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manière tout italienne de construire les tercets, pour adopter une façon moins « déréglée ». Après 1550, le type français du sonnet est ainsi constitué : la forme des quatrains restant invariablement ABBA — ABBA, les tercets présentent toujours une des deux dispositions suivantes : CCD — EED ou CCD — EDE. (Sur ce point, consulter un article de M. Vianey, u Les origines du sonnet régulier », dans la /?ev. de la Ren., févr.-mars 1903, p. 74-93.) — Beaucoup moins exclusif que l'auteur du Quintil, puisqu'il constate que i< le sonnet aujourd'huy est fort usité et bien receu pour sa nouveauté et sa grâce », Sibilet cependant avait fait à peu près k cette forme d'art les mêmes reproches qu'Aneau (II, ii, f^ 43v^-44 v<*). Lui aussi l'avait rabaissé, semble- t-il, en l'assimilant à ïépigramme : « Le sonnet suit Tépigramme de bien prés, et de matière et de mesure. Et quant tout est dit, sonnet n'est autre chose que le parfait épigramme de l'Italien, comme le dizain du François. Mais pource qu'il est emprunté par nous de l'Italien, et qu'il ha la forme autre que nos épigrammes, m'a semblé meilleur le traiter a part. Or pour en entendre l'enargie, sache que la matière de l'épigramme et la matière du sonnet sont toutes unes, fors que la matière facécieuse est répugnante a la gravité du sonnet, qui reçoit plus proprement affections et passions grèves, mesmes chés le prince dés poètes Italiens, duquel l'archétype dés sonnetz a esté tiré. » Il ajoutait que « la structure en est un peu fâcheuse », et, définissant cette structure, il disait à propos des tercets : « Les sis derniers [vers] sont sugetz a diverse assiette : mais plussouvent lés deuz premiers de ces sis fraternizent en ryme platte. Les 4. et 5. fraternizent aussy en ryme platte, mais différente de celle dés deuz premiers : et le tiers et siziéme symbolisent aussy en toute diverse ryme dès qiiatre autres. . . » [C'est le type CCD — EED.] «... Autrement ces sis derniers vers se varient en toutes lés sortes que permettent analogie et raison, comme tu verras en lisant lés sonnetz fais par lès savans poètes plus clèrement que règle ne moy ne te pourrions montrer. » — Peletier, reprenant le parallèle entre le sonnet et l'épigramme, donnera l'avantage au premier ( II, iv, 61-62) : « Le sonnet donq et plus hautein que l'épigramme, e à plus de majesté... Il à de commun avec l'épigramme qu'il doèt se fere aparoèr ilustre an sa conclusion. Mes U à de plus qu'il doèt être elabourè, doèt santir sa longue reconnoessance, doèt resonner an tous ses vers serieusemant, e quasi tout filosofique an concepcions. »
i . « Sauve la révérence de ton savoir, il n'y a point conformité de nom entre ode et sonnet. Le verbe «Sw, ado, dond vient «ôfii^, ode, ode, ne signifie pas ce que le verbe sono, duquel vient sonnet. Car
ment pource que le sonnet a certains vers reiglez et limitez, et Tode peut courir par toutes manières de vers librement, voyre en inventer à plaisir *, à l'exemple d'Horace, qui a chanté en xix sortes de vers, comme disent les grammariens '. Pour le sonnet donques tu
1. pour ce que (84, 97) — le sonnet à certains vers (49, 57).