à donné
nature honore les hommes. » Et plus loin ( III, 3! ) : « Tu n'oubliras les noms propres des outils de tous mestiers» et prendras plaisir à t'en enquerre le plus que tu pourras, et principalement de la chasse. Homère a tiré toutes ses plus belles comparaisons de là. » — Sur Tapplication de la théorie et la fréquence des mots techniques dans les écrits de la Pléiade, v. Marty-Laveaux, Langue de la Pléiade, I, 360-420.
\ . Nous dirions : se mettre en campagne. — Ronsard écrit semblablement : &e jeter à la campagne ( Marty-Laveaux, Langue de la Pléiade, I. 412).
2. Escadrons (de Tital. squadrone, bataillon). Cf. plus bas, Conclusion (p. 337-338) : « Nous avons échappé du millieu des Grecz, et par les scadrons romains pénétré jusques au seing de la tant désirée France. » Henri EsUenne écrit des italianiseurs {DiaL du nouv, Umg. franc, iiaL, 1578, édit. Liseux, I, 292) : « Ils disent aussi un squadron ou escadron (car on le prononce diversement). » On pourra voir, par les nombreux exemples qu'a réunis Marty-Laveaux, Langue de la Pléiade, I, 192-193. que du Bellay et ses amis emploient indi£féremmcnt les deux formes.
3. Cf. Sibilet, Art Poétique, I, ii, P 5 r^'-v" : « Le rude et ignare populaire, ne retenant des choses offertes que les plus rudes et apparentes, oiant et lisant les carmes françois, en a premièrement et plus promptement retenu et pris la ryme : du nom de laquéle partie a aussy premièrement failly en nommant tout le vers et Tœuvre : puys renforçant ceste faute d'une autre engendrée par la première, a appelle les poètes françoys rymeurs, s'arrestant a la nue escorce, et laissant la sève et le boys, qui sont l'invention et l'éloquence des poètes : qui sont mieuz appeliez ainsi que rymeurs. Et ne devons avoir honte de devoir ce mot au grec et latin, esquelz en devons tant d'autres, pour deluy honorer ceuz Maroz et Saingelais qui en mentent le nom : appellans consequemment les œuvres de telz divins poètes poèmes, carmes et vers, et laissans la tourbe ignare appeller les ignaves et leurs œuvres rymeurs et rymes. »
(comme les Latins appellent leurs mauvais poètes versificateurs^ ), oserez vous bien endurer le soleil, la poudre* et le dangereux labeur de ce combat? Je suis d'opinion que vous retiriés ^ au bagaige^ avecques 5 les paiges et laquais, ou bien ( car j'ay pitié de vous ) soubz les fraiz umbraiges, aux sumptueux palaiz des grands seigneurs et cours magnifiques des princes, entre les dames et damoizelles ^, ou voiz beaux et mignons ecriz, non de plus longue dur^ que vostre 10 vie, seront receuz, admirés et adorés ® : non point aux