‹ L'industrie du sucre d'érable au Canada [microforme]Chapitre 4 sur 30 · REBOISEMENT EN ÉRABLE · texte numérisé non relu

REBOISEMENT EN ÉRABLE

D'après M. R. H. Campbell, directeur du service des forêts au Ministère de l’intérieur, il est plus avantageux de reboiser en érable qu’en pin blanc. En réponse à une enquête sur le coût relatif des deux sortes de reboisement, M. Campbell m'écrit ce qui suit:—

“]l y a, pour déterminer le coût de production d’un bois marchand, sept points à considérer, savoir :—

La valeur du sol.

L'impôt.

Le coût des matériaux de plantation.

Le coût de la plantation.

Les frais d'administration et de protection.

Le taux d'intérêt du capital engagé.

Le temps nécessaire à l'arbre pour atteindre la grosseur voulue.

On a calculé que le pin blanc planté en Ontario, dans des terres incultes, sablonneuses, rapporte à l’acre, en soixante ans, deux cents (200) arbres d’un diamètre moyen de dix-huit (18) pouces, soit près de quatre-vingt mille (80,000) pieds, mesure de planche. Dans cette évaluation la terre est estimée à 85. l’acre, l'impôt calculé à 17 mills (1.7 centins), le prix des plants et la plantation à $10 l’acre; les frais d'entretien et de protection à 15 cents par an; l'intérêt 3 1-2 p.c. Les frais totaux s'élèvent à 8165.34 l'acre. Ce chiffre ne comprend pas les frais d’éclaircissage, compensés, dans une certaine mesure, par les bénéfices que donne cette opération après la vingtième année.

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L’érable à sucre, qui pousse naturellement dans la forêt, rendrait de cent cinquante (150) à cent soixante-quinze (175) arbres à l’acre à diamètre moyen de dix-huit (18) pouces, entre cent quinze (115) et cent vingt (120) ans. À égalité de frais (achat de la terre, taxe, etc.) cette lenteur de croissance suffirait à rendre la production de l’érable beaucoup plus coûteuse que celle du pin. D'autre part, les frais d’achat des plants et ceux de la plantation dépasseraient probablement d’au moins 50 p.c. l’évaluation de 810 à l’acre donnée pour le pin. Cette augmentation de frais tiendrait à deux causes; l’érable doit être planté en terrain plus lourd et les plants de semis de cette essence coûtent plus cher.

A ne considérer que la production du bois d'œuvre, si l’écart entre les prix du pin blanc et ceux de l’érable n’augmente pas (ces deux bois sont à peu près au même prix actuellement en 1911), il ne semble pas que l'avantage puisse être du côté de l’érable. Mais cette essence a en sa faveur d’autres avantages; la sève, après la trentième année, et les produits de l’éclaircissage qui se vendent cher pour le chauffage ou la fabrication de l'acide acétique, de l’alcool de bois et du charbon de bois; dans ces conditions, il semble assez probable que l’érable soit, en définitive, le plus avantageux. C’est particulièrement le cas pour le cultivateur, propriétaire d’une petite parcelle de bois, qui utilise son bois de bien des manières, et surtout là où l’érablière est déjà constituée et peut se renouveler naturellement.”

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