‹ La deffence et illustration de la langue francoyseChapitre 10 sur 449 · XVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVI PRÉFACE

La Deffence, on le sait, est une œuvre de combat et une œuvre de doctrine. L'auteur combat d'abord pour la langue française, pour son <( vulgaire », qu'il voudrait réhabiliter, venger du sot dédain des humanistes. En ce faisant, il reprend une lutte engagée par vingt autres. Dans mes notes, j'ai cru devoir, toutes les fois que l'occasion s'en présentait, établir des rapprochements entre Joachim et ses devanciers, Geoffroy Tory, Etienne Dolet, Jean Canappe, Jacques Peletier, Jacques de Beaune, etc., tous ces fiers défenseurs du parler maternel. — Du Bellay s'en prend aussi à Marot et son école, qu'il juge responsables de la médiocrité de notre poésie. Contre eux, en maint endroit, il lance des traits satiriques, il décoche des épigrammes. J'ai tâché d'éclaircir la plupart de ces allusions. Par-dessus tout, il charge à fond l'anonyme auteur de VAri Poétique, Thomas Sibilet, qui venait justement d'élever un trophée à la gloire de l'école (1548). J'ai cherché dans cet opuscule les passages essentiels visés par son critique, et je les ai cités d'après le texte original, puisque à cette heure encore nous n'en avons pas d'édition. — Mais en même temps qu'un pamphlet, la Deffence est un « doctrinal )^ si l'on peut ainsi dire. Elle expose en substance une poétique nouvelle, qui ne pouvait avoir du premier coup une pleine conscience d'elle-même et qui devait se préciser avec le temps. Il importait donc de la confirmer, et parfois de la compléter, par des extraits des autres œuvres théoriques de la Pléiade, principalement de Peletier et de Ronsard. Les notes rapprochées du texte permettront qu'on se fasse une idée de

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