‹ La deffence et illustration de la langue francoyseChapitre 434 sur 449 · V. ci-dessus, p. 62, n · texte numérisé non relu

V. ci-dessus, p. 62, n

2. C'est-à-dire : la nouveauté de Torthographe eût pu rendre déplaisante aux lecteurs et leur faire dédaigner une œuvre qui ne se recommande déjà pas trop par elle-même. C'est donc un motif d'opportunité, le désir de ne pas dérouter le public, qu'il voulait conquérir à tout prix aux idées de son manifeste, qui a décidé notre auteur à rejeter une orthographe qu'il jugeait pourtant légitime, parce qu'elle était rationnelle. Il est certain pour moi que c'est encore lui qui dissuada Ronsard d'adopter la réforme dans la publication de son volume d'Odes, toujours pour le même motif. Ronsard dit en effet dans son Advertissement au Lecteur (1550): « J'avois délibéré. Lecteur, suivre en l'orthographe de mon livre la plus grand'part des raisons de Louys Maigret, homme de sain et parfait jugement (qui a le premier osé desiller les yeux pour voir l'abus de nostre escriture), sans l'advertissement de mes amis, plus studieux de mon renom que de la vérité, me peignant au devant des yeux le vulgaire, l'antiquité et Topiniastre advis des plus célèbres ignorans de nostre temps. » ( Édit. Blanchemain, II, 14. ) Cf. ce que dira de nouveau du Bellay dans la 2e préface de V Olive (1550) : « C'est encor' la raison pourquoy j'ay si peu curieusement regarde à l'orthographie, la voyant aujovudhuy aussi diverse qu'il y a de sortes d'écrivains. J*appreuve et loue grandement les raisons de ceux qui l'ont voulu reformer : mais voyant que telle nouveaulté desplaist autant aux doctes comme aux indoctes, j'ayme beaucoup mieulx louer leur invention que delà suyvre : pour ce que je ne fay pas imprimer mes œuvres en intention qu'ilz servent de cornetz aux apothecaires, ou qu'on les employé à quelque autre plus vil mestier. n (Édit. Marty- Laveaux, I, 79. )

3. Entendez : ce qui me servira d'excuse, c'est qu'il s'agit ici d'une première édition.

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