telz (57, 61. 80), tels (62, etc
semblable ( grand vice de translation ) à la chose souz icellc entendue, et aulrepart si inconséquente et mal poursuyvie, que . rien plus. Car quelle semblance est d'un cardinal à un rost ■ jongleur, d'une ambassade ou légation royale à une comédie, d'un affaire sérieux à un jeu ? Et quelle conséquence ou poursuyle, de commencer translation par un théâtre» moyenner par un soustien, ot finir par un sainctuaire ou reliquaire ? Mettre en avant un jongleur, puis en faire un portefaix, et finalement un sacriste ou corps sainct? C'est mal continué et conduit ta métaphore et allégorie : csquelles figures (comme les plus belles) tu te plais par tout, et par trop, mesmement en prose. Car des choses belles l'usage doit estre autant rare que propre. Et l'oraison solue ne reçoit affectation " de tant de figures, principalement en genre doctrinal, jouxte ce vers :
La chose ne veult estre ornée, Mais qu'à entendre soit donnée.
Je ne veux reprendre en cest endroit ( ce que neantmoins tu dcfens aux autres de faire ) tout le commencement de cesle epistre estre emprunté et translaté de Horace, ne ton œuvre quasi total estre rapiécé et rapetacé d'iccluy décousu de son ordre". Car telles usurpations bien appropriées en leur lieu sont tresbonnes et louables. Mais il me dcsplait que au siziemc chapitre du premier tu defens aux autres, par aventure non moins entendans les langues que toy, la translation des poètes : laquelle te permettant, ou tu attribues à toy plus que aux autres, ou tu es juge inique. »
1 . Masculin dans la vieille langue, le mot affaire est indécis au XVI* siècle. C'est un des six ( avec évangile, mœurs, navire, val et gent)que Palsgrave, en 1530, note comme étant de genre douteux {Esclarc., édit. Génin, p. 160). Palsgrave ajoute qu'au pluriel tous les auteurs n'usent d'o/T'aire qu'au masculin. C'est une erreur. Du Bellay, qui le fait ici masculin, l'emploie au féminin quelques lignes plus bas : « le pesant faiz des affaires franeoyses ». Et avant lui, Bonav. des Périers avait écrit dans son Lysis : « Se fîeroit-il pas mieulx en nous de toutes ses autres affaires ? » ( Édit. L. Lacour, I, 19. ) Cf. aussi la phrase de Budé citée plus loin (p. 32, n.).
a. Sic (1&55 et 1556). Texte altéré : ce rost n*a pas de sens. Mais comment le corriger ?
b. 1555 : affection.
c. Horace, Sat. I, iv, 61 : » disjecti membra poetae *.
soutiens * : ô C honneur du sacré Collège ! pecheroy-je' pas (comme dil le Pindare latin ^) contre le bien publicq' *, si par longues jmroles f empeschoy' le iens que tu donnes au service de ton prince, au profit de la patrie \ et à taccrois-
1. soutiens (57, d2, 80), soustiens (61, etc.) — pecchcroy-je (69).
2. dict (61, 69-75, 84) — pablicq' (57, 62, 80), public (61, etc.).