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Prusse une sorte de terreur. Les gens ne causent jamais entre eux de la façon dont les impôts sont répartis : c'est que chacun hésite, avant d’en parler, car où à peur d'entrer en conflit avec la commission de fixalion.
Pourtant, même parmi ceux qui critiquent la déclaration obligatoire, 1l se trouve peu d'auteurs ou d'hommes politiques qui demandent la suppression de ce système. On comprend très bien que l'impôt sur le revenu ne rapporterait plus rien le jour où le contribuable n’aurait pas à redouter le contrôle administratif.Quelques-uns voudraient que la surveillance fût moins rigoureuse ; un député a proposé de ne faire vérifier chaque année que 5 ou 10 0/0 du nombre des déclarations ; le sort devant désigner les contribuables que l’on aurait ainsi sacrifiés.
Cependant, malgré tous ces inconvénients, la réforme de 1891 a été généralement bien accueillie, par suite du progrès incontestable qu’elle réalise sur l’ancienne organisation. Ces vexations, cette inquisition, la masse des contribuables s’y soumet très facilement, car elle sait que dorénavant chacun paie ce qu'il doit, tandis qu'auparavant, il n'en était pas ainsi. On ne peut méconnaître l’accroissement de recettes et l’heureux déplacement des
charges provoquées par la loi de 1891. Cette loi
prête à bien des critiques, mais elle est conforme aux idées du peuple prussien, et comme telle elle devait être adoptée par le Landtag. Comme le disait un des doyens de la Chambre des députés : c'est la fin d’une longue évolution quia duré 70 ans depuis les timides tentatives du ministère Camphausen, jusqu’à la codification complète d’un impôt sur le revenu.