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Décembre est le mois de l’année le plus négatif au point de vue des productions alimentaires, et en revanche celui où l’on consomme le plus. Pin prévision de ce temps, il a donc fallu prendre des mesures pour trouver le nécessaire et avoir même le superflu, principalement en ce qui concerne les légumes.
C’est, avec janvier, un des mois les plus favorables pour donner ou rendre les dîners, en ce que les marchés abondent en provisions et que celles-ci peuvent être conservées quelles qu’elles soient, sans rien avoir à redouter des variations atmosphériques.
DECEMBRE
Vers sa fin revient le défilé des fêtes religieuses, motifs tout trouvés à réunions de familles et à dîners, intimes.
En premier lieu vient le réveillon, nuit solennelle pendant laquelle, dit le poète Achille Ozanne,
Les uns se rendent à l’église,
Les autres dans les restaurants.
Cette fête était jadis la sanctification du compagnon de saint Antoine, et le feu d’artifice final des douze mois gastronomiques.
Mais autres temps, autres mœurs; on ne sait plus de nos jours réveillonner comme jadis.
Si les réveillons de notre époque ne sont plus qu’un pale reflet de ceux d’autrefois, on y observe cependant toujours le vieil usage qui veut que dans ce repas spécial on sacrifie à la charcuterie, du moins au début, car une dinde dûment truffée est le bouquet de tout menu de réveillon bien ordonné.
Mais le mérite le plus vrai et le plus réel de ce mois est de nous ramener, dans toute sa bonté, la truffe, apparue déjà il est vrai le mois précédent, mais sans avoir atteint encore sa maturité complète et cet arôme sui generis qui lui a fait décerner, et lui vaudra éternellement le titre de « reine des festins. »
Au précieux tubercule, qui peut prétendre aux plus beaux titres, vient se joindre le foie gras, qui peut, lui aussi, être considéré comme l’un des joyaux de la cuisine.
Au résumé, décembre est avec janvier l’un des mois les plus favorables à la bonne chère.