‹ La deffence et illustration de la langue francoyseChapitre 418 sur 449 · a donne · texte numérisé non relu

a donne

cit., p. 161), parait certaine à M. Delaruelle, à condition qu*on veuille bien y reconnaître une œuvre remaniée, d'ailleurs assez maladroitement, par l'éditeur posthume. C'est le seul ouvrage français de Budé. Le style en est lourd et pénible. L'auteur, à la fin de son livre (p. 204), s'excuse humblement d'écrire si mal la langue française : « £n laquelle je suis bien peu exercité, pour avoir plus donné de dUigence a apprendre les bonnes lettres, que a sçavoir curieusement parler celle qui m'est naturelle et maternelle. » Cet exemple d'un humaniste qui, n'ayant jamais manié que le latin et le grec, s'était ainsi rangé, par delà la mort même, au parti de la langue nationale, devait paraître à du Bellay, pour la thèse qu'il défendait, un argument sans réplique.

1. Lazare de Baïl fit paraître à Paris, en 1537, chez Etienne Roffet, la Tragédie de Sophocles intitulée Electra... Ladicte tragédie traduicte du grec dudit Sophocles en rythme françoy se, ligne pour ligne et vers pour vers, en faveur et commodité des amateurs de lune et lautre langue, U la fit suivre un peu plus tard de la Tragédie d'Euripide nommée Hecuba, traduicte de grec en rhythme françoise ( Paris, R. Estienne, 1544 et 1550 ).

2. « Tu loues maintenant ce que tu as reprins paravant. Oblieuse inconstance. » (Q. H.) — Voyez en eflfet, liv. 1, chap. v et VI, ce que l'auteur a dit des traductions, surtout des traductions en vers.

3. CoUetet dit à ce propos, dans son Traité de VÉpigramme (Paris, 1658, p. 30) : « J'apprens de Joachim du Bellay, l'un des plus judicieux poètes du dernier siècle, que Lazare de Baïf, qui vivoit sous le règne du roy François premier, fut le premier aussi qui donna à nostre langue le nom à'epigramme, aussi-bien quelj nom (ïelegie. Et en effet, je ne trouve point que nos anciens poëtes françois l'ayent jamais employé auparavant ; et c'est de luy sans doute que Mellin de Saingelais, Clément Marot, François Habert d'issoudun, Beranger de la Tour, Charles Fontaine, François Sapon, Estienne Forcadel, et tous les autres beaux esprits qui florissoient en ce temps là, et dont j'ay fait en celuy-cy les Mes dans mon Histoire des Poëtes, ont emprunté le beau nom d'epi-

avecques ce beau mot composé, aigredoulx * : afin -qu'on n'attribue l'honneur de ces choses à quelque autre. Et de ce que je dy, m'a asseuré un gentilhomme^ mien amy, homme certes non moins digne de foy, que de singulière érudition et jugement non vulgaire*. II me 5 semble ( Lecteur amy des Muses francoyses ) qu'après ceux que j'ay nommez, tu ne doys avoir honte d'écrire en ta langue : mais encores doibs-tu, si tu es amy de la France, voyre de toymesmes, t'y donner du tout ^, avecques ceste généreuse opinion, qu'il vault mieux 10

1. aveq* (61, 69-75), a vecq* (84-97)— aigredoulx (57,62,80), aigredoux (61, etc.) — afin (57, 62, 80), à fin (61, etc.).

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