LA CABANE À SUCRE
Dans l'installation moderne, la cabane à sucre ne sert pas seulement à fabriquer et à emballer es produits; on V remise également d’une année à l’autre, les chaudières, seaux, chalumeaux et autres ustensiles. Une des installations qui m'a paru la meilleure parmi celles que j'ai visitées dans
les Cantons de l’est, est aménagée pour recevoir la sève d'environ un millier d'arbres. Elle a 42 pieds de long et 30 de large. Les murs sont en planches
ne LE À A $ | | Fic. 8, UNE CABANE EN CIMENT, DANS L'OUEST DE L'ONTARIO. #3 | | | | | | | + | L 4 * à ENS Le we] LES * . . , ns n s ; FiG. 9. ARRIVÉE D'UN CHARGEMENT DE 8SÈ A LA CABANE DANS UNE ÉRABLIÈRE DE SEIZE CENTS ARBRES F DU COMTÉ DE COMPTON, QUÉBEC.
à déclir peintes. Le sol est en ciment et le toit en bois. Du côté est se trou un appentis de 12 pieds qui sert à remiser le bois, et au nord un
petit compartiment destiné à la cuve. Elle est édifiée sur un terrain en pente, ce qui permet à la tonne dans laquelle on ramasse la sève, de se vider, par écoulement naturel, dans la cuve (réservoir) et de là dans la bouilloire. Si l’emplacement n’est pas en pente ou que celle-ci soit trop faible il est d’usage de construire une élévation sur laquelle on fait monter le traîneau qui transporte la tonne de sève pour la décharger dans la cuve par écoulement. D’autres cabanes sont couvertes en métal, mais ces toits ont l'inconvénient de dégoutter pendant l’ébullition, ce qui est désagréable pour les ouvriers et peut donner de la couleur à la sève dans l’évaporateur. Sous ce rapport, un toit de bardeaux est préférable. Il est bon que les parois joignent bien et il faut de gros ventilateurs, aussi grands que l’évaporateur, pour permettre à la vapeur (boucane) de s'échapper librement. Plus la cabane est chaude, mieux se fait la ventilation. Une cabane
Fia. 10. DÉcHARGEMENT DE LA TONNE À LA CABANE.
froide se remplit généralement de vapeur pendant l’opération. La cabane doit être aussi bien éclairée et munie d’une cheminée en brique ou en métal, dépassant bien le toit, de manière à assurer un bon tirant d'air, car il est nécessaire d’avoir un feu très vif si l’on veut faire un bon travail, Si le plancher n’est pas entièrement en ciment, il est bon, pour le protéger contre le feu, de placer un pavé de ciment ou de brique devant les portes de la fournaise. Il faut ménager une conduite pour éloigner de la maison les eaux de pluies ou de lavage.
Pe La construction de la cabane À sucre doit être achevée pendant l'été ou au commencement de l’automne de façon à ce que la fournaise puisse être placée sur ses fondations avant que le sol ne gèle. L'outillage, y compris la provision de bois de chauffage, doit être prêt avant que l'hiver n'ait commencé.
L'ÉVAPORATEUR.
L'évaporateur moderne, nécessaire à la fabrication d’un produit de choix a constitué un progrès énorme sur le chaudron de fer employé par nos aïeux. Au temps des premiers colons, on ne faisait pas entrer en ligne de compte l’économie du combustible, et d'autre part on n’attachait que peu d'importance à la qualité du produit. La plupart des colons avaient des chaudrons pour la fabrication de la potasse, produit qui, dans beaucoup de districts, constituait la seule récolte monnayable. Ces grands vases de fer, en forme de cuvette, ont servi, pendant des années, à faire bouillir l’eau d'érable. Naturellement les produits qui en sortaient étaient noirs et âcres; aussi le publie, dont le goût n’était pas formé, a-t-il été lent à reconnaître la supériorité du sucre plus léger, plus clair et plus doux qui sort de l’évaporateur moderne.
Fic. 11. MODÈLES D'ÉVAPORATEURS MODERNES.
Ils sont tous à fond plissé.
L'emploi de la bouilloire où casserole en tôle et à fond plat, large de deux à trois pieds et longue de deux à six pieds, sur un fourneau de brique ou de pierre, avait constitué un progrès sur le vieux chaudron. On se sert encore de ces bouilloires dans certains districts reculés; leur prouuction est de qualité inférieure et se vend à vil prix.
L'évaporateur moderne vise à l’évaporation rapide et à l’économie de combustible. Il en existe de divers modèles, mais tous reposent sur le même principe. Il consiste en une chaudière plate, appelée bouilloire ou casserole, où encore panne, bien étamée et solidement construite, reposant sur un fourneau dont le devant est généralement en pierre, avec de larges portes pour introduire le combustible. La bouilloire a le fond plissé et
est divisée en compartiments communiquant de façon à faire faire à la sève un trajet en zigzag. On doit veiller à ce qu'elle repose de niveau, de façon à ce que la sève ait partout une profondeur uniforme. La plupart des évaporateurs sont munis d’une soupape à flotteur qui permet à la sève fraîche de pénétrer dans la casserole à mesure que l'eau s’évapore. La
Fia. 12. MopDÈLEs D'ÉVAPORATEURS MODERNES
Tous à fond plissé.
sève entre par un coin, généralement sur le devant, et fait un parcours en zigzag de 80 à 100 pieds avant d'atteindre la sortie à l’autre bout. Elle s’épaissit en coulant et n'a que très peu de temps à séjourner dans le dernier compartiment pour atteindre la consistance du sirop, lequel est soutiré à fréquents intervalles,
En faisant l'acquisition d’un évaporateur, on doit prévoir l’agrandissement possible de la sucrerie et le traitement de grandes quantités de sève. Un fabricant expérimenté nous disait qu'il ménageait dix pieds carrés de surface d’ébullition par 100 arbres en exploitation.
Pour réduire le sirop en sucre, un second évaporateur est nécessaire. Il consiste en une simple bouilloire de 2 à 2 1-2 pieds de large sur 3 à 6 pieds de long et environ un pied de profondeur, en fer-blanc épais, quelquefois en fer galvanisé, mais jamais en tôle. Elle repose sur un fourneau et elle est munie de poignées commodes permettant de l'enlever du feu quand le sirop a atteint la consistance voulue pour se cristalliser. Certains fabricants emploient un palan pour la soulever. Cette disposition est même nécessaire lorsqu’un seul homme est chargé du travail.
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