Avec mesure, modération. C'est le sens du latin modeste
2. Épargner (au sensdu latin parcer^ ). Par deux fois, le Quiniil blâme ce latinisme (cf. ci-dessous, p. 221, n. 4 et p. 256, n. 7).
3. Gomme on le voit, du Bellay condamne la satire personnelle au profit de la satire générale. C'est d'avance le programme d^ Régnier. — Cf. Martial, Epigr. X, xxxiii, 9-10:
Hune servare modum nostri novere libelli :
Parcere personis, dicere de vitiU.
4. « Horace point n'a pardonné aux noms (comme tu latinises enfrançois) ou plustost n'a point espargné les noms des personnes. » (Q. H.)
5. InsL Orat X, i, 94 : « Multum eo [LucUius] est tersior ac punis magis Horatius, et ad notandos hominum mores praecipuus. » Je cite le texte des vieilles éditions, celui qu'a connu du Bellay. La critique aujourd'hui lit ainsi la fin de la phrase : et, non [ alii : nisi] labor ejas amore, praecipuus.
6. Sonner = faire résonner, faire entendre, par suite chanter (c'est le sens du latin sonare dans ce vers de Properce, Eleg. II. XXXI, 16 : « Pythius in longa carmina veste sonat »). L'emploi do sonner au sens de chanter est très fréquent chez les poètes du XVI* siècle. On sait que de nos jours, grâce à l'efiTort tenté par l'école moderne, ce sens longtemps perdu tend à revivre dans la langue, — au moins dans la langue poétique.
7. Étymologiquement, sonnet = chanson. C'est en ce sens qu'on le trouve dans l'ancien français, sous la forme sonet [v. Godefrot) :
Chantocler lors s'aséura, De la joie un 4onet chanta.
Jlom. de Ben., 1560, édit. Méon, J, 50.
Littérairement, le sonnet est un poème fixe de quatorze vers, dont Boileau a donné « les rigoureuses lois » {Art Poétique, II, ÎÎ2 sqq.), et que les poètes de la Renaissance ont emprunté à l'Italie — Sur le sonnet, ses origines et son histoire, consulter la récente thèse de M. Max Jasinski, Histoire du sonnet en France' (1903 .
non moins docte que plaisante invention italiennes
Sous ce titre : Le sonnet en Italie et en France au xvi* siècle (Bibl. des Fac. calh. de Lyon ), M. Hugues Vaganay a publié en deux fascicules (1902-1903) un répertoire bibliographique des ouvrages ou recueils italiens et français contenant des sonnets de 1501 à
1. (( Sonnez luy l'antiquaille. Tu nous as bien induit à laisser le blanc pour le bis, les balades, rondeaux, virlaiz et chans royaux pour les sonnetz, invention (comme tu dis) italienne. Dequoy (si à Dieu plait ) ils sont beaucoup plus à priser. Et certes ils sont d'une merveilleuse invention (à bien les consyderer) et tresdifielle, comme d'un huitain bien libre, à deux ou à trois cadences % et un sizain, à autant d'unisonances, ou croisées ou entreposées si abandonnéement et deregléement, que le plus souvent en cinq vers sont trois rymes diverses, et la ryme du premier rendue finalement au cinquième, tellement que en oyant le dernier, on a desja perdu le son et la mémoire de son premier unisonant, qui est desja à cinq lieues de là. Vêla une brave poésie, pour en mespriser et dédaigner toutes les autres excellentes françoises, si conjointes en leurs croisures ^ qu'elles ne laissent jamais perdre et loing voiler le son de leur compagne, encore demourant en l'oreille, et en Ve fenit plus d'un ver •, ou deux au plus, et ce en double croysure et entreposée quaternaire ^. Outre ce, au lieu de défendre et illustrer nostre langue (comme tu le promets), tu nous fais grand deshonneur, de nous renvoyer à l'italien, qui a prins la forme de sa poésie des François, et en laquelle il est si povre, qu'il ne tombe gueres jamais que en a eto, et si liccntieux, qu'il use de motz et couppes, divisions et contractions à l'estriviere •.» (Q. H.) — Le Quintil, très mal disposé pour ce qui vient de l'Italie, rabaisse le sonnet, en affectant d'y voir tout simplement un huitain suivi d'un sizain. En outre, il condamne la disposition trop fantaisiste des rimes dans les tercets : ce qui veut dire qu'il n'admet pas la structure des tercets telle qu'elle se présente dans beaucoup de sonnets de VOlive (par exemple, CDE — CDE, GDG — EDE, GDC — EED, etc.). Pour être juste, U importe de remarquer que la Pléiade a renoncé très vite à cette
a. Cadence =s chute de vers {eadere^ tomber), terminaisoB, d'ob : riine.
b. Croisement des rimes.
c. Passage altéré : en l'e feeit plus d'un ver (1555), en l'e feit (1566), en Yeepit (1573). Person corrige : en Te ne font ; Godofroy (Complément, art. ihtatemaire) : en le fetiit. Faute de mieux, j'adopte cette dernière correction. Le sens est bien peu clair.
d. D'après Godofroy {loeo cit.), substantif féminin » disposition par quatre.
e. La locution complète est : à mode d'ettrivieres ss « que l'on allonge et resserre comme on veut, pour l'aisance du chevalier ■ (note de Claude Garnier, Discours de Ronsard, édit. Marty-La veaux, Y, 4S6, n. 81 : cf. édit. Blanchemain, VII, 131, n. 5).
conforme de nom à Tode', et différente d'elle seule-