‹ L'industrie du bacon dans la province de Québec [microforme]Chapitre 3 sur 27 · IMPORTANCE DE CETTE INDUSTRIE AU POINT DE VUE DU MARCHE · texte numérisé non relu

IMPORTANCE DE CETTE INDUSTRIE AU POINT DE VUE DU MARCHE

Il y a trois raisons principales qui nous font considérer l'industrie du bacon comme l'une des plus importantes à pratiquer par nos cultivateurs de la province de Québec, La première, c’est l'excellent marché dont nous sommes certains pour l'écoulement du produit de cette industrie. En effet, l’Angleterre, qui est notre marché nature! pour notre beurre et notre fromage, l’est aussi pour toutes les viandes que nou voudrons y exporter, pourvu que nous les lui envoyions de la qualité qu’elle exige. C’est un marché qui vaut la peine qu'on s’en occupe puisque, en 1902, il lui a fallu importer des viandes de toutes sortes, excepté les viandes de conserves, pour un montant de 16,970,558 quintaux évalués à £3S,820,- 753, soit 8189,408,104.76. De ces montants, il a été importé des possessions britanniques 3,345,671 quintaux, valant £6,980,930, soit $32,727,319.80. Or, sur ces 32 millions de piastres, qui éont les chiffres de 1902, je trouve que nous pouvons fournir beaucoup plus, nous, cultivateurs du Canada ; puisque, en 1901, nous n’avons fourni de viande que pour un montant de $12,648,875, valeur de 1,036,419 quintaux exportés. Si maintenant l’on considère que l’importat'on du bacon en Angicterre à été de 646,502,976 livres, ou de 5,772,- 348 quintaux, représentant une valeur de $66,138,857, et que sur ce montant le Canada n’a fourni, la même année, que 59,- 344,768 Ibs, ou 528,864 quintaux, représentant une valeur de $5,233,832. Si, de plus, nous remarquons que le chiffre d’importations de bacon, pour l’année 1902, par l’Angleterre,

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chiffre que je n'ai pu me procurer, n'est certainement pas moindre que celui de 1901, et que, de notre côté, nous n’avons exporté en tout, en Angleterre, en 1902, que pour $12,457,863 de bacon et de jambons, sur lequel montant la provinee de Québec n'a ceneouru que pour un peu plus de $500,090, sl enfin, nous so) inc certains de voir accepter, par le marché anglais, tont le bacon que nous voudrons Ini expédier, pourvu qu’il soit c'e la qualité voulue, et comme, de fait, cette certitr de nous est acquise, nous voyons dome que nous n'exXagcrons rien en affirmant que l'industrie du bacon est, pour la province de Québce, l'une de nos plus importante, Industries agricoles,

IMPORTANCE DE CETTE INDUSTRIE AU POINT DE VUE DE L'ECONOMIE DE PRODUCTION.

Si, d'un côté, cornme J'espère l'avoir prouvé par ce que je viens de dire, nous sommes assurés d'un bon marché pour notre bacon, il nous est facile, d'un autre côté, de constater que la production du bacon peut se faire G’une façon bien économique par le cultivateur de la province de Québec. En effet, des expériences nombreuses faites au point de vue de la production économique et de la bonne qualité du bacon dans notre province, nous ont démontré que tous les produits de nos champs, fourrages verts, tels que le trèfle, le seigle, l’avoine, la navette, la lentille, de même que les racines et légumes, tels que les navets, les citrouilles, les topinambours, les betteraves à sucre, les mangels, les patates, ainsi que tous les grains, tels que l’avoine, l'orge, les pois sont utilisables peur l'alimentation du cochon à bacon, et qu’il n’y a réellement d’exception que pour les haricots et le blé-d’Inde, qui eux, sont une cause de production du bacon mou, dont j'aurai occasion de parler tantèt. Avec autant de substance alimentaires à son service, le cultivateur a tout ce qu’il faut pour produire le bacon à bon marché, et il me sera facile de démontrer qu’on le produit aisément pour un coût de $3.00 le cent livres en été ct $4.00 en hiver.

IMPORTANCE DE CETTE INDUSTRIE COMME AC- CESSOIRE DE L’INDUSTRIE LAITIERE.

C’est une chose maintenant reconnue par tous les éleveurs de porcs que cet animal est, de tous les animaux de le ferme,

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celui qui utilise de la manière la plu: protitable pour le cultivateur les résidus de la beurrerie et de la fromagerie, savoir : le lait écrémé, le lait de beurre et le petit lait. Bien entendu, il faut que ces résidus soient ecmbines avee d'autres aliments, car, seuls, ils ne donneraient pas de résultats satisfaisants, pour ce qui est du lait écrémé ct au lait de beurre, et ils n’en donncraient que de mauvais en ce qui concerne le petit lat.

Une expérience souvent répétée par des éleveurs de pores émérites d'Ontario et des Etats-Unis, démontre bien la grande capacité du porc à uütiiser de la meilleure manière possible, les résidus des fabriques de beurte et de fromage. Elle se résume comme suit: Trois cochons de la même race, de la méme portée et conséquemment du même âge, ont été l’objet de l'opération que voici, au point de vue alimentaire, Pesant chacun 100 livres au moment de l'expérience, l’un a reçu 100 lbs de lait écrémé pour seule nourriture, pendant quelques jours, et a augmenté de 5 Ibs en poids avee cette alimentation ; le sccond à mangé un minot de blé-d'Inde moulu, comme seule nourriture, pendant quelques jours aussi, et a augmenté pendant ce tewps de 10 ]bs. Le troisième, lui a reçu, comme aliment, 100 Ibs de lait écrémé et un minot de blé-d’Inde moulu. Au lieu d'augmenter de 15 Ibs, pendant cette période d’alimentation, d’après la proportion d'augmentation des deux premiers, il a montré un accroissement d'augmentation de 18 Ibs, soit 3 Ibs de plus que les deux autres réunis. Et des expériences réitérées ont toujours fourni le même résultat comme moyenne. On explique la chose par le fait que l’ingestion du lait facilite la digestiou des substances solides qu'on y âjoute, et permet à l'animal de s’asimiler une plus forte portion des parties solides de son alimentation.

On verra plus loin lorsqu'on entrera dans quelques détails su? l'ahnentauon du pore à bacon, quelle grande valeur a le lait écrémé, ajouté aux différents aliments et combien il contribue à améliorer la qualité de Ja viande et à diminuer le coût de produ?tion.

Cette valeur du lait est tell:ment appréciée aujourd’hni, que l’on voit, dans les pays où la fabrication dn bacon est dé. veloppée considérablement, les cultivateurs garder un cochon

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pour chaque vache qu'ils ont sur leur terre, pendant la saison de fabrication du beurre et du fromage, et en faire un anital de deux cents livres en moyenne, au moyen du lait écréué où du petit Jait de fromag 1: utilisé en combinaison avec les autres aliments donnés à i’srimal, Nous sommes loin de cela, ici, dans la province de Québec, Je regrette de ne pouvoir me servir des chiffres du recensement de 1901, pour établir une compuraison entre les populations bovines et poreines d'Ontario et celles de la province de Québec, mais en procédant par estimation basée sur les chifires du recensement de 1891, pour les deux provinces que je viens de nommer et sur ceux de 1901, pour Ontario, je vais être en mesure de démontrer approximativement, combien nous sommes en arrière dans l'élevage du pore,

La popalation Lovine laitière de la province d’Ontario était, en 1841, de 576,167. La population porcine était de 1,- 121,596, La population bovine laitière de la province de Québee, en 1591, tait de 548,454, et elle des pores était de 969,608, Ontario avait dune, cette année-là, un surplus de 245,22) pores comparé au chiffre des vaches. Per contre, la province de Québec, elle, avait un surplus de 304,225 vaches, comparé av chiffie des pures. Or, en 1Y01, Ontario avait 984,- 012 vaches à lait et 1,441,885 pores, soit une augmentation, en 10 ans, dé 107,845 vaches c{ de 370,489 porcs. Ceci constitue un peu plus de 4 d'angmen‘ation pour les vaches et un peu plus de 1-3 peur les pores. Si l’on applique ja. méme proportion d'augmentation à la province de Québec, l’on doit avoir une augmentation de 68,682 et un total de 618,136 vaches, et une augmentation de 123,202, et un total de 492,810 porcs. Or, j'ai raison de croire que le nombre des vaches a plus augmenté proportionnellement que celui des pores et que nous allons nous trouver encore bien en arrière pour ce qui concerne la population porcine de notre province comparée à la population bovine laitière, avec les chiffres du recensement de

Ce qui me porte à croire cela, c’est que des chiffres que j'ai obtenus dernièrement des deux fabriques de bacon que nous avons dans notre province, indiquent que nous ne faisons guère de progrès dars l'élevage du pore, surtout pour le pore

m bacon, Voici la réponse que J'ai recue de MM. Laing, mantu- Licturiers de pores, de Montréal, à deux questions que je lui ai posées, Savoir : Quelle quantité de cochons à bacon ils tuent par scimaine { Quelle Proportion de ces cochons sont produits par la province de Québec {Ds tuent de 2,000 à 4,000 cor chons à bacon par semaine et l-dessus à peu près 5% sont fournis par la province ce Québee. La quantité de pores produite dans notre pr Vince, at moins ce qui en vient à Montréa, est tellement petite qu'elle en est décourageante, Les forts qu'ils ont faits pour la faire augmenter paraissent à peu près inutiles, [ls ne recoivent leurs pores que des cantons de l'Est, Ces pores sont généralomnet grossiers et pis plus de 90 feraient de bons cochons à bacon, vu qu'ils sont trop

lourds et ont été nourrs trop longtemps, T1 serait de leur inté-

rêt Ge ponvoir se Proeuter des cochons à bacon dans notre

Province ct sont prêts à faire tont Jeu: posible pour en arri-

ver D. Ts paient actuellement les cochons à bacon 86,50 le

100 Ïbs, vivants, por des animaux de 140 à 220 1bs,

Quant à MM. II ver d frère

8, de Sherbrocke, ils tuent environ 200 cochons

à bacon Par semaine, provenant à peu près tous de la province.

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