aux yers
précédente du Bellay s'en servir en Fopposant à ajourner. 11 s*en est encore servi dans sa traduction du /P livre de V Enéide ( 1552) :
Et quand il anuytoit^ Le fier Enée en songe l'agi toit.
R. Estienne, dans son Dict JrAaL (2* édît., 1549), donne anaiier comme transitif: « Anuicier, mettre à la nuict, atarder aucun jusques à ce qu'il soit nuict, ad noctem usque remorari aitquem. » Nicot copie R. Estienne.
1. Du latin o^si^/iare, distribuer, donner (cf. le doublet savant assigner). Cette forme, très ancienne dans la langue, n'a pas cessé d'être française. Pour le xvi' siècle, Littré en cite un exemple d'Amyot et sept de Montaigne. En voici un pris de Ronsard, Franc. Il :
Pource il se tourne et prompteraent assène Uondroit certain où tressailloit la veine.
(Ëdit. Blanchemain, III, 136.)
2. Vieux mot, courant au Moyen Age, et dont Baïf et du BeUay font un usage assez fréquent (v. Marty-Laveaux, Langue de la PUiade. I, 298).
Exemple :
Il est bien vray que l'âge et les ennuys Et les travaux, dont chargé je rae suis.
Ne tardoient lors mes deux plantes isnellna.
Amourt de J. du BeUay, s. ix.
(Édit. Marty-Laveaux, II, 134.)
« Le mot n'est tant usité à présent, dit Nicot, qu'il estoit par les anciens François, comme il se voit es anciens romans. Nos poètes françois en usent encores communéement. »
3. Dans Tépitre-préface à Jean de Morel qui ouvre son recueil de 1552, du Bellay, revenant sur cette question des archaïsmes, s'applaudit d'avoir usé de cerve pour 6ic/ie, «combien que cerve ne soit usité en termes de vennerie, mais assez congnu de noz vieux romans », et d'avoir employé de même « gallées pour galleres.
prose : ainsi que font les reliques des sainctz aux croix ^ et autres sacrez joyaux dédiez aux temples ^.