quant
1. Le Quintil (v.plus loin, p. 25C. n. 7) blâme comme un néologisme remploi d' « intellect pour entendement ». Le mol se rencontre déjà au xni* siècle dans le Trésor de Bruneito Latini : « Intellect est celé chose par cui Ton entent les commencemens des choses et forme la fin et le compliement. » ( Édit. Chabaille, (p. 298).
2. Ces idées de du Bellay sur Taptitude de notre langue à traiter de philosophie et de science ont été reprises et développées par Louis Le Caron et Ponlus de Tyard. Voici comment, tout au début de sa Philosophie (Paris, Guill. Le Noir, i555, f» 3 r». — Bibl. Nat., R. 1787 ), s'exprime Louis Le Caron : « Je ne puis ne ' m'etonner grandement pourquoi la vulgaire et maternelle langue ne nous plalst autant es choses graves, qu'elle nous agrée es fables exprimées et tirées de mot à mot des Grecs, Latins, Italiens et Espagnolz. Qui est tant ennemi au nom françois, qui rejette ou mesprise Heliodore, Amadis, ou autres telz livres honnorez de la France, combien qu'ilz soient empruntez des inventions estrangeres ? Qui est celui qui, pour avoir la cognoissance des Grecs, dédaigne l'histoire élégante de Diodore Sicilien ja toute françoise ? Chacun admire les tragœdies traduites d'Euripide, mais doit il] déplaire d'expliquer en françois ce qui a esté gravement traictépar le divin Platon ? Je ne doute que plusieurs, reprochans à nostre langue sa pauvreté, me conseilleront de ne bazarder mon nom à ' tel péril, que m'efforçant de niluslrer et enrichir je ne tombe en \ l'obscurcissement et desestime de mon honneur. Lesquelz je desirerois n'estre tant degoustez de leurs propres richesses que par mépris ilz ne les laissassent honteusement envillir. Je di, et l'ai • tousjours soustenu, que nostre langue non seulement n'est pauvre, mais aussi plus riche que la grecque, latine, ou autre estrangcre, tant brave soit elle. Au commencement, que Ciccron ennoblissoit sa langue, plusieurs du vulgaire s'opposoient à ses labeurs : mais en fin leurs effortz vaincus, Rome cogneut quelle utilité lui avoit apporté si excellent personnage. Je ne veux I retirer de l'amour des autres langues ceux qui ont emploie en , Testudc d'icelles le plus cher temps de leur cage, ains je les laisse suivre leur cours tant qu'ilz voudront. IMais aussi je veux bien ' q\i'ilz soient plus amis d'eux-mesmes et qu'ilz ne travaillent tant
à honnorer les autres, que leur propre bien leur tourne à mépris : I et ainsi leur langue, le premier honneur de la patrie, dépouillée î de ses ornemens, demeure par tel desdain sans nom et authorité. |
Je reviens aux poètes et orateurs, principal object de la matière que je traite, qui est Tornement et illustration de notre langue.