‹ La deffence et illustration de la langue francoyseChapitre 107 sur 449 · quant (57, 80) — Us (62, 73-97 sauf · texte numérisé non relu

quant (57, 80) — Us (62, 73-97 sauf

1. Celte antithèse ne se trouve pas, que je sache, dans Quinlilien ; mais Tidée du moins est chez lui (X, ii, 27 ) : « Imitatio autem (namsaepius idem dicam) non sit tantum in verbis. »

2. Dans la langue du xvic siècle, ce mot a tous les sens du latin sententia. Il signifie ici « pensées ».

3. Du Bellay, qui prescrit comme utile et nécessaire à Tillustration de notre langue Timitation des auteurs étrangers, condamne au contraire comme fâcheuse et funeste Timitation des auteurs nationaux : il ne faut pas, dit-il, imiter dans la même langue. Ceci va droit contre Sibilet qui avait écrit dans son Art Poétique, I, m, f» 7 r*.>o . ^^ L'invention et le jugement compris soubz elle sv conferment et enrichissent par la lecture des bons et classiques poêles françois, comme sont entre les vieuz Alain Charlier et Jan de Meun : mais plus luy profileront les jeunes comme imbus de la pure source françoise, esclercie par feu tresillustre et tressavant prince François roy de France, vivant père de son peuple et des poêles françois, entre lesquelz lira le novice dés Muses françoises Marol, Saingelais, Salel, Heroel, Sccve, et telz autres bons espris, qui tous les jours se donnent et évertuent a Texaltation de ceste françoise poésie, pour ayder et roborer de leur invention et industrie son encor imbeciiie jugement, et autrement les suivre pas a pas comme Tenfant la nourrice, par tout ou il vouldra cheminer par dedans le pré de Poésie. »

4. La construction de ressembler avec un régime direct est fréquente au xvi« siècle. Cf. plus bas, II, ni, 193 : « 11 vauldroit beaucoup mieux écrire sans immitation que ressembler un mau~

OU un Marot '. Je t'amonneste - donques ( ô toy, qpiî

1. je t'admoneste (61, 69-75), je t'admonneste (84-97) — donq' (61, 69, 73, 84, 92), doncq' (75, 97) — ô (57, 6£, 80), 6 (61, etc.).

vais aucteur. » — On en trouve encore des exemples dans Régnier, Malherbe et Bossuet (Littré).

1. Clément Marot (1497-1544) est trop connu pour qu'il soit besoin d'insister. — Antoine Héroet ( P-1568 ), natif de Paris, protégé de Marguerite de Navarre, évêque de Digne ( 1552), fit paraître à Lyon en 1542 un petit volume comprenant : 1" to Parfaicle Amye, en trois livres ; 2" VAndrogyne de Platon ; 3" De rCaymer point sans estre aymé ; ¥ la Complaincte d*une dame surprinse nouvellement damour. Dans ces divers poèmes, surtout dans le premier. — tout à fait remarquable et de fond et de forme, — Héroet. s'inspirant de Platon, s'est fait le chantre de l'amour idéal. Antoine du Verdier {Bihl. Franc., 1, 124, réimpr. de 1772) salue en lui « l'heureux illustrateur du haut sens de Platon ». Bien avant lui, Jacques Peletier avait écrit dans son Art Poétique, I, n, 14 : « Je diroé bien, qui me lesseroèt juger, que je n'è ancores vu poésie an françoes mieus drccee a mon gre, ni plus santancieuse, ni la ou il i ut moins a redire, que la Parfeie Amie d'Antoene Héroet. Ce que je ne di point par afeccion, qui n'è ù ni familiarité aveques lui, ni connoessance. Car ni l'âge ni les tans de nous deus ne nous ont soufèrt antrchanter. » Jugement des plus élogieux, dont on peut rapprocher l'opinion d'Etienne Pasquier, dans ses Rech. de la Fr. VU, v : a Je fais grand compte d'Heroët en sa Parfaite Amie : petit œuvre, mais qui en sa petitesse surmonte les gros ouvrages de plusieurs. » (Édit. de 1723, 1, col. 701.) — Consulter sur Héroet, en attendant l'étude d'ensemble qui nous manque encore: CoUetet, notice inédite (Bibl. Nat.,n. acq. fr. 3073, f 241 r») ; Goujet. BibL Franc., XI, 141 ; Bourciez, Les mœurs polies... (thèse. 1886), p. 131 ; Leiranc. Le platonisme et la littérature en France à Vépoque de la Renaissance (dans la Rev. d'hist. litt. de la Fr., 1896, p. 13); L. Grou, La famille dAnthoine Héroet (môme revue, 1899, p. 277). — On remarquera que plus loin encore (II, i, 172), du Bellay associe les deux noms de Marot et d'Heroët. Pour le jugement final porté par du Bellay sur le compte d'Heroët, dont la Pléiade fit très adroitement un précurseur, v. Tode xui du Recueil de Poésie ( édit. Marty-Laveaux, I, 259).

2. On trouve aussi dans la Pléiade les formes admonnester ( du Bellay), admonester (Ronsard ), ammonester {du Bellay ). amonester, (Baïf), amon/ié/er (Ronsard). Au xvi« siècle, on prononçait sans faire sentir le d ni l's (m d'après de Bèze, mm d'après Palsgrave). Le d ne se prononce que depuis le xvn" siècle. On a dit longtemps admonester et admonéter : la première forme a fini par prévaloir. Cf. Thurot, Prononc. franc., II, 324 et 359.

desires raccroîssemenl de ta langue, et veux exceller en icelle) de non immiter à pié levé, comme n'agueres a dict quelqu'un ^ les plus fameux - aucteurs d'icelle, ainsi que font ordinairement la plus part de notz poëtes francoys, chose certes autant vicieuse, comme de nul profict à nostre vulgaire : veu que ce n'est autre chose (ô grande libéralité !) si non luy donner ce qui estoit à luy 3. Je voudroy* bien que nostre langue

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