‹ La deffence et illustration de la langue francoyseChapitre 229 sur 449 · V. ci-dessus, p. 53, n · texte numérisé non relu

V. ci-dessus, p. 53, n

et romains, voyre bien ' italiens, hespagnolz et autres \

1. Toire (61-97 sauf 80) — hespagnolz (57, 80), hespagnols (62), espft» gnols (61, etc.).

i. Voyre bien = voire môme. Cf. plus haut, p. 81, n. 4.

2. Cette théorie de rimitation n*a pas été sans soulever dès le début d'assez vives protestations. On a vu ci-dessus ( fin du chapitre précédent, p. 492, n. 1 ) l'argumentation, un peu subtile, 4 mais juste au fond, du Quintil Horalian et le dilemme dans lequel ] il enferme du Bellay. En 1550, dans sa Réplique aux furieuses de- • fenses de Louis Meigret, Guillaume des Autelz a glissé quelques ! pages qui sont vraiment une réponse très judicieuse et très sensée | aux théories de IsiDeffence. 11 n'a pas de peine à montrer que Vimi- \ talion, telle que l'entend du Bellay, ne diffère pas essentiellement

de la traduction qu'il proscrit, et, faisant un devoir au poète de renoncer à l'une comme à l'autre, il lui donne le conseil d'oser être original en s'af&anchissant des anciens et des Italiens : « En prepiier lieu, je ne suis pas de l'avis de ceux qui ne pensent point que le François puisse faire chose digne de l'immortalité de son invention, sans l'imitation d'autrui : si c'est imiter, desrober un sonnet tout entier d'Arioste ou de Pétrarque ou une ode d'Horace, ou ilz n'ont point de propriété, mais comme misérables emphyteotaires reconnoissent tout tenir avecques redevance des seigneurs directz, et ne différent en rien des translateurs qu'ilz mesprisent tant, sinon en ce qu'ilz laissent ou changent ce qu'il leur plait : quelque immodeste plus librement diroit ce qu'ilz ne peuvent traduire. Mais je pense qu'il y ha bien à dire, à considérer en quoy gist l'artifice et la grâce d'un bon auteur, pour s'efforcer de l'ensuivre par semblable chemin, et à luy desrober du tout son invention, ses mots et ses sentences. Pourtant ne me blâme je pas tant ces paraphrastes (car ce nom veulent ilz avoir) que ceux qui sans autre connoissance que de leur sens naturel escrivent à l'avanture. Vergile, au champ duquel Theocrite reconnoistroit beaucoup de ses biens, sera prisé, mais l'autre aura non seulement l'honneur de l'invention, ains en maints lieux de tout l'artifice. Je voudrois, moy, que nostre poète françois fust parfaitement familier aux bonnes lettres et aux bons auteurs, principalement ceux qu'il voudroit imiter : j'entens quand il voudroit choisir un genre de poème desja usité : mais s'il avoit plus hault courage, estant instruit de toute bonne doctrine, qui l'empeschera de faire sortir de la France chose que ny l'arrogante Grèce, ny la curieuse Romme, nyla studieuse Italie n'avoient encores veu P De qui ont esté imitateus les Grecs, qui mesme interroguez sus ce jamais ne respondoient rien P Les Latins ( combien que leur plus grand honneur, comme de gens ne s'osans fier en leur force, soit en l'imitation ) n'ont ilz pas trouvé un genre nouveau et inusité

OU du tout n'écrire point, si non à soy (comme on dit) et à ses Muses *. Qu'on ne m'allègue point icy quelques uns des nostres*, qui sans doctrine, à tout le moinsnon autre que médiocre, ont acquis grand bruyt^ en nostre vulgaire. Ceux qui admirent voluntiers les petites choses, et deprisent * ce qui excède leur jugement, en feront tel cas qu'ilz voudront : mais je scay bien que les scavans ne les mettront en autre ranc, que de ceux

Page 1