Quelque auti'e (57, 62, 80), qaelqa'autre (61, etc
1. J'avais pensé d*abord que ce passage pouvait viser Jacques Bouju, un poète angevin mentionné plusieurs fois par du Bellay et car Ronsard, et qui n*a jamais rien publié de ses œuvres. M. Emile Roy, répondant à mon article {Rev. dhist. litt, de laFr., 1897, p. 412 sqq. ), a jugé qu'il s'agissait plutôt de Charles Fontaine, un poète de l'école de Marot, auquel on a longtemps attribué le Quintil Horatian. En revenant sur la question après plusieurs années, je crois qu'en 1897 nous nous trompions tous deux, et que l'auteur ici visé n'est ni Jacques Bouju ni Charles Fontaine, mais bien Mellin de Saint-Gelays. Les détails du portrait tracé par du Bellay s'appliquent parfaitement à Saint-Gelays. Il est certain d'abord qu'il s'est montré, ce semble, plus soucieux d'éterniser son nom par les écrits des autres que par les siens propres, si Ton en juge par les nombreux témoignages d'admiration qui lui sont adressés un peu partout dans les recueils du temps et qui s'expliquent par la haute situation du poète à la cour et sa place considérable dans le monde des humanistes ( v. l'article de M. Delaruelle. Un dîner littéraire chez Mellin de Sainct-Gelays, dans la Rev. d'hist, litt. de la Fr., 1897, p. 407 sqq. ). D'autre part, ses contemporains le mettent couramment sur le même pied que Marot (j'entends a contention)), non au sens de débat où le prend M.Roy, — pour qui ce mot fait allusion au rôle de Fontaine dans les querelles littéraires de son temps, — mais au simple sens de rivalité : sans avoir publié d'ouvrage, Saint-Gelays est considéré comme le rival de Marot, au même titre que Démade fut le rival de Démosthène, Hortensius de Gicéron). Enfm, ce que dit du Bellay de ces « nouveaux écrits qui se lisent tous les jours sous son nom » convient de tout point au poète « officiel », peu pressé de livrer ses vers à l'impression, dont Etienne Pasquier a dit, Rech. de la Fr, VII, v : « Il produisoit de petites fleurs, et non fruits d'aucune durée : c'estoientdes mignardises qui couroient de fois à autres par les mains des courtisans et dames de Cour : qui luy estoit une grande prudence, parce qu'après sa mort, on fit imprimer un recueil de ses œuvres, qui mourut presque aussi-tost qu'il vit le jour. » (Édit. de 1 723, I, col. 700. ) Il va de soi que ces bluettes, inspirées par les circonstances, et qui circulaient manuscrites, sans prétendre à rien de plus qu'au plaisir immédiat, ne pouvaient toujours briller également par la « grâce » et V u érudition ». — Un membre de phrase seul peut sembler embarrassant ; « pour n'avoir encores rien mis en lumière soubz son nom ». En 1547, en effet, avait paru à Lyon, chez Pierre de Tours, une plaquette de 79 pp. in-8, sous ce titre : Saingelais. Œuvres de luy tant en composition que translation, ou allusion aux auteurs grecs et latins. Saint-Gelays l'a-t-il
s'eloingner du vulgaire *, est tumbé en obscurité aussi difficile à eclersir en ses ecriz aux plus scavans comme aux plus ignares -. Voyla une partie de ce que
. 1. 8'elongner (61, 69-75), s'eslongner (84-97) — tumbé (57, 62, 80), tombé (61, etc.).
2. eclersir (57, 80), eclercir(62). esclercir (61, 69-75), esclarcir (84-97) — ecriz (57, W), escriz (62)^ escripts (61, etc.) — scavans (57, 62, 75, 80, 84), sçavans (61, etc.).