‹ La deffence et illustration de la langue francoyseChapitre 186 sur 449 · aucteur (57, 62, 80), auteur (61, etc · texte numérisé non relu

aucteur (57, 62, 80), auteur (61, etc

sons. L'une, que mon affection est telle envers l'honneur de mon pais, que je veulx trouver tout moyen de Tillustrer. Et ne le puis myeulx faire, que de célébrer sa langue, comme on faict Grecs et Rommains la leur. L'aultre raison est que non sans exemple de plusieurs je m'addonne à ceste exercitation. Quant aux antiques tant Grecs que Latins, ilz n'ont prins aultre instrument de leur éloquence que la langue maternelle. De la Grèce seront pour tesmoings Demosthene, Aristote, Platon, Isocrate, Thucydide, Hérodote, Homère. Et des Latins je produis Giceron, Gaesar, Salluste, Virgille, Ovide. Lesquclz n'ont délaissé leur langue, pour estre renommés en une aultre. Et ont mesprisé toute aultre : sinon qu'aulcuns des Latins ont apprins la grecque, affin de scavoir les arts et disciplines traictées par les autheurs d'ycelle. Quant aux modernes, semblable chose que moy a faict Léonard Aretîn, Sannazare, Pétrarque, Bembe (ceulxla Italiens), et en France Budée, Fabri, Boville, et maistre Jacques Sylvius. Doncques non sans l'elemple de plusieurs excellents personnages j'entreprends ce labeur. Lequel (Seigneur plein de bon jugement) tu recepvras non comme parfaict en la démonstration de nostre langue, mais seulement comme ung commencement d'ycelle. Car je scay que quand on voulut réduire la langue grecque et latine en art, cela ne fut absolu par ung homme, mais par plusieurs. Ce qui se faira pareillement en la langue francoyse : et peu a peu, par le moyen et travail des gens doctes, elle pourra estre reduicte en telle parfection que les langues dessusdictes. A ceste cause ( Seigneur tout humain ) je te requiers de prendre ce mien labeur en gré, et s'il ne reforme totallcment nostre langue, pour le moyns pense que c'est commencement, qui pourra parvenir à fin telle, que les estrangiers ne nous appelleront plus barbares. » (Édit. orig., Lyon, 4540, p. 3-5. ) On saisit le rapport étroit des idées ici présentées avec celles de la Deffence. Nul doute que du Bellay n'eût maintes fois relu cette page d'une œuvre qui fut, ce semble, très goûtée du public, puisque de 4540 à 4549 on n'en compte pas moins de cinq éditions (1540, 1541, 1542, 1543, 1545).

1. Dans une adresse « au peuple francoys » qui suivait la dédicace à Langey de son traité sur la traduction ( 1540), Dolet disait : « Depuis six ans (ô peuple francoys ) desrobbant quelcques heures de mon estude principalle ( qui est en la lecture de la langue latine et grecque), te voulant aussi illustrer par touts moyens, j'ay composé en nostre langage ung œuvre intitulé VOrateur Francoys : duquel œuvre les traictés sont telz : La grammaire. Vorlhographe, Les

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France, mettra de bref* et fidèlement en lumière.

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