V. plus haut, p. 50, n
3. Encore une phrase traduite de Gicéron, Tasc. I, ii, 4 : « Honos ^it artes, omnesque incenduntur ad studia gloria, jacentque ea semper, quae apud quosque improbantur. » — Le premier membre de phrase, honos alit artes, était passé en proverbe (v. les Adafifes d'Érasme. I, viii, 92, édit. de Leyde, 1703, II, col. 330 ; — •cf. les Adages françoys de Jean Le Bon). Ce proverbe, du Bellay le •citera de nouveau dans le ?• sonnet de ses Regrets :
L'honneur nourrit les arts, et la Mase demande Le théâtre du peaplo et la faveur des roys .
4. Sous sa forme discrète de pensée générale, il semble assez que luette phrase cache une adroite invitation au roi de France et aux princes de la cour à combler de leurs faveurs et de leurs dons le poète héroïque qui voudra bien, pour la gloire de sa patrie, entreprendre le long et presque surhumain labeur d'une épopée. Celte invitation, Ronsard, à partir de 1550, l'a renouvelée bien des fois à l'adresse de Henri II en s'eflforçant de l'intéresser à la Franciade ( V. ses Odes, édit. Blanchemain, II, 21-22, 26-33, 38, 40, 172-177. i73 : cf. son Hymne de 1556 au cardinal de Lorraine, VI, 287-288). Mais on sait que Henri II n'était pas un Auguste.
5. Ce « grand empereur » est Auguste, qui commanda de con- .server, même au mépris des lois romaines, le manuscrit de V Enéide, que l'auteur, à son lit de mort, avait ordonné de brûler. Donat, dans saiViede Virgile, xv, 58, cite quelques vers — apocryphes d'ailleurs — d'une pièce composée par Auguste à ce sujet. -C'est à ces vers que du Bellay fait allusion :
Ërgone supremis potuit vox improba verbis Tarn dirum mandare nefas ? ergo ibit in ignés, Magnaquo doctiloqui morietur Musa Maronis ?
— iSed legum serranda fldes ; suprema voluntas
rable puissance des loîx eslre rompue, que les œuvres de Virgile, condamnées au feu par le testament de Faucteur, feussent brûlées. Que diray-je de cet autre grand monarque *, qui desiroit plus le renaitre ' d Homère que le gaing d'une grosse battaille? et quelquefoys' étant, près du tumbeau d'Âchile, s*ecria haultement : bienheureux adolescent, qui as trouvé un tel buccinateur* de tes louanges* ! Et à la vérité, sans la divine