‹ La deffence et illustration de la langue francoyseChapitre 318 sur 449 · ceste (61-97 sauf · texte numérisé non relu

ceste (61-97 sauf

1. C'est-à-dire : ce qui arriverait en la plupart des mots, ou le son vocal se confondrait avec le son graphique, où l'écriture, en d'autres termes, retracerait exactement la manière de prononcer.

2. Altérée, pervertie, défîgurée (sens du latin depravare). Cf. cette phrase de l'épitre à Morel, en tète du recueil de 1552 : « Voyant quelques miens escriz par une infinité de copies tellement dépravez.., » (Édit. Marty-Laveaux, 1, 338.)

3. « Ains au contraire : par les praticiens a esté, et est, et sera efTorcéement retenue en son entier contre la nouvelle paradoxologie. » (Q. H.) — Sibilet laisse entendre que les praticiens ont leurs raisons pour compliquer l'orthographe : « Je ne m'arretteray au plaisir d'un pratticien, qui écrivant prend plus prés garde a emplir son bout de papier, qu'a raison qu'il seût rendre, ny autre pour luy, pourquoy il écrit ainsi. » (Ëpitre « aus Lecteurs », en tète de VIphigene d Euripide, 1549. )

4. Louis Meigret, natif de Lyon (on ignore les dates exactes de sa naissance et de sa mort), est le grammairien le plus remarquable du XVI* siècle. En 1542, il avait publié à Paris son TraiU touchant le commun usage de Uescriture française... au quel est débattu des faultes et abus en la vraye et ancienne puissance des letres (privil. du H oct. 1542 ; réimpr. Paris, 1545) : c'est le livre auquel « renvoie » du Bellay. En 1548, il avait exposé son nouveau système de graphie dans l'épitre « aos Lecteurs » qui précède sa traduction du Menteur de Lucien : Le Menteur ou VIncredule de Lucian, traduit de grec enfrançœs,... aveq une ecritture q* aérant à la prolaçion françoeze, e les rézons. Ce système, nettement phonétique, lui valut toute une querelle avec Guillaume des Autelz et Jacques Peletier du Mans. L'année qui suivit la Deffence (1550), il devait publier son Tretté de la grammere françoeze (réimpr. moderne : Wendelin Foerster, Heilbronn, 1888). — Sur Louis Meigret etses théories orthographiques et grammaticales, cf. Livet, la Gramm. franc, et les gramm. au xvr siècle (1859), p. 49-142 ; et Brunot, Langue au xvi- siècle, p. 731-737 et 752-771.

5. Meigret, dans son TraiU, n'a parlé nulle part spécialement

feray fin à ce propos, l'ayant sans plus averti de ce mot en passant, c'est que tu gardes ^ de rythmer les motz manifestement longs avecques les brefz aussi manifestement brefz * , comme un passe ' et trace, un maître^ et mettre, un chevelure^ et hure, un bast et bat^ et ainsi des autres.

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