Cf. plus haut, p. 68, n
2. Du Bellay revient sur la même idée, et presque dans les mêmes termes, dans Favis au Lecteur qui précède le recueil des Vers Lyriques publiés avec la Deffence (avril 1549) : «Je n*ay (Lecteur) entremellé fort supersticieusement les vers masculins avecqucs les féminins, comme on use en ces vaude viles et chansons qui se chantent d'un mesme chant, par tous les couple tz, craignant de contreindre et gehinner ma diction pour l'observation de telles choses. Toutesfois, alHn que tu ne penses que j'ayo dédaigné cesle diligence, tu trouveras quelques odes, dont les vers sont disposez avecques telle religion. » (Édit. Marty-Laveaux, I, 175.) C'est le cas, en eflet, iK>ur quatre odes sur treize. Mais dès le Recueil de Poésie (nov. 1549) qui contient seize odes nouvelles, du Bellay se plie à la règle sans infraction aucune. — La déclaration d'indépendance, que notre auteur s'était d'abord permise, ne voulant pas « contreindre et gehinner sa diction », fait dire à Pasquier assez vertement {loco ciL) : « Je ne puis recevoir cette excuse en payement de la part de celuy que l'on disoit estre venu pour apporter nouvelle reformation à la poésie ancienne. » (Édit. de 1723, I, col. 713.)
3. Ce principalement a son importance. Pour du Bellay, comme pour toute la Pléiade, la poésie est sœur de la musique ( sur ce point, V. mon Joachim du Bellay, p. 87-89), et V harmonie en conséquence est la loi souveraine des vers. On sait que, dans ses théories, Ronsard est aussi très soucieux des questions d'harmonie et de nombre (cf. édit. Blanchemain, II, 10, 13, 17 ; III, 26, 31, 33 ; VII, 320, 326. 327, 328, 329, 330, 332).
4. C'est-à-dire : rien de heurté, rien qui fasse hiatus. Le mot hiulque est la pure transcription du latin hiulcus (Gicéron, De Oral. III, xuii, 171 : « Collocationis est componere et struere verba sic ut neve asper eorum concursus neve hiulcus sit. »). L'emploi d' « hiulque pour mal joinct » est condamné par le Quintil comme un néologisme (v. plus haut, p. 256, n. 7). Je ne sache pas que personne autre que du Bellay ait usé de ce mot.
périodes * soint bien joinctz, numereux ^, bien remplissans Toreille, et telz qu'ilz n'excèdent point ce terme et but, que naturellement nous sentons, soit en lisant ou écoutant.
1. soint (80), soient (57-73, 84), soyent (75, 92, 97) — joinctz (57, 80), joincts (62), jointz (61), joints (69, etc.).