COMPOSITION DES BIÈRES POUR CENT
AlcooL Extrait. Cendres.
Moyenne. Moyenne. Moyenne.
Bières françaises.
Strasbourg 4,7 4,65 0,32
Lille 4,1 4,65 0,35
Paris 3,5 6,00 »
Nancy, Tantonville, etc 5,6 5,70 0,9
Lyon 5,5 5,00 »
Bières allemandes.
Saxe 3,7 5,8 0,25
Bavière 4,5 7,2 0,29
Hanovre, Holstein, Poméranie. ... 4,2 5,9 0,25
Bières autrichiennes. b
Vienne, Moravie 3,5 6,1 0,20
Bohême 3,6 4,7 0,20
Bières anglaises.
Aie d'exportation 7,3 5,9 0,35
~ Porter de Londres 5,2 6,4 0,32
Bières belges.
Lambic 6,02 3,7 0,32
Faro 4,15 4,2 »
Bière d'orge 4,35 3,4 »
Bières diverses 5,8 5,5 »
Au-dessous de 3 pour 100, on a alors affaire aux petites bières dites bières de consommation, parce qu'elles doivent être bues immédiatement, ne pouvant se conserver.
Ces boissons sont très diurétiques, et ces qualités diurétiques, elles les puisent surtout dans cette propriété qu'a la bière de ne pas étancher la soif. Plus on boit de la bière, plus on en désire boire, et il suffit de parcourir les brasseries de certaines contrées, comme celles de Munich, pourvoir quelle quantité énorme de bière un homme peut absorber, et qui dépasse quelquefois 20 litres par jour. Mais, par bonheur, grâce à sa facile diurèse,
cette immense quantité ne fait que traverser l'économie, transformant ainsi le buveur de bière en un véritable filtre. Mais cette transformation n'est pas sans inconvénient sérieux, et nous voyons des altérations rénales succéder au travail forcé auquel sont soumis les reins.
Des Par la diastase qu'elles renferment, ces bières apportent un
préparations .•» i • • i- , • i j
de malt, élément digestit pour les principes alimentaires hydrocarbures ; aussi les légumistes et les végétariens devraient être des buveurs de bière. On a même fait des bières spéciales dites bières de malt qui renferment une grande quantité de ces principes.
On fabrique aussi des extraits de malt ou maltines, et on les a utilisés dans la thérapeutique des dyspepsies. Coutaret est un de ceux qui s'est le plus occupé, en France du moins, de ces extraits de malt, et plus récemment Duquesnel nous a donné une bonne étude de ces préparations (1). Il nous a montré, comme l'avait fait Bouchardat, qu'il fallait éviter d'associer à ces préparations de malt certains médicaments, tels que la magnésie, le quinquina, les acides minéraux, et que les meilleures préparations étaient les poudres récentes de malt desséchées à 40 degrés, à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme, ou bien la diastase à la dose de 10 à 20 centigrammes, ou bien enfin l'extrait de malt que l'on peut donner sous forme de pastilles ou bien sous forme d'élixir, et voici la formule qu'il a donnée de cet élixir :
Extrait de malt 2 parties.
Sirop simple 20 —
Vin de Lunelou mieux de Malaga. 20 —
En Angleterre et en Amérique, on fait grand usage aussi, sous le nom de maltine, d'un extrait concentré d'orge, d'avoine et de froment malté. Toutes ces préparations de malt : bière de malt, diastase, extrait de malt, peuvent être grandement utilisées, surtout dans les cas où vous êtes obligés, pour la cure de l'affection que vous avez à traiter, d'ordonner un régime purement végétal, et pour ma part j'en ai tiré dans ces cas toujours un heureux parti. D'ailleurs, nous avions été précédé dans cette voie par les Japonais qui depuis bien longtemps utilisent pour la nourriture des jeunes enfants et des vieillards un mélange de riz et d'orge maltée sous le nom de Midzu-ame.
(1) Duquesnel, Sur la diastase et les préparations de malt (Bull, de Thér., 1874, t. LXXXVII, p. 20 et 71).
A côté de ces préparations, je vous signalerai seulement certaines bières médicinales, comme la bière antiscorbutique, faite avec le cochléaria, le raifort ou les bourgeons secs du sapin, et la bière de quinquina, préparations très peu usitées, du moins dans notre pays.
Le troisième groupe des boissons alcooliques comprend les Des eaux-de-vie et les liqueurs. La consommation de ces alcools et des liqueurs. va toujours croissant, et cela dans tous les pays du monde. Pour la France, la quantité d'alcool pur consommé était en 1850 de 585 200 hectolitres, quadruplée en 1886, elle atteint près de 2 millions d'bectolitres. Le tableau ci-après, basé sur des documents officiels fournis par l'administration des contributions indirectes, vous montre comment se fait cette progression.
Tous les efforts tentés jusqu'ici par les divers gouvernements Action toxique pour arrêter la marche progressive de cette consommation de l'alcool ont échoué. Augmentation dans les impôts, pénalité sévère contre l'ivresse, diminution du nombre des débits, rien n'a réussi. Les Sociétés de tempérance elles-mêmes, malgré le nombre considérable de leurs adhérents et malgré l'exclusion rigoureuse de toute boisson alcoolique, n'ont pas fait retarder de d hectolitre cette progression croissante. C'est là un des points les plus tristes et les plus sombres de notre époque moderne.
Les alcools dus à la fermentation constituent une série chimique naturelle, dont les formules vont croissant de l'alcool éthylique à l'alcool amylique, et voici l'ensemble de ces formules :
Alcool éthylique, C2H60 ;
— propylique, C3H80 ;
— butylique, C4H100;
— amylique, C5H>20.
Dans notre travail entrepris avec Audigé sur l'action toxique des différents alcools (1), nous avons montré que la toxicité de ces corps suivait d'une façon presque mathématique leur formule atomique, et les tableaux suivants que je mets sous vos yeux résument nettement les résultats que nous avons obtenus dans la première partie de nos recherches qui portaient sur l'alcoolisme aigu.
(1) Dujardin-Beaumetz et Audigé, Recherches expérimentales sur la puissance toxique des alcools, Paris, 1879.