‹ La deffence et illustration de la langue francoyseChapitre 249 sur 449 · avecques (57, 62, 80), avecq* (61, etc · texte numérisé non relu

avecques (57, 62, 80), avecq* (61, etc

4. tels (62, 73-97 sauf 80) — ouvraiges (57, 62, 80), ouvrages (61, etc.).

(Édit. Blanchemain, lil, 18.) Bien plus, cette expression dVpîthètes oisifs se rencontre encore dans Balzac (Littré , art. j^pi- Ihète), et le P. Bouhours note comme une curiosité cette phrase du même écrivain : « Il faudra rendre compte, au dernier jugement, de la moindre parole oisive, » (Littré, art. Oisif.)

i. « Donques les ludicres et joyeuses n'auront lieu?» (Q. H.) Le Quintil réclame en faveur de Tode légère et badine (que d'ailleurs la Pléiade a traitée sous le nom d* odelette). — Cf. ce qu'avait dit Sibilet de la chanson ( II, vi, f 58 v°) : « La chanson approche de tant prés Tode, que de son et de nom se resemblent quasi de tous poins : car aussy peu de constance ha Tune que l'autre en forme de vers et usage de ryme. Aussy en est la matière toute une. Car le plus commun suget de toutes deus sont Venus, ses enfans et ses Charités, Bacchus, ses flaccons et ses saveurs. »

2. Des trois pièces raillées ici par du Bellay, deux — la première et la troisième — sont des chansons .de Saint-Gelays, qui font partie de la petite et rarissime plaquette publiée chez Pierre de Tours, à Lyon, en 1517, sous ce titre : Saingelais. Œuvres de luy tant en composition que translation, ou allusion aux auteurs grecs et latins. On les retrouvera dans la réimpression qu'en adonnée Blanchemain [Œuvres complètes de Melin de Sainct-Gelays, 1873, I, 127 et 66 ). Quant à la seconde, c'est une pièce d'une poétesse de Lyon, amie intime de Maurice Scève, Pernette du Guillet, dont les Bymes avaient paiu chez Jean de Tournes, à Lyon, en 1545 (v. la réimpression de N. Scheuring, Lyon, 1864, p. 53-63). — U se pourrait que du Bellay n'ait pas connu directement les trois chansons dont il fait la critique sans nommer leurs auteurs : il avait pu les lire toutes les trois dans un recueil publié par Jean de Tournes et qui, avant la Deffence, n'avait pas eu moins de trois éditions ( Lyon, 1545, 1547, 1548) : Deploration de Venus sur la mort du bel Adonis. Avec plusieurs chansons nouvelles. Sur ce recueil, v. Rev. d^hist. litt. de la Fr., 1890, p. 97.

3. Ce dernier trait vise évidemment Sibilet. On a vu ci -dessus, même page, n. 1 ; que l'auteur de VArt Poétique confond l'ode

avec la chanson. Voici d'ailleurs tout le passage, important à connaître pour apprécier à sa valeur la protestation de son adversaire. Sibilet vient de parler du cantique, dont on a des modèles dans les Psaumes de Marot. 11 continue ( II, vi, f 56 v® sqq. ) : « Le chant lyrique ou ode ( car autant vaut a dire ) se façonne ne plus ne moins que le cantique, c'est a dire autant variablement et inconstamment, sauf que les plus cours et petis vers y sont plussouvent usités et mieus séans, a cause du luth ou autre instrument semblable sur lequel Tode se doit chanter. Aussy la matière suyt l'effet de l'instrument, qui comme le chant lyrique et l'ode comme l'instrument exprime tant du son comme de la vois lés affections et passions ou tristes, ou joieuses, ou creintives, ou espérantes, desquéles ce petit dieu (le premier et principal suget de poésie, singulièrement aus odes et chansons) tourmente et augmente lés esperis dés amoureus. Ainsy est le chant lyrique aussy peu constant qu'ilz sont, et autant prompt a changer de son, de vers et de ryme, comme eus de visages et d'acoutremens. Pource n'en atten de moy aucune régie autre, fors que choisisses le patron dés odes en Pindarus poète Grec et en Horace Latin, et que tu imites a pied levé Saingelais es françoises, qui en est autheur tant dous que divin : comme tu pourras juger, lisant ceste ode sienne faite au nom d'une Damoiselle :

O combien est heureuse, etc.

[ Sibilet cite l'ode entière. ]

« La mesme perfection et douceur de luy liras tu, lisant ses autres odes en autre forme, commençantes :

Laiiêét la verde couleur, etc.

Paye que nouvelle affection, etc.

Ne vaillee. Madame^ etc.

Hélae, mon Dieu, y a il en ce monde, etc.

et grand nombre d'autres, toutes tant cognues et chantées qu'il n'est ja besoin de t'en escrire icy copie. » (V. les pièces susindiquées dans l'édit. Blanchemain, I, 6S; I, 127 ; III, 290 ; III, 291 ; I, 69.) — De l'ode ainsi conçue, Sibilet rapproche la chanson (v. ci-dessus le passage), qui n'en diffère point quant aux sujets, mais simplement en ce qu'elle a moins de couplets que le chant lyrique et qu'elle est plus inconstante de façon et de style, et, cette analogie posée, il conclut en disant : (c Ly donq lés chansons de Marot, autant souverain autheur d'elles, comme Saingelais de chans lyriques. » Comme on le voit, les idées de Sibilet sur l'ode se ramènent à ces trois i)oints : l^* l'ode n'est qu'une chanson en grand, comme la chanson une ode en petit ; 2<* l'ode est exclusivement un chant d'amour, qui se chante sur le luth ; 3*" le grand modèle à suivre, en pareil cas, est Saint-Gelays. On conçoit que du Bellay, nourri des anciens, ait rejeté dédaigneusement une théorie si étroite, et qu'il n'ait pu voir sans indignation ravalés au niveau

du « vulgaire » Saint-Gclays le Grec Pindare et le Latin Horace. — En 1550, le Quiniil a repris contre du Bellay la théorie de Sibilet. Il s'écrie, à propos des chansons raillées par Joachim : « quelle rejeclion de choses si bien faites, et par telz auteurs que d'espris ■, de les nommer chansons vulgaires ? ( chansons bien, vulgaires non, comme seroit la Tirelitanteine ou Lamyhaixdichon} : car ce ne sont chansons desquelles on voise à la mouslarde') et puis dire icelles ne mériter le nom de odes *, ou de vers lyriques ? Je le demande • : n*est ce une mesme chose <f>8^ ode, cantio et chanson, en trois langues diverses ? ainsi comme àvr,p, aner, vir, homme ?Et les noms divers changent ils la chose ? Certes non. Quel besoin estoit il donq de escorcher le nom grec, ou le françois estoit?Ce que n'ont fait les Italiens (tes dieux en singerie; qui du nom françois Pont appellée canzone. Pource, contre ton dit, si elles sont chansons, elles sont odes par equipollence de nom. Et si elles peuvent estre sonnées à la lyre (comme elles sont), méritent le nom de vers lyriques, myeux que les bayes de ton Olive ne la su y te, qui ne furent onque chantées ne sonnées, et à peine estre le pourroient. » Toujours pédantesque, Aneau remonte à l'étymologie pour démontrer la synonymie des mots ode et chanson, (Cf. plus loin, p. 223. n. i : « Est de conforme signifiance le nom françois chanson au grec ode. ») Mais très ingénieusement, il insinue que ce n'est pas la peine de tant dédaigner la chanson française, quand on vante si fort la canzone italienne. — C'est à peu près la môme idée qu'on retrouve chez Guillaume des Aulelz, qui défend contre du Bellay Mellin de Saint-Gelays et Pernette du Guillet {op. cit., p. 62) : « Si l'ode est tant superstitieuse que aucuns la font, c'estasavoir d'estre mesurée à la lyre, que Ion ne reçoive point les chans de Pétrarque, si Ion ne nous veult permettre d'en faire comme luy : et ne me sauroit on oster de la fantasie que Laissez la verde couleur et Amour avecques Psiches, quelque nom que leur donnent ceux qui veulent bailler des titres aux œuvres d'autrui, sont vrayment œuvres poétiques, bien ornées de figures convenantes à leur subjet : et que plus m'y plait, en l'une je voy une prosopopee, mouvant jusques à tout l'affection de miséricorde : en Tautre une

a. Sic (1555 et 1556). Je lirais volontiers : >et par telx auteurs que detprises*.

b. Tirelitanteine, sorte de refrain populaire. — M. Langlois a rencontré dans quelques manuscrits du Moyen Âge dos allusions à Vamy Baudichon (autrement Gaudechon). Cf. Not. et extr. de» mss de la Bibl. Nat., t. XXXIII, d* part., p. 179 n. 1.

c. C*est-à-dire : tombées dans le public, courantes et communes. Proverbe : Le» enfant» en vont à la moutarde (Le Roux de lincy, Prot. franc., II, 203). Cf. Rabelais, II, xxi : « Et en feust faicto une chanson dont le» petits enfans alloyent à la moustarde. » (Édit. Marty-Laveaux, I, 331.)

d. 1555 : « le non de» odes n.

e. J'adopte le texte de 1555. 1556 porte : ■ Je ne te demande ». Peut-être fautil lire « Je te te demande ».

Quand aux epistres \ ce n'est un poëme qui puisse ^ grandement enrichir nostre vulgaire, pource qu'elles sont volunliers de choses familières et domestiques ',

1. Quant (57-97) — ce ne est (57, 62, 80) — poème (57, 62, 80), poëme (61, etc.).

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