‹ La deffence et illustration de la langue francoyseChapitre 250 sur 449 · volontiers (57, Q2, 80), volontiers (61, etc · texte numérisé non relu

volontiers (57, Q2, 80), volontiers (61, etc

évidence et vive représentation des choses y narrées : qui n*est point encor sans Timitation de Theocrite, combien qu'il y soit surmonté. Mais ce me semble ridiculement fait de nous refuser le nom d*ode, si Ion nous ottroye le nom de chant : et si j'estois tant superstitieux de n*appeller mes chants odes, pour n'estre mesurez à la lire, je me voudrois bien garder de les appeller vers liriques, d'un nom beaucoup plus convenant à ce que j'eviterois. » Cette dernière phrase fait allusion aux Vers Lyriques de du Bellay (1549), un recueil compose de treize odes, dont neuf ne sont pas « mesurées à la lyre », c'est-à-dire n'observent pas l'ordonnance régulière des rimes masculines et féminines (v. la préface de ce recueil citée plus loin, p. 293, n. 2 ).

1. On sait que l'épître fut très en honneur auprès de Marot et de son école. Nous avons de Marot une soixantaine d'épitres, dont la plupart sont des chefs-d'œuvre d'élégance badine et de grâce légère. Du Bellay, qui n'estime pas que ce soit là de la grande poésie, et qui pourtant ne peut proscrire une forme d'art qui nous vient de l'antiquité, va demander du moins qu'on rehausse l'épître, comme les autres petits genres, en la faisant ou triste, à la façon d'Ovide, ou grave, à la façon d'Horace.

2. Latinisme: non est id poema qaod possit..., ce n'est pas un poème de nature à,,.

3. « Tu metz les epistres hors du jeu, qui sont bien les plus nécessaires, non seulement à nostre langue, mais à toutes, pour la commune société des hommes, soit en prose ou en vers. La richesse et utilité, voire nécessité desquelles voy et ly es epistoliers, et principalement en ceste belle préface apologique que a faite François Aretin sur la translation des grequcs epistres de Phalaris ■. Puis tu allègues une belle et suffisante raison : pource qu'elles sont ( ce dis tu ) de choses familières. Mais d'autant plus sont idoines " à enrichir nostre vulgaire, qui converse et est le plus souvent mis en usage es choses familières. Combien que outre l'exemple et la translation des autres langues, comme les epistres

a. Phalaridis epiatolx per Franciseum Aretinum in latinum translata (Romo [7], vers 1470). Nombreases réimpressions au xvi* s.

b. Idoinet = propres {idoneus).

de Ciceron ■, Pline*, Basil le Grand*, Phalaris**, Euchier •, mises en françois, cncores en est il de françoîses originales, de non moindre gravité que celles-là. Je m*cn rapporte à VEpistre envoyée à un Secrétaire Alleman, que Ton dit eslre de feu illustre, noble et savant seigneur Monsieur de Langey *. Je m'en rapporte aux epistres (qui sont missives, comme le nom venu du grec le monstre*) des roys, princes, seigneurs, peuples, républiques, voire de» advocatz, procureurs, et marchans, et privez amys, et à plusieurs belles epistres nuncupatoires *" et dedicaloires. Desquelles je voudroie mieux apprendre à parler et escrire, et enrichir mon vulgaire, et ma langue illustrer, que de tes élégies larmoyantes- Car si j'estoie secrétaire de quelque grand seigneur qui me commandast escrire son vouloir et son intention en autre lieu, et à autre tel personnage, ou à quiconque ce fust, et au lieu de cela,, je luy allasse escrire une elegie suyvant raffection de ma propre douleur, qui en rien et à luy et à autre ne toucheroit, et que je luy chantasse la complainte de Quarcsme, pour avoir des œufz à Pasques : pensez qu'il seroit bien aysc, et m'en sauroit grand gré de faire ainsi ', Nostre Dame de Pitié. Je n'entendz que des poétiques ( pourras tu dire ) et non des prosaïques. Et je te suy* instant ^ : N'es tu pas celuy illustrateur de la langue françoise ? laquelle doit et peult bien estre, et est illustrée de l'une et l'autre, oraison et poésie ? Combien encore que point ne nous défaillent les poétiques pour enrichir nostre langue de choses et de paroUes telles que sont les deux ^pis/res de l'Amant verd^, tant riches ei* diversité de plusieurs choses et propos, que c'est merveille. Item celles de Octovian \ de Philistine ", de Marot, de Vauzelles ', et

a. Les ÉpUreë familières de Cicëron ayaient été traduites en français : 1* par Michel de Tours (Paris, 1537-1539) ; 3* par Etienne Dolet (Lyon, 1543).

b. Je no connais aucune traduction française dos lettres do Pline antérieure au. Quintil.

c. J'en dis autant dos lettres de saint Basile.

d. Les épitres faussement attribuées à Phalaris, tyran d'Agrigento (vi* s. av. J.-C), venaient d'être traduites en français par Claude Gniget (Paris, 1550).

e. Saint Eucher, évéque de Lyon (f 450), auteur d'une Êpitre à Valérien, dont Aneau lui-même devait bientôt donner la traduction en vers français : S. Buchier à Valeriant exhortation rationale, retirant de la mondanité et de la philotophie prophane à Dieu et à Festudê des eainetes lettres (Lyon, 1553).

f. Cette épître de Guillaume du Bellay ne fut publiée qu'en 1556, à la suite de VEpitome de l'antiquité det Gaules et de France, (*• 81 r«-101 r«.

g. 'EirtffToXiQ (d'iirioréXXw, envoyer) = bas-lat. missiva (de mitto, même sens), h. A peu près synonyme de dédicatoires (inscription d'un nom [nuncupare == no-

men eapere] en tête d'un livre).

i. 1555 supprime ici la virgule.

j. Et je le demande instamment.

k. Les Epistres de l'Amant verd à Madame Marguerite Auguste (1510), œuvrede J. Lemaire de Belges (édit. J. Stécher, III, 3-10 et 17-37).

1. Octovien de Saint-Oelays, qui traduisit en vers les HéreMei d*Ovide (Paris, 1500).

m. Je n'ai pu découvrir à quel ouvrage lo Quintil fait allusion.

n. La Croix du Maine (II, 107-108) cite un Macé [Matthœns, d'où Mathieu] d»

si lu ne les voulois * faire à rimmitation d'elegies ', comme Ovide ', ou sentencieuses et graves, comme Horace *-

1. si tu le voulois faire (84-97) —à l'immitation (57, 62, 80), à l'imitation (61, etc.), à limiUtion (92).

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