‹ La deffence et illustration de la langue francoyseChapitre 259 sur 449 · nommées · texte numérisé non relu

nommées

Gelais ', qui compose, voire bien sur tous autres, vers lyriques, les met en musique, les chante, les joue et sonne sur les instrumens, je confesse et say ce qu'il sait faire, mais c'est pour luy. Et en cela il soustient diverses personnes, et est poète, musicien, vocal et instrumental. Voire bien d'avantage est il mathématicien, phUosophe, orateur, jurisperit, médecin, astronome, théologien, brief panepUtemon ^. Mais de telz que luy ne s'en trouve pas treize en la grand douzaine, et si ne se arrogue rien et ne derogue à nul. » (Q. H.) — La forme éclogue reproduit exactement le vocable étymologique (ixXoyr,, ecloga). Elle est courante au xvi« siècle. Mais on rencontre aussi ( chez Marot, par exemple ) la forme églogue, . qui est le résultat d'une assimilation de la première consonne explosive à la seconde. Quant au vrai sens d*églogue, on sait qu'il est morceau choisi : l'influence de Virgile, dont les Églogueg ont la plupart un caractère pastoral, a fait passer le mot au sens de bucolique.

i. Jacques Sannazar (1458-1530), poète italien et néo-latin, un des plus célèbres du temps de Léon X. Il est l'auteur d'un roman pastoral, en prose mêlée de vers, ÏArcadia (1502), qui n'eut pas moins de soixante éditions au xvi« siècle. Mais plus que cette œuvre en langue «vulgaire», il aimait et prisait ses poésies latines, des élégies, des épigrammeSy des églogues, et surtout le poème De paria VirgùUs (1522). Sur Sannazar en général, on consultera la thèse latine de l'abbé BeUon, De Sannazar iivita e/opcri6us (1895), et sur ses églogues marines en particulier, la thèse latine de Campaux, De ecloga piscatoria qtialem a veteribus adumbraiam absolvere sibi proposuerit Sannazarias (1859). — Il est bon de noter qu'avant 4549, le poète Hugues Saicl, un ami de Marot, avait composé une Eglogue marine, où il peignait deux mariniers, Merlin et Brodeau [c'est-à-dire les poètes Mellin de Saint-Gelays et Victor Brodeau), pleurant la mort prématurée de François de Valois, dauphin de Viennois, fils aîné de François !•'. Cette églogue fait partie du recueU d'OEuvres qu'il publia chez Etienne RofTet, à Paris, en 1539 (Bibl. Nat. — Rés. Y-. 1666).

a. Peat-étre ici faat-il admettre une transpositioa et lire : • un Monsieur Mellin de Saint Gelais ».

b.nave9C(OTY)|ii0V« qui a la science universelle.

mitations, qu'est celé ecclogue sur la naissance du Riz de Monseigneur le Dauphin*, à mon gré un des meilleurs petiz ouvraiges que fisl onques Marot*. Adopte moy aussi en la famille françoyse ces coulans et mi-

1. immitations (57, d^, 80), imiUtions (61, etc.) — ceste (61-97 sauf 80) — ecclogue (57, 62, 80), eclogue (61, 69), eglogue (73, etc.) — fils (73, 75, 84-97).

3. pctiz (^), pctis (57, 62), petitz (61), petits (69, etc.) — ouvrages (57-97 sauf 80) — fist (57, 62, 80), fit (61, etc.) — onques (61,69, Si, 92), onque(57, 62, 80), oncques (73, 75,97).

4. frauçoyse (80), francoiso (6i), françoise (57, etc.) — ses (92, 97).

4. (]clle Eglogue sur la naissance du filz de Monseigneur le Dauphin [François de Valois, depuis François II, né le 49 ou 20 janvier 4544] se trouve dans les œuvres deMarot, édit. P. Jannet, I, 64 07.

2. A noter cet éloge de Marot. Notre auteur n'est pas coutumier, en ce qui le concerne, de pareils compliments. C'est que la pièce dont il s'agit n'est guère qu'une adaptation de la 4* eglogue de Virgile, celle qui a pour titre Pollion. — Sibilet, lui aussi, naturellement, avait fait l'éloge de Marot en matière bucolique. Voici d'ailleurs comment il parle de l'églogue ( II, vni, f^ 61 v*- 62 r») : « L'éclogue est gréque d'invention, latine d'usurpation et françoise d'imitation. Car Théocrite, le poète gi*ec, est le patron sus lequel Vergile ha pourtrait ses Eclogues : et Vergilc est le moule d'où Marot et lés autres poètes françois ont pris la forme dés siennes : et tous lés trois sont l'exemplaire que tu y dois suivre. Avise donc que ce poème qu'ilz ont appelle éclogue, est plus souvent un dialogue, auquel sont introduis bergers et gardeurs de bestes, traittans soubz propos et termes pastoraus morlz de princes, calamitéz de temps, mutations de republiques, joycus succès et cvene^nens de fortune, louenges poétiques, et télés choses ou pareilles, soubz allégorie tant clére, que lès desseins dès noms, dés personnes, et l'adaptation propre dés propos pastoraus aus. choses soubz iceus entendues et dédulttes, lés facent voir tant cléremenl, comme s'apperçoit la peinture soubz le verre. » Et Sibilet cite en exemples trois églogues de Marot, sa traduction du Tityre de Virgile, son eglogue sur la mort de « Madame Loyse de Savoye », son Eglogue au Roy soubs les noms de Pan et Robin (édit. P. Jannet, III, 421 ; II, 260 ; I, 39). — Nous avons là, comme on le voit, la théorie de l'églogue allégorique et figurée, telle que l'a pratiquée Marot et telle aussi que devait la pratiquer la Pléiade, — celle qui parle, sous une forme artificiellement champêtre, d'histoire contemporaine et de faits personnels. Sur ce point, V. Eggcr, V Hellénisme en France, 46* leç., 1. 1, p. 374 sqq.

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gnars hendecasyllabes*, à Texemple d'un Catulle, d'un Pontan ' et d'un Second ^ : ce que tu pouras faire,

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