On appelle rime équivoque ou équivoquée toute rime formée
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rymez avecques leurs composez S comme un baisser
i. rythmez (92), rimez (97).
par des mots consonants qui diffèrent de sens, comme dans ces vers de Guillaume Crétin : •
Pour bien savoir comment cela te meine.
Fille, lundi commence la semaine.
OU ceux-ci de Clément Marot :
En m'etbatant je fais rondeanlx en rithme, Et en rithmant bien soayent je m'enrime.
Brief, c*est pitié d'entre noas ritfunaittevrê : Car TOUS trouvez asses de rithme aUleun, Bt qoand vous plaist mieulx que moy rithmaseetf Des biens avez et de la rithme astes.
On sait que la rime équivoque fut l'objet d*un culte fervent de ÏA Tpaxi des rhétoriqueurs (cf. la thèse latine de Langlois sur les arts de rhétorique, 1890). et que Marot lui-même s'y laissa plusieurs fois séduire (édit. P. Jannet. 1, 149-150 et 189-190 ; II, 212 ; III, 5). — Sibilet, dans son Art Poétique (I, vu, f» 22 r<>) la tient encore en grand honneur. Après avoir cité Tépitre de Marot dont on vient de lire le début, il ajoute : « Ceste espèce de ryme en équivoque (laquéle tu trouveras souvent ailleurs en Marot et télz faméz poètes), comme elle est la plus difficile, aussy est elle moins usitée : et ne laisse pourtant a estre la plus élégante, comme celle qui fait cest unison et resemblance plus égale, et de ce plus poignante Fouye. » C'est à Sibilet vraisemblablement que pensait du Bellay, en proscrivant « ces équivoques » si prisées de son devancier. — Le Quintilt comme de juste, a cru devoir prendre contre l'adversaire de Sibilet la défense des équivoques : « Comme tu as jeté ■ les plus belles formes de la poésie françoise, ainsi maintenant rejectes tu la plus exquise sorte de ryme que nous ayons, moyennant qu'elle ne soit affectée et cerchée trop curieusement. Et en cecy tu blasmes taisiblement Meschinot, Molinet, Crétin et Marot, tels personnages que chacun les cognoît. Mais comme j'ay dit des chants royaux, balades, rondeaux et virlais, la difficulté des équivoques, qui ne te viennent pas tousjours à propos, les te £ait rcjecter. »
1. Autre trait lancé contre Sibilet qui dit textuellement (I, vu, f 25 r®-v') : « Avise toy cependant que tu peus rymer bien et deuement le simple contre le composé, combien que aucuns vœillent soutenir le contraire, mais sans apparence de raison. » Cette rime, ajoute-t-il, est légitime, « attendu nomméement que Marot, Saingelais, Salel, Héroet, Scéve, et tous lés sa vans et famés poètes de ce temps en usent ordinairement et sans scrupule ».
a. 1555 : oaté.
et abaisser, 8*ilz ne changent ou augmentent grandement la signification de leurs simples, me soint chassez bien loing : autrement, qui ne voudroit reigler s», rythme comme j'ay dit, il vaudroit beaucoup mieux nerymer point', mais faire des vers libres', comme a fait Pétrarque en quelque endroit ^, et de notre tens le seigneur Loys Aleman^, en sa non moins docte que