‹ La deffence et illustration de la langue francoyseChapitre 216 sur 449 · loin (97) — j'estoy' (61-97 sauf · texte numérisé non relu

loin (97) — j'estoy' (61-97 sauf

i. Troupe, foule (tarba), — Ce mot n'avait pas, au milieu du XVI» siècle, le sens péjoratif qu'il a pris depuis lors. R. Estienne, DicL fr.'lat., 2» édit., 1549: «Tourbe, presse et grand foule de gens : iarba, agmen, ghbus hominum, » Ronsard écrit :

Donne-Dous oncor d'avaritage La tourbe des chantres divins.

Les poètes et les devins.

Et les prophètes en partage.

Ode à Michel de L'HoepUal, 1563.

(Édit. Blanchemain, II, 81.)

Et du Bellay lui-même :

Adieu, ma Lyre ; adieu les sons De tes inutiles chansons ; Adieu la source, qui recrée De Phebus la tourbe sacrée.

Adieu aux Mueee, IK^S.

(Édit. Marty-I^veaux, I, 435.)

Il semble que la nuance du mot se soit accusée à la fin du xvi^ siècle. Ainsi Montaigne, Ess. I, xlh : « Comparez luy [à Fhomme supérieur] la tourbe de nos hommes, stupide, basse, servile, instable, et continuellement flotante en Torage des passions diverses. » (Édit. Courbet et Royer, I, 357. ) Et surtout Charron, Sag, I. lu: « Le peuple (nous entendons ici le vulgaire, la tourbe et lie populaire, gens sous quelque couvert que ce soit, de basse, servile et mécanique condition)... » (Édit. de 1623, p. 280. )

2. « Voila bien défendre et illustrer la langue françoise, ne y recevoir que cinq ou six bons poètes, si cinq douzaines d'autres ne s'y opposoient, à tresbon droit, et pour le moins la grande douzaine. Encore que autrepart tu en nommes d*avantage, nom par nom. » (Q.H.)

3. Entendez : comme on suit de% porte-enseignes. La construction est équivoque, mais le sens de la phrase indique nettement que porV enseignes se rapporte à principaux et non à ceux.

nombre de ces anciens critiques juges des poëmes, comme un Arisiarque' et Aristophane', ou (s'il fault ainsi parler ) un sergent de bande ^ en notre langue francoyse, j'en mettroy* beaucoup hors de la battaille si 5 mal armez *, que se fiant en eux ^, nous serions trop eloingnez de la victoire ou nous devons aspirer. Je ne doute point que beaucoup, principalement de ceux qui sont accommodez ° à l'opinion vulgaire, et dont les tendres oreilles ne peuvent rien souffrir au desavan- 10 taige de ceux qu'ilz ont desja receuz comme oracles,

Page 1