IMPORTANCE DE CETTE INDUSTRIE
Dans les régions du Canada où depuis longtemps on ne fait plus de sucre d'érable, on ne se rend guère compte de l'importance de cette industrie. Suivant les statistiques du Dominion. la production totale (sucre et son équivalent en sirop) à augmenté d'année en année, de 1850 à 1890, mais à progressivement décliné depuis lors. La production annuelle moyenne entre 1851 et 1861 était de 13,500,000 livres; de 1861 à 1S7L, 17,500,000 livres; de 1871 à 1881, 19,000,000 livres: de ISSI à IS91, elle
a atteint le chiffre de 22,500,000 livres pour retomber à 21,200,000 pendant la décade suivante. En ces dernières années elle est restée un peu au-dessous de 20,000,000 de livres. Malgré ce fléchissement, la production reste encore considérable; l'emploi plus général des méthodes modernes et quelques encouragements arriveraient certainement à lui faire regagner et même dépasser les hauts chiffres atteints les années qui ont suivi 1880.
Au Canada, l’industrie est confinée à la province de Québec, l'Ontario, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Ecosse. La production annuelle des Provinces maritimes a rarement dépassé un demi-million de livres, celle de Québec oscille autour de 14,300,000 livres et celle de l'Ontario approche de 5,000,060 de livres.
On estime à peu près de 60,000 le nombre des producteurs et à près de deux millions de dollars leur chiffre annuel d’affaires. Les uns se contentent d'exploiter les parties boisées plus ou moins étendues de leur propriété; les autres, et ils sont de beaucoup les plus nombreux, recueillent la sève sur des terres incultes et rocailleuses qui n’auraient relativement que peu de valeur si on les déboisait. Le bois d'érable a augmenté de valeur; avant la guerre, pendant laquelle le prix de tous les sue :s a granAement sugmenté, le sucre et le sirop se vendaient relativement peu cher; aussi nombre de propriétaires ont-ils abattu leurs magnifiques érablières qui donnaient, chaque année, depuis plus d’un demi-siècle, des produits délicieux. Il est vraiment déplorable que l’on ait sacrifié ces rois de la forêt. On a ainsi tari une source de revenu annuel qui demandait au cultivateur quelques semaines de travai! seulement, cn une saison où l'argent est rare et la main-d'œuvre peu occupée. C’est done un devoir pour les amis de la forêt ct de la ferme de veiller à la conservation des érablières.