 ans

A l'âge adulte.

En prenant ce dernier chiffre de 3s,60 de carbone et de 0g,20 d'azote, la ration d'entretien pour un homme de 65 kilogrammes serait d'après Smith de 234 de carbone et de 13 d'azote.

Mais ces chiffres sont modifiés de la façon suivante lorsque l'individu travaille:

Repos

Travail modéré

Travail actif

Gomme vous le voyez par tous les chiffres que je viens de vous donner, il y a une grande différence entre la ration de travail et la ration d'entretien, la ration de travail étant presque double de celle d'entretien.

Dans les grandes entreprises industrielles, comme, par exemple, les terrassements des chemins de fer ou l'exploitation des mines, on peut faire varier cette quantité de travail en augmentant ou diminuant la ration journalière des ouvriers; il en est de même en zootechnie : le cheval donne un travail proportionnel à la

Carbone.

Azote.

Carbone.

Azote

quantité d'aliments qu'il absorbe. Dans cette production de travail, sont-ce surtout les aliments azotés ou les aliments non azotés qui jouent le rôle principal?

Lorsqu'en 1842 Liebig (1) montra que la fonction spéciale Rôle de

, , , . . . . , .-. , . l'alimentation

des muscles était la production de travail et que ce dernier dans la n'était obtenu que par la destruction des matières albuminoïdes duVàva'n!1 que renferme le tissu musculaire, tous les pbysiologistes de l'époque furent d'accord pour accepter la division qu'il établit entre les aliments non azotés qu'il considéra comme des aliments respiratoires ou calorigènes et les aliments azotés ou plastiques qui étaient chargés de réparer les pertes incessantes du système musculaire et auxquels Liebig donna le nom de dynamogènes.

Mais on s'aperçut bientôt que les augmentations dans la production de l'urée n'avaient pas pour unique facteur le travail et que le genre d'alimentation y jouait le principal rôle ; aussi adopta-t-on bientôt une théorie mixte à laquelle on donna le nom de théorie de la consommation de luxe. Dans cette luxusconsumption, on admettait qu'une faible partie des matériaux azotés absorbés servait à la réparation musculaire et que l'autre partie, surabondante ou de luxe, étant incapable de s'organiser, subissait alors des phénomènes de combustion et s'éliminait sous forme d'urée et d'acide urique. Lehmann, Frerichs, Schmidt, se montrèrent les plus ardents défenseurs de cette luxusconsumption que Liebig accepta lui-même.

Mais bientôt de nouvelles expériences et surtout la découverte du glycogène dans les muscles montrèrent que dans la période de travail musculaire, le muscle consomme surtout des matériaux non azotés ; les expériences zootechniques confirmèrent en partie cette manière de voir en montrant que chez les herbivores la production de force est en rapport avec une alimentation non azotée et les expériences de Grandeau et Leclerc (2) sur les chevaux de trait de la Compagnie des omnibus de Paris furent à cet égard des plus démonstratives; aussi ces expérimentateurs sont-ils arrivés à cette conclusion que les corps non azotés et

(1) Liebig, Die organ. Chemie in ihrer Anwandung auf Physiol., etc., 3842; Ann. der Chemie u. Pharm., XLI, p. 189 et 241, 1842 ; LUI, p. 63, 1845;LVIII,p. 335, 1846; LXX,p. 311, 1849; LXXIX,p.205 et 358, 1851.

(2) Grandeau et Leclerc, Recherches expérimentales sur V alimentation du cheval de trait, Paris, 1882-1883, 2<s mémoire, p. 199.

spécialement les hydrates de carbone sont la source, sinon exclusive, du moins prépondérante du travail musculaire.

Aussi dans cette manière de voir les végétaux accumulent la force et les animaux la dépensent et je ne puis mieux faire que vous citer ici en entier le passage si éloquent que Hervé-Mangon consacre à ce sujet : « Une plante qui végète absorbe une partie de la radiation solaire en réduisant l'acide carbonique pour accumuler le carbone dans ses tissus. La radiation solaire se transforme ainsi en force latente accumulée dans le végétal. L'animal consomme ce végétal, le brûle dans son organisme, dégage la chaleur absorbée par la plante et cette chaleur se transforme en travail que l'animal dépense. Ainsi se complète sur notre globe le cercle de la vie. Chaque respiration jette dans l'atmosphère un peu d'acide carbonique, source de la chaleur et de la force de l'animal ; mais bientôt cette bouffée d'acide carbonique rencontre une plante qui lui prend son carbone en fixant la force et la chaleur d'un rayon de soleil, pour rendre plus tard cette force et cette chaleur à un autre animal. La radiation solaire s'endort, en quelque sorte, au sein des plantes, pour se réveiller en chaleur et en travail, chez les animaux. De faibles quantités de matières alternativement combinées ou sériées, servent donc indéfiniment à fixer la radiation solaire, puis à nous la rendre sous forme de vie animale. Le soleil est partout dans notre système, il donne la vie aux plantes et la force aux animaux. »

Cette production de travail à l'aide des hydrates de carbone que je crois exacte pour les herbivores, l'est-elle pour les omnivores et en particulier pour l'homme? Je ne le pense pas, et, tout en reconnaissant que des individus soumis à ce régime purement végétal, comme nos paysans, peuvent fournir une somme de travail considérable, il faut reconnaître que cette quantité de travail s'accroît dans une notable proportion lorsque l'on augmente le chiffre des matières azotées. C'est là d'ailleurs la conclusion à laquelle arrive Lambling dans son intéressant travail sur les origines du travail et de la force chez les êtres vivants (I).

Aussi dans la ration de travail devra-t-on toujours augmenter dans de notables proportions les quantités de matériaux azote's,

(1) Lambling, Des origines du travail et de la force chez les êtres humains (thèse d'agrégation, 1886).

de matières féculentes et de graisse, dont l'ensemble constitue la ration alimentaire, et dans des expériences faites à cet égard par la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest, le régime alimentaire qui amena chez les ouvriers une production maxima de travail était le suivant :

Viande 600 grammes.

Pain blanc 550 —

Pommes de terre 1000 —

Bière. 1000 —

Dans cette étude, l'on a été plus loin, et l'on a calculé la quan- Du travail tité de calories et de kilogrammètres produite par les aliments, l'alimentation; et les données fournies par Frankland à cet égard sont des plus intéressantes. En se reportant à la ration dont nous avons élaboré les bases plus haut, on voit que le nombre des calories s'élève à 2 792, et l'on peut estimer qu'un homme soumis à un régime moyen a, dans nos climats, à dépenser par jour 3 000 calories, comme le montre le tableau suivant :

Pour 124 grammes de matière protéique sèche 541,6 calories.

Pour 430 grammes d'amidon sec 1806,0 —

Pour 49 grammes de graisse 444,4 —

2 792,4 calories.

Ou si vous le voulez mieux, un homme adulte produit par heure et par kilogramme, 1 calorie 5.

L'homme peut transformer en travail au maximum 540 calories, qui correspondent à 229500 kilogrammètres. Le plus ordinairement, l'homme, en travaillant sept heures, ne dépasse pas 100 000 à 150000 kilogrammètres, et, si l'on voulait établir sur ces bases, comme le fait Armand Gautier, le coeflicient de la machine humaine, on dirait que : sur 100 calories produites, 25 servent à maintenir notre température; sur les 75 qui restent, 20 peuvent être transformées en travail effectif, et les 55 autres sont absorbées par les frottements de la machine. Notre machine, au point de vue de la production de la force, n'est donc pas absolument idéale, puisqu'une grande partie de cette force est perdue.

Nous venons de voir l'importance du chiffre des calories; aussi est-il intéressant de savoir quelle quantité de calories peut produire 1 kilogramme des différents aliments. Sans reproduire ici

tous les chiffres fournis par Frankland, je puis vous donner les trois chiffres suivants :

Un kilogramme d'albumine apche en se transformant

en urée donne 4 368 calories.

Un kilogramme d'amidon en se transformant donne. 4 200 —

Un kilogramme de graisse en se transformant donne. 9 069 —

Mais encore ici ce sont les indications d'flervé-Mangon qui sont les plus intéressantes. D'après Hervé-Mangon, un homme de poids moyen doit produire par jour les quantités de calories suivantes pour fournir un travail utile extérieur représenté par les chiffres suivants :

Repos absolu

Travail faible

Travail ordinaire

Travail très considérable.

Nombre Effet utile en

de calories travail mécanique à produire.

extérieur 0 00 0 03 0 04 0 09

En se hasant sur ce tableau, on peut alors, comme l'a fait Hervé-Mangon, établir la quantité d'aliments nécessaires pour produire ces calories utilisables pour un effet mécanique à produire. Voici ces chiffres :

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